Albadé Abouba, le candidat investi à la présidentielle du MPR Jamhuriya

Congrès du MPR Jamhuriya : Albadé Abouba investi candidat à la présidentielle

Le samedi dernier, le MPR Jamahuriya a tenu son 2ème Congrès ordinaire. La principale conclusion de cette instance c’est sans conteste l’investiture du président du parti, Albadé Abouba comme candidat du parti à la prochaine élection présidentielle.

Le samedi dernier, comme d’habitude, les partis politiques de la majorité et de l’opposition étaient bien représentés. A la tribune, Ibrahim Yacoubou a appelé Albadé Abouba, au nom de la coalition Cap 2021 à les rejoindre.

Massoudou Hassoumi, Secrétaire général du PNDS, au nom de la MRN, après avoir loué les qualités d’homme d’Etat et de loyauté d’Albadé Abouba, espère bien que celui qui a contribué à la stabilité politique du pays puisse rester fidèle pour préserver les acquis de la gouvernance d’Issoufou Mahamadou.

Dans une résolution d’ailleurs le MPR Jamhuriya a été d’ailleurs très reconnaissant à l’endroit du Président de la République, du Premier ministre et du

Le MPR un parti handicapé…

Le Mouvement patriotique pour la République (MPR Jamhuriya) n’est plus le même parti des camarades qui se sont ligués contre le leadership de Seini Oumarou au MNSD. Deux partis politiques notamment RCPR-AS-SALAM d’Amadou Salifou et Farilla d’Alma Oumarou sont sortis des entrailles du MPR.

Albadé Abouba s’était retrouvé face à ce tourbillon à hauts risques où son leadership était fortement contesté par ses camarades dont des membres fondateurs du parti.

A l’origine de ce malaise traversé  au Jamhuriya, la mauvaise gouvernance et le népotisme dont est accusé le président du parti. En effet, depuis fort longtemps, les réunions statutaires du bureau politique national ne se tenaient plus, selon les adversaires d’Albadé Abouba. Le président du parti est seul à décider des nominations. C’est ainsi que des cadres d’autres partis dont le plus en vue de l’opposition sont nommés au titre de Jamhuriya, rouspètent les militants frondeurs. En outre, des parents proches du président du parti sont nommés à des postes de responsabilités au détriment des militants qui ont trimé pour servir la cause de leur formation politique.

Non seulement, ils ne sont pas associés aux prises de décisions mais ils ne sont pas informés après coup. Le parti fonctionne comme une propriété privée de Albadé, dénonce un militant de la première heure.

La crise d’abord latente est devenue ouverte au point où la section de Zinder dirigée par Alma Oumarou a décidé de retirer toute confiance au président du parti. On apprend que cette section a reproché à Albadé la mauvaise gestion du parti, le non-respect de la démocratie interne et les violations répétées des textes fondamentaux. Il y a plus. Il est reproché au président du parti d’avoir monté une cabale contre des présidents de sections qui lui font ombrage à l’exemple de Alma à travers une campagne de déstabilisation menée par des hommes de mains.

On se rappelle qu’un parti est déjà né de Jamhuriya. Ce parti est dirigé par des figures de proue comme Amadou Salifou, ancien président de l’Assemblée nationale ou encore Kassoum Issa, ancien syndicaliste réputé et bien d’autres frondeurs hier seulement sbires d’Albadé Abouba.

Si Alma donne l’estocade, préviennent certains observateurs, c’est que la coupe est pleine. L’homme est réputé pour sa pondération et sa soumission quasi religieuse aux textes. Et s’il prend cette décision avec sa section, c’est qu’ils ne sont pas seuls. La crise semble profonde. C’est dire que Albadé est sur une pente raide.

La suite est connue : des entrailles du MPR Jamhuriya sont nés deux formations politiques ce qui a fragilisé Sieur Albadé Abouba quand on sait que ce sont les coordonnateurs des autres régions qui ont déserté le parti. Le départ du Secrétaire à la communication du parti, Siradji Issaka pour ne pas le nommer et sa base au PNDS en dit long également sur la profondeur de la crise de leadership au MPR Jamhuriya.

Nul doute que les camarades d’Albadé Abouba boudent son leadership. Les causes sont connues de tous : dysfonctionnement du parti, népotisme et promotion d’antivaleurs au sein du Jamhuriya. En d’autres termes, Albadé Abouba comme Mahamane avec le CDS et bien d’autres dirigeants de partis politiques a mis en avant ses intérêts particuliers au-dessus de ceux de ses camarades concasseurs du MNSD Nassara.

Les observateurs constatent que contrairement à 2016, Albadé Abouba est cette fois-ci candidat à la présidentielle. Dans un commentaire sur la spéculation après l’annonce de la candidature d’Albadé Abouba avant cette date butoir nous écrivions : « En un mot comme en mille, l’annonce de la candidature d’Albadé  Abouba est plus un problème à Albadé lui-même qu’au PNDS contrairement à ce que voudraient insinuer certaines litanies ressassées ça et là. Si hier il a refusé d’être candidat, le bon sens voudrait qu’on se demande, entre-temps, qu’est-ce qui a changé entre Albadé Abouba et son allié principal ? Quels sont les non-dits de la nouvelle posture d’Albadé Abouba ? Comment enfin Albadé Abouba s’est-il subitement retrouvé avec ‘’une tête d’un présidentiable’’ ? Pourtant, n’est-ce pas lui, hier, dans une autre posture qui a tenté de convaincre le peuple du contraire ? ».

 

Tiemago Bizo