Ce vendredi 30 avril 2021, s’est déroulée la présentation de la Politique éducative du Président de la République, SEM Mohamed Bazoum aux partenaires de l’éducation en présence du Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou et les ministres du secteur de l’éducation. Il s’agit de « prendre la mesure des défis pour l’accès à tous à une éducation de qualité », a dit en substance le Chef de l’Etat.

L’éducation constitue la priorité des priorités du Programme de campagne du Président Mohamed Bazoum, c’est pourquoi il a tenu à présenter les grands axes de sa politique éducative aux partenaires sociaux et aux partenaires techniques et financiers (PTF).

Dans son propos liminaire sur sa vision holistique de l’éducation nationale, le Président Bazoum a dit pourquoi ‘’nous n’avons pas le droit à l’échec dans ce secteur’’. Pour relever les défis de l’éducation au Niger, le Chef de l’Etat a bien voulu en temps réel indiquer aux partenaires techniques et financiers les axes prioritaires de sa vision pour l’éducation. « L’éducation ne doit pas être une affaire des enseignants uniquement mais l’affaire de toute la société », a déclaré le Président Bazoum.

Après l’intervention du Président de la République, la parole a été donnée à l’ancien Secrétaire général du ministère des enseignements secondaires pour la présentation des grands axes du Programme de Renaissance acte 3 puis aux partenaires de l’école pour leurs contributions.

Pour sa part, l’ancien SG du ministère des enseignements secondaires. Mohamed Zeidane a commencé sa présentation par l’accès à l’école. Il s’agit à ce niveau des réformes qui vont se traduire par : des infrastructures éducatives innovantes ; la recherche des modèles alternatifs ; objectif à terme sur 5 ans : 0 classe paillote ; la gestion rationnelle des classes ; le respect de la carte scolaire, le respect des normes pédagogiques ; la scolarisation de la jeune fille, son maintien à l’école pour ainsi disposer d’une vie meilleure mais aussi régler le problème de la démographie en régulant sa maternité.

Le second axe présenté par Mohamed Zeidane c’est la qualité de l’éducation à travers la professionnalisation des enseignants pour mettre fin au contrat ; Passer au Bac et non le brevet pour intégrer l’école normale d’instituteurs ; favoriser les perspectives de carrière, accès aux emplois éducatifs ; réforme sur 5000 écoles expérimentales pour l’introduction des langues maternelles ; tenir compte des zones d’insécurité : regroupement d’un peu plus de 300 écoles fermées, en 7 centres de regroupement.

Zeidane a également présenté l’axe sur la gouvernance du secteur de l’éducation. A ce niveau, il a déploré le fait que certains pays de la sous-région dont notre budget alloué à l’éducation est supérieur aux leurs, ont plus de résultats que nous. La bonne nouvelle c’est que le budget de l’éducation va passer à 22%. Pour ce faire, l’administration du Président Bazoum entend agir sur la gestion rationnelle du personnel, l’adéquation poste-profil pour les nominations, la formation des enseignants afin qu’ils fassent le profilage des établissements et aussi la redevabilité et l’imputabilité avec les contrats de performance.

Le Représentant de l’Unicef, a, pour sa part, parlé au nom des partenaires techniques et financiers. Il a en substance salué l’initiative du Chef de l’Etat et affirmé la disposition des PTF à accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de cette politique de l’éducation.

Quant aux partenaires sociaux du secteur de l’éducation, c’est Issaka Arzika qui a présenté leur recommandation. Au nom de ses amis de la société civile, Arzika a apprécié positivement l’approche du Chef de l’Etat et la pertinence des réformes envisagées. La société civile propose un état des lieux du secteur éducatif pour un nouveau départ sur une base claire et précise.

En répondant aux partenaires de l’école, le Président Bazoum a promis de recevoir à la présidence les acteurs de la société civile du secteur de l’éducation. Le Chef de l’Etat a également déclaré que tout se fera de façon concertée et dialogique.

