Lutte contre le cancer : Éviter les comportements à risques

 

La maladie du cancer qui se classe parmi les maladies non transmissibles est provoquée par la transformation des cellules qui deviennent anormales et prolifèrent de façon excessive. Avec près de 10 millions de décès en 2020, le cancer constitue l’une des principales causes de mortalité dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Quels sont alors ces comportements à risques qu’il faut éviter ?

Selon Rabo Leilatou, médecin chef de SOS Cancer Niger, le cancer se caractérise par ‹‹ la multiplication incontrôlée de cellules liée à un échappement au mécanisme de régulation qui assure le développement harmonieux de l’organisme ››. Dans ce sens, aucun organe du corps humain n’est donc à l’abri de cette maladie. Au Niger, ‹‹ les cancers les plus fréquents sont celui du sein, du col de l’utérus, du foie, du poumon, de la prostate et du côlon ››, souligne le médecin Rabo Leilatou. Toutefois, il faut préciser qu’il existe d’autres formes de cancer dont le cancer de la peau, le cancer cérébral, le cancer de la gorge ou encore le cancer des yeux et bien d’autres encore.

D’après les statistiques de l’OMS en 2020, le nombre de personnes atteintes du cancer au Niger est de 9 787 cas pour les deux sexes, tandis que le nombre de décès enregistré à la même période, s’élève à 7 382 personnes.

Chez la femme particulièrement, sur les 5 650 personnes atteintes du cancer en 2020, le cancer du sein a occupé la première place avec un taux de 35,1% suivi de celui du col de l’utérus (11%), de l’ovaire (8,7%), du foie (6,1%), du côlon et de rectum (5,7%) et des autres cancers de l’organisme (33,5%).

Comment prévenir le cancer ?

D’après les spécialistes en oncologie, médecine traitant du cancer, de nombreux cancers peuvent être guéris s’ils sont détectés tôt et traités efficacement.

De plus, étant donné que la maladie du cancer peut affecter n’importe quel organe et partie du corps humain, il y a lieu d’éviter tout comportement à risques, susceptible de provoquer dans l’organisme, la transformation de cellules normales en cellules tumorales, c’est-à-dire la présence de tumeur maligne, synonyme de la maladie du cancer. Au départ, ce sont des lésions précancéreuses qui se transforment pour devenir une tumeur maligne.

Parlant de risques, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indique qu’environ un tiers des décès par le cancer sont dus aux cinq principaux facteurs de risques comportementaux et alimentaires. On parle ici de l’obésité, c’est-à-dire l’indice élevé de masse corporelle, une faible consommation de fruits et légumes, le manque d’exercice physique, le tabagisme et la consommation d’alcool.

En somme, le cancer est provoqué par des facteurs génétiques propres au sujet et des agents qui sont extérieurs à l’organisme, tels que les cancérogènes physiques parlant des rayons ultraviolets et les radiations ionisantes, les  cancérogènes chimiques comme l’amiante, les composants de la fumée du tabac, l’alcool, l’aflatoxine (contaminant alimentaire) ou l’arsenic (polluant de l’eau potable et enfin les cancérogènes biologiques comme les infections dues à certains virus, bactéries ou parasites.

Bien que le cancer ne soit pas une maladie contagieuse, il est possible d’adopter de bonnes habitudes de vie permettant de le prévenir. C’est en cela que les spécialistes recommandent d’éviter le surpoids, mais d’être actif au moins 30 minutes par jour, d’éviter de fumer, se protéger contre les rayons du soleil, réduire la consommation de viandes rouges en privilégiant les fruits et légumes et éviter l’abus d’alcool.

En matière de lutte contre le cancer du sein et celui du col de l’utérus au Niger, SOS Cancer Niger s’y active énormément à travers la sensibilisation et le dépistage gratuit du cancer du col de l’utérus et la détection précoce du cancer du sein à Niamey et dans les sept régions du Niger. Elle intervient aussi dans le traitement des lésions précancéreuses du col de l’utérus, en plus de l’accompagnement et l’orientation dont bénéficient les patientes atteintes du cancer, dans leurs démarches  thérapeutiques. Selon Dr Rabo Leilatou médecin chef de SOS Cancer Niger, ‹‹ de 2012 à août 2022, 16 315 dépistages et plus de 20 000 consultations ont permis de détecter 1 011 cas suspects de lésions du col de l’utérus dont 12 cas de cancer confirmé et 1 096 cas de tumeurs du sein dont 46 cas de cancer confirmé ››.

En conclusion, le cancer bien qu’il soit considéré comme une maladie silencieuse et mystérieuse peut être prévenu grâce au dépistage précoce. Car détectée tôt, la maladie peut être traitée et le sujet guéri.

Koami Agbetiafa

Niger Inter Hebdo N°83 du mardi 11 Octobre 2022