Le mardi 6 octobre 2020, une mission des forces de défense et de sécurité en compagnie des éléments de la force Barkhane aurait exigé des populations de Sanam (département de Abala) de sortir de leurs concessions toutes les motos y compris les carcasses, apprend-on. Ceux qui refusent de s’exécuter c’est à leurs risques et périls, a annoncé un crieur public à Sanam.

C’est ainsi que les propriétaires de motos étaient contraints de les remettre aux FDS. On dénombre 47 motos emportées par la mission à Abala après avoir brûlé les carcasses. Monsieur Habibou Sarki (enseignant à Sanam) nous a exprimé son indignation sur le fait que dans un Etat de droit qu’on ose sans autre forme de procès prendre les biens privés pour destination une inconnue sans savoir au niveau local qui a donné l’ordre. Selon lui cette façon de procéder pourrait provoquer une crise de confiance et entacher la collaboration entre les populations et les FDS.

Contacté par nos soins, le maire de la Commune de Sanam, Monsieur Alax Day qui était absent au moment des faits, nous a confirmé que selon ses collaborateurs cette opération s’est effectivement déroulée à l’insu des autorités locales.

Ni le maire ni le chef du village n’étaient informés de cette décision, a-t-il déclaré. Et de Abala à Tillabéri, la voie hiérarchique n’a pas encore donné d’explication sur le bien-fondé de cette opération un peu spécieuse.

Pourtant selon le maire, les populations de sa commune à Sanam comme dans les autres villages respectent scrupuleusement l’état d’urgence en ce qui concerne le non usage des motos.
Le maire tout comme l’enseignant du village ne comprennent pas le déficit de communication qui entoure une telle opération. Comment prendre les biens d’autrui sans aucune explication ?
Une moto dans le monde rural est un bien précieux, une économie pour son propriétaire, s’indigne un ressortissant de Sanam. Il se demande comment dédommager les victimes spoliées de leurs biens ?

Les populations déjà victimes des exactions des terroristes (impôts, rançons, descentes punitives, vols…) ne comprennent pas que ceux qui sont censés les protéger procèdent de cette façon. Affaire à suivre.

EMS

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