Forum sur la cohésion sociale à Diffa: Renforcer la paix entre acteurs du monde rural

 

Sous le haut patronage du Président de la République, Mohamed Bazoum, un forum sur le renforcement de la cohésion sociale à Diffa a été organisé du 19 au 20 décembre 2021. Véritable vecteur de paix et de développement, cette assise entend contribuer à l’apaisement des tensions entre agriculteurs et éleveurs dans la région de Diffa.

La cérémonie d’ouverture officielle du forum s’est déroulée en présence des présidents des institutions de la République, les membres du gouvernement, le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), les responsables des Forces de Défense et de Sécurité, la chefferie traditionnelle, les leaders d’opinion et plusieurs invités.

À l’entame du symposium, le Gouverneur de la région de Diffa, M. Issa Lemine, a d’abord brossé l’état des lieux des préoccupations majeures au sein du monde rural, notamment entre agriculteurs et éleveurs. Ce forum, a-t-il dit, « nous l’organisons parce qu’il y a des problèmes au sein du monde rural qu’il faudrait régler, pour qu’il y ait la quiétude au sein de nos populations ››.

Par la même occasion, il a formulé son souhait de voir, à l’issue des deux jours de débats, « le renforcement de la cohésion sociale, gage du développement dans la région ».

La région de Diffa a subi de par le passé, des divers conflits, particulièrement entre agriculteurs et éleveurs, dont celui de Chétimari qui avait fait plusieurs morts en 2018.

Depuis lors, un mécanisme de veille et de sensibilisation, impliquant les chefs traditionnels est mis en branle afin d’agir en amont pour éviter toute tension entre ces deux couches sociales, condamnées à vivre ensemble de par leurs activités qui sont complémentaires à tout point de vue.

Intervenant à son tour, le président de la HACP, le général Mahamadou Abou Tarka a indiqué que ‹‹la combinaison des risques et vulnérabilités sécuritaires naturels, aggravés par la dimension démographique, a entraîné la résurgence sporadique de conflits intra et inter communautaires et entre pasteurs et pasteurs, pasteurs contre agriculteurs, pasteurs contre pêcheurs et agriculteurs contre pêcheurs››.

Il a en outre rappelé que depuis 1960, le Gouvernement du Niger s’est doté de plus de 50 textes législatifs et réglementaires afin de réguler ‹‹ l’accès et l’utilisation des ressources naturelles communes, de manière à assurer la quiétude sociale, à organiser la gestion commune des ressources partagées, en mettant en avant les complémentarités bénéfiques de différents modes de vie en milieu rural ››.

Le président de la HACP a par ailleurs Par ailleurs mis en exergue quatre textes fondamentaux majeurs, en particulier deux textes de loi et deux ordonnances qui constituent un instrument essentiel pour palier toutes velléités de conflits entre agriculteurs et éleveurs.

Aussi, est-il important, comme l’a souligné le président de l’HACP, de mobiliser tous les acteurs concernés, pour faire connaître,  comprendre et appliquer ces textes sur l’ensemble du territoire national.

Du reste, il est surtout question pour les participants, d’évaluer le niveau de la mise en œuvre de tous les engagements précédents pris par les chefs traditionnels, d’identifier les obstacles à la réalisation de ces engagements, de rappeler les causes connues des conflits, d’identifier et d’analyser les meilleures manières pour y faire face. Il convient en plus de leur rappeler une fois encore, l’importance des textes législatifs et réglementaires et de formuler des recommandations, des motions et des résolutions devant conduire à la mise en place d’un comité de suivi des recommandations et résolutions assorties de ce forum.

Koami Agbetiafa