Présidentielles 2016 : Le dossier pour éliminer Hama désespérément vide

Le 2 janvier 2015, a eu lieu le procès de l’affaire dite des bébés importés. Un procès tant attendu puisqu’il oppose en vérité Mahamadou Issoufou, président de la République, et Hama Amadou, opposant et président du Moden Fa Lumana Africa, par justice interposée.

Mais, compte tenu des exceptions par les avocats de la défense par rapport à l’incompétence du Tribunal, le juge a renvoyé le jugement au 30 janvier 2015. Un dossier pour lequel, la violation de l’instruction judiciaire est un exercice favori pour certains membres zélés du Gouvernement.
Pour eux, servir Mahamadou Issoufou est plus important que servir la Nation dans le respect des lois et règlements de la République.

C’est l’affaire du premier et probablement dernier mandat de celui-là même qui a reconnu son propre échec lors des festivités de la commémoration de la République à Dosso le 18 décembre dernier. Ce sont les interventions des ministres qui ont très tôt fait penser à une affaire purement politique destinée à écarter un adversaire politique des plus gênants pour 2016.

Ces ministres sont pourtant astreints au silence dès l’instant où le dossier se trouve entre les mains de la justice, un pouvoir dont le respect constitutionnel de l’indépendance s’impose à tous. Pour le Guri system, l’affaire des bébés stigmatisés qui a défrayé la chronique au point d’éloigner le gouvernement de sa mission de conduite générale de la politique de la Nation, est l’affaire du siècle.
Pour ce, il faut arrêter d’abord sur la base de rien, quitte à chercher les preuves ensuite. Certains ont pourtant dit que toutes les preuves sont réunies, que des enquêtes ont été menées au Nigeria et au Bénin, mais il n’en est rien.

On peut même dire selon des informations sûres que les dits enquêteurs nigériens ont même été chassés et menacés dans ces pays où les dirigeants ont un certain sens de l’Etat. En l’absence de coopération de ces Etats et d’absence de plaignants, le Guri aurait même cherché en vain à fabriquer des femmes victimes de vols d’enfants, mais c’est l’échec comme dans toutes leurs entreprises sordides. Le dossier avec lequel les guristes pensent éliminer un des adversaires de mahamadou Issoufou, Hama Amadou, est désespérément vide, juridiquement parlant Mais l’élimination des adversaires politiques ouvrira la voie à un deuxième mandat au camarade président, Mahamadou qui tremble à la moindre idée d’affronter un candidat sérieux. La phobie d’un deuxième tour l’incommode puisqu’il sait qu’il n’aura aucune chance en face des trois principaux leaders de l’opposition, porteurs d’espoirs du peuple nigérien fatigué des mensonges, des faux bilans, des fausses promesses, de la prédation des biens publics sans précédent, de la destruction des valeurs démocratiques et républicaines, et du malaise généralisé instauré par Mahamadou Issoufou et ses camarades, des multiples scandales politico financiers.
Des caciques du PNDS, dont Bazoum le président  » Kama min  » du PNDS, l’ont déjà annoncé.

Mahamadou Issoufou serait le seul candidat aux élections présidentielles de 2016. Mais à quel prix ? Les Nigériens commencent à comprendre maintenant. Ce sera au prix de violations constantes de la constitution et de mépris pour les règles démocratiques, ces mêmes règles qui ont permis à l’homme de Dan Dagi d’accéder au pouvoir.

En éliminant tout simplement tous ceux qui peuvent battre Mahamadou Issoufou à ces consultations, par des faux dossiers montés de toutes pièces. Il s’agit particulièrement de Seini Oumarou, Mahamane Ousmane et Hama Amadou. Car le  » petit père des peuples « , version stalinienne du Niger, sait qu’il n’a aucune chance en 2016. Concasser les grands partis politiques de l’opposition ou disqualifier leurs leaders : telle est l’unique et l’inique solution qui reste à un Mahamadou Issoufou paniqué et conscient de son rejet par la majorité des Nigériens. Pour Hama, tout a été tenté sans parvenir au résultat escompté : fouilles minutieuses dans toutes ses gestions administratives, intimidations, retrait de sa sécurité en tant que deuxième personnalité de la République, attaque à son domicile, embastillement des militants de son parti, harcèlement de sa famille, arrestation et emprisonnement de son épouse Adiza et de son fils Ismael. Rien de tout ceci n’a entamé ni le moral ni la détermination du président de Lumana.

Le dossier dit des bébés importés semble être la seule bouée de sauvetage de celui qu’un confrère a surnommé un  » comploteur né « . Ce dossier est concocté sur la base de rumeurs,  » d’indices probants  » selon les mots du procureur de la République. Malgré l’absence cruciale de preuves, une trentaine de personnes, des hommes et leurs épouses, accusées de supposition d’enfant ont été écrouées dans les prisons civiles de Say et Kollo. Parmi ces personnes, figurent Mme Adiza Hama, épouse du président de l’Assemblée nationale, et le ministre d’Etat Abdou Labo. Mais toutes les personnes incriminées ne sont que des victimes collatérales. La personne visée dans toute cette cabale est Hama Amadou qui devait être arrêté sur instruction du chef de l’Etat au gouvernement réuni en session extraordinaire.

Le caractère politique du dossier est évident. Tous les Nigériens l’ont compris. Les libertés provisoires accordées à tous les inculpés, même de manière discriminative, montrent que les preuves évoquées par l’entourage du chef de l’Etat, ministres, société dite civile, marabouts mis à contributions, vont constituer l’ultime épreuve pour le Guri system joue sa survie politique. C’est pourquoi ils feront tout pour influencer la décision du juge.

Mais le juge aussi joue son honneur et sa dignité, et ne rendra une condamnation que sur la base de preuves palpables. La condamnation à un an de prison ferme pour Hama Amadou et les autres victimes collatérales dans cette affaire politique, rêve cher au Guri system, tout juste le temps qu’il faut pour organiser les élections de 2016, sans Hama Amadou, risque de tourner en cauchemar pour ceux qui pensent qu’on peut instrumentaliser les juges nigériens et en faire ce qu’on veut.

Koudizé