A l’instar des pays de la Ouma Islamique, la communauté musulmane du Niger s’apprête également à célébrer, le mercredi 27 mai 2026, l’Aïd al-Adha ou fête de sacrifice d’Abraham. L’annonce a été faite le 17 mai dernier à travers un communiqué du Conseil islamique du Niger.
Dans sa signification, l’Aïd al-Adha repose sur plusieurs piliers fondamentaux de l’Islam, notamment la commémoration du sacrifice d’Abraham à qui, Dieu a éprouvé la foi en lui demandant dans un rêve, de sacrifier son fils unique, Ismaïl ; le symbole de la soumission et de la foi en Dieu ou encore le partage et la solidarité sociale.
Plus qu’un simple moment de réjouissance, l’Aïd al-Adha ou fête de la Tabaski se veut également un rappel annuel des valeurs de fidélité spirituelle, de gratitude envers Dieu, d’humilité et de solidarité humaine.
Sur ce dernier point, rappelons que la tradition musulmane veut que la viande du sacrifice soit divisée en trois parts égales (une pour la famille immédiate, une pour les proches, les amis et les voisins et la 3ème part pour les pauvres et les nécessiteux).
L’objectif visé est de permettre à tous les musulmans, y compris les plus vulnérables de la communauté, de pouvoir à cette occasion, manger à leur faim et fêter dans la joie et l’allégresse.
A l’approche de cette célébration, l’une des plus importantes en Islam, toute l’attention dans les familles musulmanes à Niamey comme dans les autres localités du pays reste focalisée sur l’achat du fameux mouton du sacrifice. Pendant ce temps, les spéculations autour du mouton vont bon train partout dans les différents marchés à bétail, tant à Niamey qu’à l’intérieur du pays. Des constats faits dans plusieurs marchés de Niamey et même dans certaines grandes villes à l’intérieur du pays, les prix sont actuellement très élevés, surtout pour les petites bourses. Difficile pour le nigérien moyen de se procurer un mouton relativement moyen en deçà de cent mille francs Cfa.
Une hausse vertigineuse, comparée à l’an dernier, que les revendeurs tentent d’expliquer par les difficultés d’approvisionnement des moutons dues à l’insécurité dans certaines zones pourvoyeuses du bétail et le coût élevé du transport, entre autres.
Cette hausse inquiète d’un citoyen nigérien moyen, dans ce contexte de morosité économique qui frappe tout le pays et dont les répercussions se font grandement ressentir dans les foyers modestes.
Aujourd’hui, la grande équation qui taraude l’esprit de nombreux nigériens, déjà pris en tenaille entre la cherté de la vie, la rareté de ressources et les impératifs sociaux, c’est comment acquérir un mouton à la hauteur de sa bourse ?
Malgré l’interdiction d’exportation du bétail vers certaines destinations faite par les autorités nationales, les prix continuent à flamber au grand désarroi des populations. Or, ne pas avoir son mouton dès la veille de la Tabaski est vu d’un très mauvais œil au sein de la société.
Une situation qui affecte surtout les enfants, incapables de comprendre le pourquoi. C’est en cela que la solidarité et l’entraide sont vivement recommandées afin que les plus nantis assistent leurs frères musulmans qui n’ont pas la capacité d’en acquérir un mouton à sacrifier.
Oumar Issoufa


