« Nous avons rappelé aux jeunes que leur rôle n’est pas dans la destruction mais dans la construction de leur pays », a déclaré Daoui Ahmet Baringaye

Daoui Ahmet Baringaye est Président de l’Organisation de la jeunesse Tarayya (OJT). Il a été le responsable de la mobilisation au sein de la Direction nationale de campagne (DNC) dirigée par Sani Abba Issoufou. Dans l’entretien, il se prononce sur la victoire de Mohamed Bazoum, la réaction de l’Opposition puis lance un appel à la jeunesse nigérienne pour être proactive dans la construction de notre pays.

Niger Inter Hebdo : Le mardi 23 février dernier, CENI a proclamé votre candidat, Mohamed Bazoum vainqueur du second tour de la présidentielle 55,75% des suffrages exprimés face à Mahamane Ousmane qui a enregistré 44,25%. Quel est votre sentiment ?

Daoui Ahmet Baringaye : Mon sentiment suite à l’élection de Bazoum est à la fois celui du militant et du citoyen. Dans le 1er cas, il importe de rappeler deux choses : je suis le président de l’Organisation de la Jeunesse Tarayya, une organisation des masses du PNDS en charge de la question de la mobilisation des jeunes autour des idéaux et valeurs du parti. Et durant cette formidable campagne, j’avais eu l’honneur, aux cotés et sous la responsabilité du Directeur National de Campagne de Bazoum le camarade Abba, d’être en charge de la mobilisation électorale. Donc que Bazoum l’emporte de façon si éclatante ne peut engendrer chez moi qu’un sentiment de grande joie, une joie à l’image de celle qu’éprouve tout être humain à la suite d’une mission accomplie. Au demeurant, je suis très fier d’avoir eu l’honneur d’être bien logé dans le cercle de ces braves femmes et hommes qui ont significativement contribué à rendre cette victoire possible.

En tant que citoyen, je suis particulièrement heureux pour mon pays en ce que cette victoire de Bazoum reste à tous égards la plus conforme à l’aspiration profonde de notre peuple à faire de notre pays une République où les citoyens, parce qu’ils naissent libres et égaux en droits et en devoirs, s’y épanouissent sans considération de sexe, d’ethnie, de race, de région ou des croyances religieuses. La victoire de Bazoum est une belle victoire de la Démocratie et de la République.

Niger Inter Hebdo : Après la proclamation des résultats globaux provisoires par la CENI, l’opposition parle d’un hold-up électoral. Quelle est votre réaction ?

