Trêve de spéculations. C’est la lecture qu’on peut raisonnablement avoir du communiqué du bureau du procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Niamey rendu public, le mardi 7 avril, relativement au rapport d’enquête au ministère de la défense nationale. Pendant longtemps, certains activistes ont laissé croire que le gouvernement veut cacher la vérité et protéger des délinquants en col blanc. Le procureur de la République, dans un esprit de transparence, a, sans équivoque, assuré avoir reçu le rapport définitif à posteriori des marchés publics passés au ministère de la défense pour la période 2017 à 2019, et antérieure à 2017 dans certains cas.

Qu’est-ce à dire ? C’est lorsque le rapport est devenu définitif donc contradictoire qu’il a été transmis au procureur pour engager les poursuites. Il y a le temps de la justice qui n’est pas forcément celui de nous citoyens, qui, par moments, jetons des citoyens présumés impliqués à la vindicte populaire alors que, comme l’a rappelé le procureur, nous n’avons  aucune connaissance du contenu du rapport. On comprend dès lors le sens de sa mise en garde contre ceux-là qui jettent en pâture des citoyens sur la base de leurs propres desiderata. Malheureusement, souvent pour des raisons inavouées et même inavouables, l’on fait fi des principes élémentaires de présomption d’innocence qui sont des principes de protection de la personne humaine.

Dans cette affaire, il faut reconnaître qu’il y a deux vérités fortes qui ont été dissimulées à dessein par ceux qui se sont crus investis de la mission de défendre le peuple. Premièrement, les gens ont volontairement feint d’oublier que c’est le président Issoufou Mahamadou, qui, sur la base des informations en sa possession, a décidé de faire conduire une enquête approfondie et sans complaisance sur la gestion des ressources affectées au ministère de la défense nationale. Il l’a décidé par respect à son serment mais aussi au contrat social qui le lie au peuple nigérien. Sa décision a été aussi de donner une suite judiciaire à ce rapport. Deuxièmement, les gens se sont agités pour rien parce qu’à l’époque les mis en cause n’ont pas apporté la contradiction au rapport d’enquête qui était provisoire. Aucune poursuite ne pourrait être engagée sur la base d’un rapport provisoire sauf à violer les droits des personnes présumées impliquées. C’est une exigence de l’Etat de droit à laquelle aucune autorité ne saurait se soustraire tout juste pour faire plaisir à quelques individus. Pourtant, les mêmes justifient, paradoxalement, leur lutte par la nécessité de faire prévaloir l’Etat de droit.

Alors trêve de spéculations. Le procureur a le rapport bien en mains. Les 177 dossiers qu’il contient seront instruits. Certains auront une qualification pénale. Dans tous les cas, force restera à la loi. Telle est la promesse du procureur. C’est cela la loi.

Tiemogo Bizo

Niger Inter

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