Les opérations d’arrestations des migrants ont repris de plus belle dans plusieurs  villes d’Algérie, notamment à Oran, Tlemcen, Alger, Blida, Boumerdès, Tipaza, Zeralda, Sétif et Annaba.

Selon l’ONG Human Rights Watch (HRW), « les migrants qui sont pour la majorité des ressortissants ouest africains et de l’Afrique centrale, sont appréhendés chez eux, dans les rues, ou sur leur lieu de travail ».

Depuis le mois de septembre à aujourd’hui, précise l’ONG internationale de défense des droits humains, « l’Algérie a expulsé plus de 3 400 migrants d’au moins 20 nationalités différentes vers le Niger, dont 430 enfants et 240 femmes », ce qui porte déjà le nombre d’expulsions vers le Niger à plus de 16 000 personnes en 2020 ».

S’agissant des ressortissants nigériens, apprend-on des sources proches du dossier, « un accord avait été conclu entre le Niger et l’Algérie depuis 2014 pour régir l’expulsion des ressortissants nigériens en Algérie ». Cet accord, indique-t-on, « ne concerne pas les renvois de groupes mixtes, comprenant des migrants de différents pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ». Un accord que l’Algérie feigne à respecter, continuant toujours à renvoyer les ressortissants d’autres pays vers le Niger ».

Selon HRW, constatant de manière récurrente le non respect de l’accord signé avec Alger sur uniquement le rapatriement des ressortissants nigériens, « le Niger, en 2017, avait demandé en vain, à l’Algérie, de mettre fin aux renvois de ressortissants non nigériens ».

Un sujet de préoccupation qui aurait due être abordé dans tous ses contours et en toute responsabilité, par les autorités nigériennes, à l’occasion de la visite, le 23 octobre dernier à Niamey, du Directeur Général de l’Agence Algérienne de Coopération Internationale pour la Solidarité et le Développement, M. Mohamed Chafik Mesbah.

Reçu en audience, le 23 octobre dernier, par le Premier ministre, M. Mohamed Chafik Mesbah a dit avoir abordé avec le Chef du gouvernement nigérien, de plusieurs questions portant sur la coopération entre les deux pays.

Il s’agit notamment des questions liées aux mines, le pétrole, l’éducation, la formation professionnelle et la santé, soulignant qu’il s’agit là « d’intensifier encore plus cette coopération avec des projets concrets bien identifiés ». Le règlement de la question d’expulsion des migrants nigériens, ceux d’autres nationalités (ouest africaine et centrale) vers le Niger semble avoir été ignoré par les deux parties.

Oumar Issoufa

Niger Inter

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