Daoui Ahmet Baringaye : L’opposition est restée fidèle à elle-même. Et sa posture actuelle ne surprend personne dès lors qu’elle avait passé pratiquement 5 ans au moins en train de préparer la contestation au lieu de préparer les élections. Et lorsque la réalité des choses s’est posée à elle comme quoi les élections qu’elle ne voulait pas auront de toutes les façons lieu car tel l’a voulu le peuple souverain du Niger à travers la constitution qu’il s’est librement donnée le 25 novembre 2010, elle s’est engagée dans une vaste campagne. Mais pas une campagne sérieuse visant à proposer au peuple une meilleure alternative au pouvoir qu’elle avait passé 10 ans à dénigrer, mais une campagne nauséabonde contre les institutions de la République, distillant la haine et mettant à rude épreuve notre unité et notre cohésion. Jamais dans l’histoire de notre pays, des hommes politiques n’ont été si loin dans le recours à des arguments identitaires et indignes comme aujourd’hui. Au moment les opposants, dans leur zone de confort, font signe de vie que par des déclarations tonitruantes et stériles, Bazoum sillonnait le Niger, de nuit comme de jour, à la rencontre des populations pour mieux comprendre leurs préoccupations. Pendant ce temps, il conçoit un programme de société résultant d’une analyse critique du très élogieux bilan des réalisations du Président Issoufou pour consolider et avancer. Pendant, ce temps les nigériens, parce qu’ils sont sortis très satisfaits du bilan de deux mandats du Président Issoufou, ont décidé de faire le choix de la continuité car c’est le seul choix qui leur assure de façon certaine le progrès et l’émergence. C’est donc sans surprise aucune que le PNDS et son candidat remportent largement les élections locales, législatives et présidentielle. En ce qui concerne l’élection présidentielle, notons que malgré la campagne hideuse, outrageante et outrancière contre la personne de Bazoum, les nigériens l’avaient placé très loin devant avec plus de 39% des suffrages. A ce niveau, il faut bien souligner que c’est la 1ère fois dans l’histoire de notre jeune démocratie qu’un candidat se présentant pour la 1ère fois à ce scrutin obtient un tel score au premier tour. Et lorsqu’au second tour, ce même candidat obtient le ralliement des 13 autres candidats du 1er tour parmi lesquels le 3è et le 4è, le monde entier avait acté que Bazoum sera bien celui qui succèdera à son camarade Issoufou à la tête du Niger. Voyez- vous la victoire de Bazoum c’est juste une victoire de logique et du bon sens. Seul un logiciel conçu sur l’irrationalité comme celui de notre opposition peut crier au hold-up. C’est juste dommage que notre opposition soit incapable de hauteur et du respect vis-à-vis de notre peuple. Pourtant, il va falloir bien qu’elle accepte qu’une élection on la gagne ou on la perd mais c’est toujours le peuple qui décide. Le peuple a tranché, c’est à Bazoum qu’il a décidé de confier sa destinée. Ce faisant, les nigériens ont tout simplement rejeté la haine et la division.

Niger Inter Hebdo : Après la proclamation des résultats globaux provisoires par la CENI, on a observé des actes de vandalisme dans la capitale, quel commentaire vous inspire cette situation ?

Daoui Ahmet Baringaye : Ces actes sont tout simplement regrettables. Et quand je vois le profil de ceux qui posent ces actes, je ne peux être que choqué et attristé en ma qualité de jeune leader. Parce que nous voyons les choses venir, nous les jeunes des partis membres de la coalition qui soutient le candidat Bazoum, nous avons rendu publique une déclaration le vendredi 19 février 2021 dans laquelle nous appelons les jeunes à prendre très au sérieux leur rôle dans la vie de la nation. Nous avons rappelé aux jeunes que leur rôle n’est pas dans la destruction mais dans la construction de leur pays.  C’est dommage de voir hélas que ce sont toujours les jeunes, qui ont leur avenir devant eux, qui servent naïvement les intérêts égoïstes de ceux qui ont leur avenir derrière eux. Il est alors urgent et absolument nécessaire que nous travaillons à dominer cet instinct grégaire qui nous pousse à croire qu’il est préférable de recourir à la violence pour régler nos différends que de recourir aux moyens légaux que la République a bien voulu mettre à notre disposition. Il faut bien craindre le jour où la loi va cesser de libérer et que la force va pouvoir opprimer.

Niger Inter Hebdo : Quel est votre dernier mot ?

Daoui Ahmet Baringaye : Le processus électoral général est arrivé à son terme. Le monde entier a salué la régularité et la transparence qui ont caractérisé ce processus de bout en bout. Du niveau communal au niveau national en passant par le niveau régional, le peuple du Niger s’est librement et souverainement exprimé. Nous devons tous respecter ses choix et sa volonté. Alors, tous derrière notre président Bazoum pour faire face aux multiples défis qui assaillent notre pays. J’appelle mes concitoyens animés par l’esprit séparatiste et nihiliste de bien vouloir se ressaisir pour apporter leur pierre à l’édifice. Aux jeunes qui s’adonnent au vandalisme, je leur demande de penser à leur avenir au lieu de se manipuler à poser des actes de désespoir par des politiciens en perte de vitesse.

Propos recueillis par Elh. M. Souleymane

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