Comme suite logique de la cérémonie de lancement de la Politique Educative qu’il a organisée le 30 avril dernier au Centre International de Conférence Mahatma Gandhi, le Président de la République, Mohamed Bazoum, a rencontré, le lundi 10 mai 2021, au Palais de la Présidence, les responsables syndicaux du secteur de l’éducation.

Il s’agissait pour le Chef de l’Etat d’échanger avec lesdits responsables syndicaux sur la conduite à tenir pour amener les acteurs de l’école nigérienne à prendre conscience des réels défis que présente le système éducatif nigérien et voir en même temps les pistes de solutions à lui apporter afin de le sortir de l’ornière.

Le Président de la République a, au cours de la rencontre, brossé à ses interlocuteurs un tableau fort peu reluisant de l’école nigérienne. « Nous avons un système où nous entretenons pendant longtemps des élèves en les privant de toute chance d’avoir une autre opportunité d’apprentissage et qui sortent, après leur séjour à l’école, sans avoir rien acquis », a souligné Mohamed Bazoum.

D’ailleurs, d’après le Chef de l’Etat, « toutes les évaluations qui ont été faites et qui sont à caractère comparatif des systèmes d’éducation dans des pays qui ont en partage la langue française et qui sont dans un environnement socioculturel comme le nôtre, ont démontré que notre système a le plus de faiblesses ».

Une situation à laquelle il faut vite apporter des solutions puisqu’il est fort regrettable de continuer dans la logique qui consiste à investir « beaucoup de moyens pour un rendement totalement aléatoire, un rendement improbable, tout simplement ».

Pour le Président de la République, « cette situation doit finir, il faut que nous créons les conditions qui nous permettent d’avoir une école qui est en mesure de former les jeunes, de donner les résultats escomptés en fonction du niveau des investissements qui sont réalisés ».

Beaucoup d’investissements ont, en effet, été consentis dans le domaine de l’éducation, investissements qui ont permis à l’Etat d’avoir de nombreuses acquisitions.

D’après le Président Bazoum, il faut faire en sorte « que les enfants restent longtemps à l’école et aptes, à la fin, à apprendre un métier ou à faire des études longues pour servir des cadres pour notre pays ».

Pour mener à bien de vraies réformes dans le secteur éducatif nigérien, il faut un élan patriotique des acteurs. Le Chef de l’Etat a, à ce propos, souligné aux dirigeants syndicaux qu’il est conscient que « le développement du capital humain, ça c’est le cœur des questions que vous, vous avez en vue, vous syndicats, nous allons travailler avec vous, malheureusement nous sommes dans une situation financière qui ne nous permet pas les réformes du niveau de l’ambition qui est la nôtre, mais nous allons commencer à partir d’aujourd’hui ».

Par contre, toute réforme, quel qu’en soit le domaine, ne peut aboutir que lorsque les acteurs sont mis dans de bonnes conditions de vie et de travail. C’est pourquoi, s’agissant des enseignants qui, véritablement, sont le vrai socle de tout système éducatif, il a souligné que ceux-ci doivent être « à la hauteur de leur métier, parce qu’ils ont un statut qui leur permet de l’être. Justement, nous ne pouvons pas entretenir des enseignants dans une situation de misère absolue, dans la précarité totale et prétendre qu’ils seront la cheville ouvrière du programme si ambitieux que nous avons pour notre système éducatif ».

La réforme du secteur de l’éducation est un vaste chantier ouvert par le Président Bazoum. Les responsables syndicaux tiennent fermement à l’accompagner dans ce cadre. Des idées novatrices concernant la carte scolaire, l’accroissement des capacités d’accueil des établissements scolaires et des centres de formation professionnelle, le développement du capital humain, la scolarisation de la jeune fille, etc., ont été passées en revue et discutées pendant la rencontre. L’initiative est vivement saluée par les syndicalistes.

Issoufou Arzika, Secrétaire Général du SNEN (Syndicat National des Enseignants du Niger), a confié à la presse, au sortir des assises, que « l’ensemble des syndicats sont d’accord pour accompagner le Président de la République dans cette initiative ».

Pour sa part, Mounkaila Halidou, Secrétaire Général du SYNACEB, (Syndicat National des Agents Contractuels et Fonctionnaires de l’Education de Base), « le Président de la République a pris beaucoup d’engagements, et a renvoyé les syndicats dans un autre cadre de discussions avec les Ministères en charge de l’éducation pour poursuivre ces débats et trouver des voies et moyens pour que les conditions des enseignants puissent être améliorées à travers beaucoup d’actions qui seront menées ».

Bassirou Baki Edir

Niger Inter

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