La 3ème réunion du comité de Pilotage du Niger pour le Fonds régional pour la stabilisation de la région du bassin  du lac Tchad s’est tenue le jeudi 28 janvier 2020 à Niamey. Les décisions issues de cette réunion permettront de poursuivre effectivement des activités du projet afin d’optimiser les effets jusque-là obtenus.

La cérémonie d’ouverture de la réunion, présidée par Alkache Alhada, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses, s’est déroulée en présence des partenaires du Fonds, notamment les ambassadeurs de la République fédérale d’Allemagne, des Pays Bas et du Royaume-Uni et la représentante résidente du Système des Nations Unies. L’occasion pour cette dernière d’annoncer une contribution du PNUD des fonds pour la stabilisation du bassin du Lac Tchad d’un montant de 1,4 millions de dollars aux efforts du Gouvernement  du Niger et ses partenaires.

Des raisons de se réjouir

Le bilan de la mise en œuvre des activités du projet de stabilisation du Bassin du Lac Tchad à Diffa au cours des douze mois (janvier 2020 à janvier 2021) donne des raisons de se réjouir « au regard de la dynamique impulsée et la renaissance de l’espoir au sein de nos vaillantes populations de Bosso, très éprouvées par la crise sécuritaire dans le bassin du lac Tchad », s’est réjoui le ministre de l’Intérieur.

On retiendra entre autres résultats engrangés dans la mise en œuvre du projet, la réhabilitation des infrastructures administratives et socio-économiques et de nouvelles réalisées, le déploiement de l’unité spéciale de la sécurité de proximité. Celle-ci est appuyée en véhicules et matériels de communication en vue de renforcer sa mobilité dans un territoire aussi immense que la Région de Diffa afin de contribuer à la sécurisation des personnes et de leurs biens. Selon le ministre de l’Intérieur, le projet a renforcé, dans le domaine de la culture du poivron et du riz (dont les récoltes s’annoncent pour bientôt), les capacités de production à travers la distribution de motopompe, des matériels aratoires et d’intrants agricoles. « Ces réalisations ont d’autant plus de mérite  que la commune de Bosso est une zone d’accès difficile pour nombre d’acteurs humanitaires », a-t-indiqué.

Ainsi, l’approche de la stabilisation prend forme du fait de sa flexibilité et son appropriation par la partie nationale, « toute chose qui, avec un dialogue social, répond aux besoins exprimés par les communautés », a dit le ministre Alkache Alhada. D’ailleurs, poursuit-il, « c’est cette aisance dans son mécanisme de mise en œuvre qui nous invite à sa duplication dans le Liptako Gourma afin de créer les conditions de relèvement et de  résilience de la Région de Tillabéri face à l’insécurité ». En effet, la région du Liptako Gourma, située à cheval entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso fait face à une situation d’insécurité née de la crise sécuritaire malienne.

Une Unité Spéciale de Sécurité de Proximité déployée à Diffa

Pour faire face à cette situation, le Niger, sous l’impulsion du président de la République, Issoufou Mahamadou a engagé « l’Unité Spéciale de Sécurité de Proximité », déployée depuis le 18 décembre 2020 dans la région de Diffa. « Le déploiement de cette unité vient compléter et renforcer le processus de sécurisation des communautés qui démarrent le processus de relèvement socio-économique à travers les acquis du Projet « Fonds pour la stabilisation de la région du bassin  lac Tchad », a expliqué le ministre de l’Intérieur. Il a souligné que les éléments de l’Unité Spéciale auront un renforcement des capacités dans les domaines de la déontologie du corps, de la police de proximité, du droit humain et genre et la prise en charge de la réduction et/ou des combattants capturés.

Assurer le retour et le rétablissement des populations des zones ciblées

Notons que la mise en œuvre du programme de stabilisation du bassin du lac Tchad à Diffa est une initiative innovante qui s’inscrit dans le cadre d’une Stratégie plus large de l’Union Africaine et de la Commission du Bassin du Lac Tchad. Elle renforce, de par son programme multiforme, le dialogue politico-sécuritaire des pays concernés. Selon la représentante résidente du Système des Nations Unies au Niger, la Stratégie de Stabilisation, adoptée à Diffa, mise sur le bien-être de la population afin d’instaurer un climat de confiance et permettre une plus importante présence de l’Etat dans les zones ciblées. « Les installations de stabilisation visent donc à assurer le retour et le rétablissement des populations pour la reprise d’une vie plus normale », explique-t-elle.

Ainsi, compte tenu des enjeux sécuritaires, elle a suggéré à ce que la Stratégie de Stabilisation soit poursuivie avec détermination et a plus grande échelle, « en faisant pleinement usage de l’expertise qui se trouve à travers le Système des Nations Unies, une expertise que je mets à l’entière disposition des populations de Diffa », a-t-elle indiqué. Elle a saisi l’occasion pour appeler à ce que cette Stratégie soit mise à l’échelle plus grande ». Tout en rappelant que le programme de stabilisation va bientôt démarrer à Tillabéri, elle a émis l’espoir que « l’expérience de Diffa saura informer les paramètres du projet. »

Almoustapha Boubacar

Niger Inter

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