Issoufou Mahamadou/Mohamed Bazoum : Les bons offices d’Ali Ben Mabrouk

La famille reprend le dessus ou disons plus précisément la famille prend le dessus. Jusque-là animé par des activistes militants, le dossier entre les deux anciens Présidents de la République, Issoufou Mahamadou et son successeur Mohamed Bazoum, pourrait probablement connaître un nouveau tournant avec cette démarche de l’honorable Ali Ben Mabrouk, frère de l’épouse Bazoum et chef de la Tribu Arabe des Oulad Souleymani du Niger.

Ce dernier a rendu une visite de courtoisie à l’ancien Président de la République Issoufou Mahamadou à son domicile, le jeudi 14 mai 2026.

Des heures durant, selon des sources proches du dossier, « l’honorable chef de la Tribu des Oulad Souleymani a eu un entretien cordial avec l’ancien Chef de l’État du Niger ». L’honorable Ali Ben Mabrouk rencontre ainsi Issoufou Mahamadou au nom des deux familles, la famille de l’ex-Première Dame Khadija Bazoum et celle de son époux, Mohamed Bazoum.

Selon les mêmes sources, l’émissaire des familles Mabrouk et de Mohamed Bazoum est venu « présenter les excuses des deux familles à Issoufou Mahamadou, tout en sollicitant sa contribution aux démarches pour la libération de Mohammed Bazoum ainsi que de sa femme Khadija Mohamed Bazoum, gardés en détention par les autorités militaires depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 » qui a mis terme à la présidence de Bazoum à la tête de l’Etat du Niger.

En réponse à ces différentes sollicitations, « Issoufou Mahamadou a tout de suite assuré l’honorable Mabrouk de son pardon total pour tout ce qui a été fait et toutes les accusations qui ont été portées contre lui », rapportent nos sources.

En marquant sa profonde préoccupation pour le sort de Mohamed Bazoum et son épouse, Issoufou Mahamadou a toutefois rappelé qu’il n’a pas le pouvoir de faire libérer Bazoum mais qu’il s’investira du mieux qu’il peut pour le dénouement de cette situation.

Ces bons offices entrepris par l’honorable Ali Ben Mabrouk pourraient très probablement constituer un déclic vers un apaisement dans l’entourage des deux hauts responsables de la famille politique de l’ancien parti PNDS-Tarayya.

Les détracteurs, pyromanes et autres va-t-en-guerre avaient pourtant annoncé « la fin totale » ; « la cassure définitive » et que « tout est terminé entre les deux courants ». Mais lorsqu’une famille regorge en son sein des sages, alors rien n’est définitivement perdu. Et cette sagesse a parlé et elle a repris le dessus sur le débat.

Bazoum sera-t-il libéré ou ne sera-t-il pas libéré ? Il n’y a pour l’instant aucune indication très précise dans un sens ou dans un autre. Ce qui est sûr, c’est qu’Issoufou Mahamadou n’a aucun pouvoir pour le faire relâcher et le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Chargé des Relations avec les Institutions, Mr Alio Daouda, l’a toujours martelé : « Personne, pas même le Chef d’État Abdourahmane Tiani n’a jamais appelé pour interférer sur les décisions de la justice ».

Toutefois, cette démarche de l’honorable chef de la Tribu Arabes des Oulad Souleymani du Niger ne manquera pas de mettre la question de la libération de Bazoum au centre des débats. L’affaire Bazoum pourrait venir en première ligne des sujets d’actualité sur le plan national. Un plaidoyer qui va certainement provoquer un tollé au sein de l’opinion.

Et que ce soit en faveur de la libération ou contre, une effervescence des opinions sur Bazoum profitera à quelque chose : oublier un tant soit peu, les grandes controverses du moment autour du projet de redécoupage administratif.

Ibrahim Elhadji dit Hima