Suite à l’annulation du Hadj 2021 par le royaume d’Arabie Saoudite, pour raison de la pandémie du Covid-19, Niger Inter Hebdo a obtenu la réaction du prédicateur Soumeyllah Mohamed sur cette décision. Soumeyllah Mohamed, ancien Président de l’Association nigérienne pour l’appel et la solidarité islamique (ANASI) est prêcheur sur plusieurs médias de la place.

Niger Inter Hebdo : Le Royaume d’Arabie Saoudite vient d’annuler le Hadj 2021 pour raison de Covid-19. Quelle réaction vous inspire cette décision ?

 

Soumeyllah Mohamed : Tout ce que je peux dire c’est qu’en début de cette année 2021, il ne pourrait pas être imaginable que le Hadj de cette année ne se tiendra pas. Mais à l’épreuve des faits, on constate qu’une fois encore, deux années successives, la totalité des musulmans est privée de l’accomplissement de ce cinquième pilier de l’islam, à l’exception des musulmans habitant sur le territoire d’Arabie Saoudite. Face au fait accompli, en tant que prédicateur, nous ne pouvons que demander aux pèlerins et à la Communauté musulmane  de se fier à cette décision en ce sens qu’en dernière analyse il n’y a de volonté que celle d’Allah lorsqu’il dit : « Cependant, vous ne saurez vouloir, à moins qu’Allah veuille. Et Allah est Omniscient et Sage. » (Sourate 30, verset 76).

 

Niger Inter Hebdo : Quelles peuvent être les conséquences pour les musulmans du Niger et les agences de voyage Hadj et Oumra ?

 

Soumeyllah Mohamed : les conséquences évidemment ne s’arrêtent pas seulement qu’aux musulmans du Niger et aux agences du voyage Hadj et Oumra, mais les conséquences sont à une échelle mondiale. Cela touche toute la Oumma islamique. Si on doit appeler les choses par leurs noms, le mot catastrophique ne serait pas de trop, car l’organisation du Hadj brasse des sommes très importantes que très rare on trouve à l’intérieur de tout négoce. En effet, on constate qu’à l’occasion du Hadj, il y a des mouvements importants des sommes pharamineuses de devises en un temps record. Mais d’un point de vue économique, je dirai tout simplement que la catastrophe est très grande et surtout qu’elle se répète deux années successivement. Les agences de voyages sont dans une situation extrêmement pénible. A notre humble avis, l’État doit voir dans quelle mesure accompagner et/ou soulager les acteurs en termes d’impôts et autres soutiens. Car nous le répétons, l’organisation du Hadj, ne profite pas qu’aux agences, mais l’État également a sa part de gain qu’il tire à travers cette activité. Nous prions Allah (SWT) de soutenir ces agences afin qu’elles puissent régler ces problèmes, parce qu’il faut remarquer qu’il y a des pèlerins qui se sont acquittés du montant total du Hadj depuis 2019 et n’ont pas pu accidentellement faire le voyage. En 2020, certains ont commencé à verser, il n’y a pas d’organisation tout simplement du Hadj. En début de cette année, je le disais tantôt que personne ne pourrait imaginer que le Hadj encore cette fois-ci ne s’accomplirait pas ou n’aurait pas lieu. Bref, il y a une situation qui est assez dramatique pour les agences de voyages.

Niger Inter Hebdo : Que conseillez-vous à tous ces musulmans qui viennent de voir leur rêve d’effectuer le Hadj brisé ?

Soumeyllah Mohamed : C’est également lourd de conséquences. Vous savez quand vous décidez d’aller au Hadj, pendant toute l’année vous vous apprêtez à cela. C’est votre principale préoccupation. Pour ceux qui ont décidé d’aller au Hadj vraiment en leur for intérieur, Allah (SWT) ferait en sorte que les retombées, les récompenses du Hadj pourraient leur être imputées. C’est à l’exemple du mois de Ramadan où nous avions pris la décision de jeûner 29 jours ou 30 jours, Allah dans son infinie miséricorde accorde le 30ème jour qui n’a pas été jeûné dans la mesure où Allah, l’Omniscient, l’Omnipotent, l’Omniprésent sait que si le croissant n’avait pas été aperçu au 29ème jour, la Oumma continuerait à jeûner le 30ème jour et Allah ferait en sorte que le 30ème jour soit validé. C’est pareil pour ceux qui   honnêtement ont décidé d’aller accomplir le Hadj,  Allah dans sa miséricorde pourrait leur faire compter des récompenses, parce que le Hadj c’est les récompenses, c’est des retombées. On va au Hadj pour moissonner beaucoup de Hasannats (récompenses). Allah pourrait créditer le compte de ces derniers de la Hasannat comme s’ils avaient effectué le voyage.

On a rapporté des histoires de ce genre, quelqu’un qui n’a pas pu faire le voyage. Bref, pour être court, il a remis l’ensemble des frais à une personne et le lendemain il a vu le Prophète Mohammed (SAW) en songe et le Prophète Mohammed (SAW) de lui dire que ton Hadj est accepté. Donc nous conseillons nos frères et sœurs qui sont dans cette situation d’être patients, de s’en remettre à la volonté d’Allah (SWT) qui ne peut laisser sans récompense cette intention ferme qu’ils ont d’effectuer le Hadj. Ce n’est pas de leur faute. On pourrait dire qu’il y a cas de force majeure. On espère bien qu’Allah va faire en sorte qu’ils soient récompensés. Je demande enfin à mes frères et sœurs de considérer cette situation comme une épreuve venant du Tout miséricordieux et de se dire qu’ils ne sont en rien responsable de ce qui est arrivé.

Propos recueillis par Koami Agbétiafa

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