Des actes graves et attentatoires à l’intégrité physique des journalistes ont été enregistrés, notamment à Niamey, suite aux manifestations organisées après la proclamation par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) des résultats globaux provisoires de l’élection présidentielle du 21 février 2021.

Une situation qui a suscité une réaction du Conseil d’administration de la Maison de la presse, cadre fédérateur des organisations socioprofessionnelles des journalistes qui a dénoncé et condamné dans une déclaration de presse ces actes.

Des individus « sans foi ni loi » ont en effet attaqué le jeudi 25 février dernier à Niamey, le domicile de Moussa Kaka, Directeur général du groupe Saranounia et correspondant de RFI. « Des individus sans foi ni loi, agissant certainement sur ordre des prédateurs de la liberté de presse se sont honteusement attaqués à son domicile, causant d’énormes dégâts », regrette Ibrahim Harouna, président du bureau du Conseil d’administration de la Maison de la presse dans la déclaration rendue publique le 26 février 2021. « Ces actes prémédités avaient été précédés par des menaces et intimidation à travers les réseaux sociaux », ajoute-t-il, soulignant que d’autres actes pareils contre des professionnels des médias ont également été rapportés. Le seul tort commis par notre confrère est d’avoir effectué son travail de journaliste professionnel.

Ainsi, tout en condamnant avec fermeté cet acte gravissime d’atteinte à la liberté de presse et à l’intégrité physique du journaliste Moussa Kaka et sa famille, le bureau du Conseil d’administration de la Maison de la presse met en garde « toute personne qui se hasarderait à s’en prendre à un média ou un journaliste dans l’exercice  de sa profession ». En outre, il interpelle les autorités « à garantir sur l’ensemble du territoire national la sécurité des journalistes et des médias ». La Maison de la presse a saisi l’occasion pour apporter « son soutien indéfectible aux professionnels des médias dans leur mission de service public » et « se réserve le droit de porter plainte contre les auteurs de ces actes ignobles et leurs complices ».

Alors que les organisations socioprofessionnelles des journalistes continuent de déplorer l’acte portant atteinte à la liberté de presse porté contre Moussa Kaka, le cameraman de la chaine internationale SIKKA TV va à son tour être agressé par des manifestants le vendredi 26 février 2021. Une agression perpétrée sur le matériel de reportage et contre le journaliste alors que ce dernier faisait son travail dans un quartier du quatrième arrondissement de Niamey.

Pour mémoire, ces attaques perpétrées contre des journalistes interviennent aux lendemains de la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 21 février dernier par la CENI. Des mouvements spontanés ont été organisés, notamment à Niamey, pour protester contre ces résultats alors même qu’il existe de voies légales pour attaquer les résultats globaux provisoires proclamés par la CENI, avant la proclamation des résultats globaux définitifs par la Cour constitutionnelle.

Ainsi, obéissant à leur destin de nuire à la liberté de presse chèrement acquise au Niger, ces individus sans foi ni loi n’ont trouvé mieux que de s’attaquer aux journalistes. Les autorités compétentes ont le devoir d’enquêter sur ces actes graves afin de trouver et punir les auteurs et ou complices de ces forfaitures commises contre des journalistes conformément aux lois de la République.

Almoustapha Aboubacar

Niger Inter

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