La polyarthrite rhumatoïde : une pathologie auto-immune qui pèse sur la vie au quotidien

La polyarthrite rhumatoïde, appelée autrefois polyarthrite chronique évolutive, est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques. Elle atteint les articulations et provoque la destruction progressive du cartilage et des os et entraine des répercussions fonctionnelles, psychologiques, sociales et professionnelles parfois graves.

Cette pathologie peut survenir à tout âge, mais elle apparait surtout chez les personnes âgées de 40 à 60 ans. A cet âge, elle est 4 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Cette différence entre les sexes s’atténue progressivement pour disparaitre au-delà de 70 ans.

Les symptômes de la maladie

L’arthrite est l’inflammation d’une articulation. Elle peut avoir de très nombreuses causes. Le terme « polyarthrite » signifie que plusieurs articulations sont touchées. Le terme « rhumatoïde » quant à lui fait référence au fait que dans le sang des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, il est possible d’isoler des substances dites « facteurs rhumatoïdes » (des anticorps dirigés contre d’autres anticorps de la même personne). Ces facteurs rhumatoïdes sont les caractéristiques des maladies dites « auto-immunes ». La polyarthrite rhumatoïde affecte tous les éléments d’une articulation (à la différence de l’arthrose où seul le cartilage est touché). L’inflammation provoquée par la réaction auto-immune entraine une surproduction de liquide synovial. Ce liquide s’accumule, la membrane synoviale s’épaissit et l’articulation enfle. Les éléments voisins (capsule, tendons, etc.) durcissent et deviennent douloureux. Des érosions du cartilage se développent au niveau des os et l’articulation devient de plus en plus raide. Dans la majorité des cas, cette pathologie apparait progressivement au niveau des poignets et des articulations des mains et des pieds, parfois au niveau des genoux ou des coudes. Les articulations concernées sont douloureuses, rouges avec une sensation de chaleur et raides.

Les complications et causes de la maladie        

Après plusieurs mois, la polyarthrite rhumatoïde peut provoquer des complications qui touchent de nombreux organes. Ces manifestations s’observent surtout dans les polyarthrites anciennes où les lésions osseuses sont visibles à la radiographie et desquelles des taux élevés d’anticorps dits « anti-nucléaires » (témoins de la maladie auto-immune) sont mesurés dans le sang. Ces complications sont diverses. On a l’anémie qui est une complication fréquente de cette maladie. Sa sévérité est liée à l’activité de la maladie. La sclérite qui est une inflammation de l’enveloppe blanche de l’œil qui guérit lentement. Il y’a aussi des complications au niveau de la peau qui se traduisent par une coloration rouge vif de la pomme des mains (érythème vermillon), coloration jaune des ongles ou phénomène de Raynaud (trouble circulatoire des doigts ou des orteils).

Bien que l’origine de la maladie reste inconnue, les connaissances à ce sujet ont progressé au cours des dernières années. La polyarthrite rhumatoïde est considérée comme une maladie auto-immune (comme le lupus érythémateux ou la sclérose en plaque) en raison de la présence d’anticorps produit par des cellules du système immunitaire et dirigé contre l’organisme lui-même. Plusieurs facteurs semblent impliqués dans le déclenchement de cette pathologie, notamment des facteurs dits environnementaux (en particulier le tabagisme ainsi que des traumatismes ou des chocs émotionnels) ; l’activation des défenses immunitaires suite à une infection (angine ou grippe ) ou rarement suite à une vaccination ; un terrain génétique favorable (des gènes pouvant expliquer certaines prédispositions familiales ont été identifiés) ainsi que des facteurs hormonaux (les modifications hormonales due à la grossesse ou à la ménopause).

Le traitement de la maladie        

Le traitement de cette maladie repose sur la prescription de médicaments (par voie orale ou en injection), la réadaptation fonctionnelle et les appareillages ainsi que parfois la chirurgie. La prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde doit être multidisciplinaire. En fonction de chaque patient, de son évolution et de la sévérité de sa maladie, elle fait appel au rhumatologue, a différents acteurs médicaux et paramédicaux. Les objectifs du traitement contre la polyarthrite rhumatoïde sont de soulager la douleur, de réduire l’intensité des symptômes, de stabiliser les lésions existantes et de prévenir l’apparition de nouvelles lésions, d’améliorer la qualité de vie et si possible d’induire une rémission (c’est-à-dire l’absence de symptômes, l’absence de signes d’inflammation et l’arrêt de la progression des dommages au niveau des articulations). On distingue deux types de traitements médicamenteux contre la polyarthrite rhumatoïde : les traitements d’action immédiate visant à réduire rapidement les symptômes (traitement de crise) et les traitements destinés à prévenir la progression de la maladie sur le long terme (traitement de fond). Le traitement est adapté à chaque personne et associe à différents moyens thérapeutiques.

Ibrahima Oumarou Galadima