Une semaine vient de s’écouler après l’ouverture de la campagne électorale pour les législatives et présidentielles du 27 décembre prochain. Tout se passe très bien sans qu’aucun incident ne soit signalé sur toute l’étendue du territoire nationale, alors que les nigériens s’attendaient à la fureur, la chienlit, l’émeute ou même à l’insurrection qu’ont promises ceux que d’aucuns qualifient de détracteurs du processus électoral en cours.

Les 4205 candidats aux élections législatives et les 30 candidats aux élections présidentielles ont pris d’assaut les villes et les villages pour battre campagne dans la paix et le respect mutuel. Chacun va de toutes ses ressources intellectuelles et matérielles pour proposer aux nigériens son programme et ce qu’il pense être le meilleur à assoir pour accéder au bien-être de tous et développer le pays.

Il n’y a pas d’anicroche majeure qui a été enregistré entre les protagonistes qui puisse remettre en cause la paix et la quiétude sociales. Il faut souligner que cette campagne électorale bat son plein avec en filigrane la contestation par l’opposition de la nationalité nigérienne du candidat de la majorité au pouvoir, Mohamed Bazoum, Président du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS) Tarayya.

En effet, quelques opposants politiques ont pris le chemin des tribunaux pour contester sa candidature au fauteuil présidentiel parce que selon eux, il « n’est pas nigérien d’origine ». D’aucuns disent que cette démarche de l’opposition relève du pur dilatoire alors que certains nigériens la considèrent comme un droit constitutionnel.

La contestation de la nationalité nigérienne de Mohamed Bazoum serait, selon certains militants de la majorité au pouvoir, une manipulation orchestrée par un opérateur politique de la place, en l’occurrence Hama Amadou, en réponse à sa mise à l’écart des joutes électorales suite à la perte de ses droits civiques et politiques.

Il a su créer cette situation pour inciter les nigériens à l’émeute ou à l’insurrection aux cas où la candidature aux élections présidentielles du personnage incriminé être non-nigérien est acceptée par la Cour Constitutionnelle, apprend-on.

Sachant personnellement que sa propre candidature ne peut être validée par ladite Cour faute avec un casier judiciaire chargé, il faut bloquer celui qui est le plus à même de gagner les élections présidentielles, précise-t-on dans les rangs de la majorité.

Ce qui rappelle un peu la théorie devenue célèbre de Hama Amadou : « celui qui va empêcher ma candidature aux élections présidentielles 2021 sera lui-même empêché ».

Ils sont, d’ailleurs, nombreux les leaders de partis politiques de l’opposition qui participent au dénigrement et au reniement de la nationalité nigérienne du candidat le plus en vue et le plus passible de gagner les futures élections.

Quatre d’entre eux ont, en effet, déposé des requêtes près de la Cour Constitutionnelle avec pour objectif d’inciter celle-ci à dire que Bazoum Mohamed n’est pas nigérien et, par conséquent, non éligible. Bien sûr, ils ont été déboutés car leurs démarches ont été jugées « non-fondées » par la Cour.

Pour l’instant, les campagnes électorales se poursuivent et, déjà, ce dimanche, les nigériens se présenteront aux urnes pour choisir leurs conseillers locaux. Ils auront tout à gagner que ça se passe dans le calme et la discipline.

Bassirou Baki Edir

Niger Inter

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