Les réformes envisagées par le Président Bazoum résultent du constat : ‘’des moyens conséquents ont été déployés durant ces dernières années dans le système éducatif (20-22% du budget général)’’.

Mais cet investissement doit se faire dans le strict respect de la bonne gouvernance et de l’éthique. Il sera attendu une exigence de résultats pour que les déperditions scolaires soient considérablement réduites.

C’est la raison pour laquelle le secteur de l’éducation sera dorénavant placé dans le domaine réservé du Président de la République et prendra toute son importance régalienne. En outre, il se constituera une vraie coordination interministérielle pour le suivi de cet important secteur en lui redonnant ses lettres de noblesse tout en combattant les pratiques corruptives observées naguère’’.

Rappelons que pendant la campagne électorale à l’occasion de son face à face avec les étudiants de l’Université de Niamey, le candidtat Bazoum avait partagé sa vision de l’école et sa perspective pour sortir l’école nigérienne de l’ornière. Il avait reconnu que l’école publique est confrontée à des problèmes réels et c’est pourquoi il considère le défi de l’éducation parmi les défis majeurs de développement du Niger.

Et c’est avec aisance que l’enseignant qu’il fut avait répondu aux questions inhérentes à l’école nigérienne avec des propositions concrètes dans son programme.

Pour le candidat Bazoum face aux étudiants, l’école nigérienne souffre des problèmes de formation des enseignants ce qui impacte la qualité des enseignements. A ce niveau, il entend mettre un accent particulier sur la formation des formateurs y compris en rehaussant le niveau des enseignants au primaire au niveau BAC.

 Dans ce sens, les évaluations faites des enseignants constituent un acquis pour apporter des réponses pertinentes par palier au taux important de déperdition scolaire, à la baisse de niveau en mettant l’accent sur l’apprentissage de la lecture et le calcul au primaire.

Mohamed Bazoum entend créer des instituts de formation pédagogique pour améliorer la qualité de la formation des formateurs, dynamiser les écoles normales supérieures, améliorer la qualité de la dépense du matériel scolaire pour assurer la disponibilité des manuels scolaires en quantité et en qualité.

Il propose également l’érection des internats pour les jeunes filles dans les collèges dans le monde rural pour lutter contre la déperdition scolaire des jeunes filles qui ont des difficultés à continuer leur scolarité après la classe de 6ème.

A l’université, Mahamed Bazoum préconise le recours aux technologies de l’information et de la communication pour booster la qualité des prestations de nos universités.

A la question de savoir comment faire en sorte que les enfants des riches, dirigeants et pauvres puissent à égalité aller dans les mêmes écoles publiques, Bazoum n’a pas voulu cédé au populisme. Il faut éviter des ‘’solutions cosmétiques’’, a-til martelé. Il est plutôt question selon lui de réformer notre système scolaire de sorte qu’on n’a pas forcément besoin d’envoyer nos enfants dans les écoles privées.

C’est dire que la rencontre d’aujourd’hui avec les PTF avant même la Déclaration de politique générale du gouvernement met en évidence toute l’importance du système éducatif pour Mohamed Bazoum. Et en mettant en branle la machine administrative et les partenaires en temps réel, cela traduit la volonté politique affiché du Chef de l’Etat à inverser la tendance.

L’école, c’est comme qui dirait, l’invention humaine la plus géniale pour le développement personnel. Grâce à l’école, il est admis par les esprits les plus chauvins et rétrogrades que dans les mêmes conditions d’éducation, les hommes font montre de vitalité et de génie, pour paraphraser Sékou Touré.

Pour avoir été enseignant lui-même, Mohamed Bazoum a longtemps réfléchi sur les solutions aux défis de l’éducation. C’est avec aisance qu’il a abordé les axes de son Programme. Et au regard de la présentation de sa politique éducative, plus d’un citoyen a réalisé que le Président de la République entend apporter des solutions concrètes aux problèmes concrets qui assaillent l’école nigérienne.

EMS et Abdoul Aziz Moussa

Niger Inter

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