Dans le cadre de la commémoration du  17ème anniversaire  de sa création le 9 mars 2003, le Point focal du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP) au Niger, Madame Ousseini Hadizatou Yacouba a animé avec ses collaborateurs  un point de presse ce samedi 7 mars 2020 au Sécretariat Permanent du MAEP à Niamey. L’occasion pour le point focal et les membres de la Commission Nationale de Gouvernance du MAEP au Niger de faire le point sur les progrès de la gouvernance sur la voie de l’adhésion universelle au Mécanisme d’ici 2023.

‹‹ Faire taire les armes à travers la promotion et l’approfondissement des valeurs partagées par l’UA ››, tel est le thème de cette année. Thème qui cadre parfaitement avec le contexte de violences politiques et civiles qui ne cessent d’augmenter sur le continent africain. Et à propos, Madame Ousseini Hadizatou, Directrice de Cabinet Adjoint du Président de la République, et Point focal du MAEP au Niger, a affirmé qu’il est nécessaire de prévenir les conflits structurels en s’attaquant aux questions de gouvernance telles que ‹‹ l’inclusion, la jeunesse, le genre et les droits de l’homme, le changement climatique et d’autres facteurs critiques qui sous-tendent de nombreux conflits sur le continent ››. En d’autres termes, le MAEP qui est un outil d’alerte précoce, repose essentiellement sur quatre axes d’intervention tels que la démocratie et la gouvernance politique, la gouvernance et la gestion économique, la gouvernance des entreprises et enfin le développement socioéconomique de base.

C’est dans cette optique, en janvier 2018, l’Assemblée de l’Union Africaine a décidé d’inclure le MAEP – qui est d’ailleurs une entité de l’UA – et de rationaliser ses travaux dans le programme et la feuille de route, pour faire taire les armes. Ce faisant, elle positionne l’outil d’alerte précoce que représente le MAEP, pour la prévention des conflits et l’expansion de la capacité de l’Afrique à s’appuyer sur ces connaissances locales qui permettront des solutions africaines aux problèmes africains. Raison pour laquelle celui-ci use d’une démarche inclusive et participative pour atteindre son objectif dont l’amélioration de la gouvernance.

Selon le Point focal, l’avantage pour le Niger en adhérant à ce mécanisme en 2012, c’est d’une part, regarder ce que les autres font de bien et de dupliquer, afin d’améliorer la gouvernance et d’autre part montrer aux autres ce que l’on fait de bien.

Ainsi donc, dans le souci de bien coordonner les actions, l’État a nommé un Point focal qui est le répondant entre le Président de la République et les différentes structures du MAEP mises en place. Aussi le Point focal se trouve être l’interface entre le MAEP continental et les structures nationales. La deuxième structure est la CNG, entendue Commission Nationale de Gouvernance, avec plus de 50 membres aujourd’hui issus des forces vives de la nation.

Pour ce qui est de l’état de mise en œuvre du MAEP, il faut dire qu’aujourd’hui grâce à la sensibilisation, les commissions régionales de gouvernance ainsi que les commissions départementales de gouvernance sont implantées à travers le pays. Toujours dans la mise en œuvre du processus, il le Secrétariat National Permanent qui est l’organe administratif du mécanisme.

La signature du protocole en février 2019 avec le panel d’éminentes personnalités du MAEP constitue une phase importante vers l’auto-évaluation.

Ajouter à cela le processus de recrutement des instituts techniques de recherche pour avoir des rapports d’auto-évaluation qui vont être partagés au niveau de toutes les régions. Ce n’est qu’après cela ‹‹ qu’on pourra dire que nous avons un rapport d’auto-évaluation ››, selon Mme Ousseini Hadizatou.

Ensuite ledit rapport sera renvoyé auprès du Secrétariat continental du MAEP qui va s’atteler à une évaluation externe en juin et juillet prochains avant sa soumission au Forum des Chefs d’État et de Gouvernement lors d’une session ordinaire ou extraordinaire s’il y a lieu.

En conséquence, un plan d’action sera élaboré dans le but d’améliorer la gouvernance. On comprend donc que l’évaluation est tout un processus qui tient compte de chaque maillon de la chaîne.

A la question de savoir si le MAEP n’est-il pas un instrument qui concerne uniquement les Chefs d’État, Madame Ousseini Hadizatou a précisé que ce Mécanisme d’évaluation ne concerne pas seulement les Chefs d’État. Mieux ‹‹ c’est tous les citoyens qui sont concernés ››. Il ne s’agit pas seulement de critiquer, a-t-elle souligné, mais faire des propositions concrètes et ‹‹ avoir le Niger dans la loupe pour savoir ce que nous pouvons faire pour aller de l’avant ››.

En définitive, pour faire taire les armes sur le continent, il faut nécessairement faire la promotion des valeurs partagées au sein de l’Union Africaine. Lesquelles valeurs sont intrinsèques à l’amélioration de la gouvernance. En quoi s’active le MAEP à l’échelle du Continent.

Koami Agbetiafa

Niger Inter

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