Alliance des États du Sahel (AES) : l’UPPS pour la renaissance panafricaine et l’émergence d’une Organisation souveraine et pérenne

 L’Université Populaire Panafricaine du Sahel (UPPS) a organisé, le samedi 19 septembre 2026, une conférence internationale consacrée à l’avenir de la Confédération des États du Sahel (AES). Tenue en ligne sur la plateforme Zoom, la rencontre avait pour thème : « AES, l’espoir de la renaissance panafricaine : quelle architecture de défense pour sa pérennisation ? ». A travers cette initiative, l’objectif de l’UPPS (un Centre d’étude stratégique au service du Sahel) est de stimuler une réflexion stratégique sur les enjeux autour de la consolidation de l’AES.

La modération de cette Conférence a été assurée par Dr Yacouba Dabo, Président de l’UPPS avec comme panélistes : Dr Ntimba Yamb, économiste-essayiste; Moukaila Salembere et Kader Coulibaly de la coordination de l’UPPS; DA Sié Bindouté, analyste politique, sociologue et anthropologue; le journaliste Wagnin Zerbo et le chercheur malien Dr Paul Oula.

A cette occasion, chercheurs, journalistes, analystes et membres de la coordination de l’UPPS, ont cogité autour des enjeux de défense collective, de souveraineté, d’industrialisation et de développement dans l’espace regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Vers un Etat fédéral souverain ?

Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes susceptibles de renforcer la coopération sécuritaire entre les trois États. Cette réflexion intervient alors que les pays membres de l’AES travaillent à la consolidation des capacités opérationnelles de leur Force unifiée et à la définition de son cadre juridique. En juillet 2026, la Présidence du Faso indiquait que les ministres chargés de la Défense des trois pays s’étaient réunis à Ouagadougou dans cette perspective.

Au terme des discussions, les participants ont formulé plusieurs orientations. Ils ont notamment proposé de faire évoluer l’AES vers un État fédéral souverain et solidaire, fondé sur une gestion endogène du développement et une mutualisation accrue des moyens de défense.

L’une des propositions majeures concerne ainsi la mise en place d’une défense commune, autour du principe d’une seule armée pour un éventuel État fédéral du Sahel. Les conclusions évoquent également la création d’une monnaie nationale comme instrument d’indépendance économique.

Le développement en question…

Les recommandations issues de la conférence dépassent toutefois le seul domaine militaire. L’UPPS appelle à accélérer l’industrialisation de l’espace AES, à renforcer les initiatives déjà engagées et à mobiliser davantage les compétences des intellectuels, chercheurs et ingénieurs au service du développement.

Les participants préconisent également une refonte des cursus d’enseignement afin d’accorder une place accrue à l’histoire africaine, aux grands empires, aux résistances à la domination étrangère ainsi qu’aux figures panafricaines.

La mobilisation populaire autour du projet confédéral, la préservation de la souveraineté et la vigilance face aux formes contemporaines de dépendance extérieure figurent également parmi les axes retenus.

Une réflexion stratégique pour la consolidation de l’AES

Pour l’UPPS, ces propositions participent d’une réflexion plus large sur l’avenir de l’espace sahélien. Elles interviennent dans une dynamique institutionnelle déjà engagée au sein de la Confédération, structurée autour des piliers de la défense et de la sécurité, de la diplomatie et du développement.

À travers cette conférence, l’Université Populaire Panafricaine du Sahel entend ainsi contribuer au débat sur les mécanismes institutionnels, sécuritaires, économiques et éducatifs susceptibles d’accompagner l’évolution de l’AES.

Les différentes propositions formulées restent, à ce stade, des orientations issues des travaux de cette rencontre. Elles alimentent le débat sur la trajectoire que pourrait prendre la Confédération et sur les conditions nécessaires à sa consolidation dans le temps.

Rappelons que l’Université Populaire Panafricaine du Sahel est un Centre d’Étude Stratégique qui vise à former, transmettre et penser l’avenir du Sahel à travers l’histoire, la géopolitique, la science, la culture et les savoirs utiles au développement.

Tiemago Bizo

Source : eduzandoma.net