L’amélioration constatée dans la gestion de la pandémie du Covid-19 a conduit le gouvernement à assouplir certaines mesures restrictives prises pour empêcher la propagation du virus au Niger. Au rang des interdictions levées, la réouverture des lieux de culte intervenue le 13 mai dernier.

Depuis cette date, l’écrasante majorité des mosquées, surtout dans les grands centres urbains comme Niamey, ont aussitôt rouvert leurs portes, permettant ainsi aux fidèles musulmans de vaquer à leurs occupations religieuses.

Toutefois, le gouvernement en appelle au sens de responsabilité de toute la population dans l’observance des mesures barrières prises dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, étant entendu que « la maladie est toujours là, non encore vaincue ».

Conscient de la persistance de cette menace dans le pays, le gouvernement a jugé utile d’instruire les Gouverneurs des régions, les Préfets et les Maires de « veiller à ce que les chefs religieux exigent des fidèles, le respect des mesures barrières dont entre autres: le lavage des mains au savon ou au gel hydro alcoolique ; la désinfection des lieux de culte avant chaque prière ; l’aération des locaux pendant les prières, le port du masque ou de tout autre dispositif en tenant lieu, l’utilisation du tapis individuel pour les musulmans, l’observance de la distanciation d’au moins un mètre et éviter de se serrer les mains lors des salutations ».

Par ailleurs, l’interdiction a été faite à toute personne présentant des symptômes tels que la fièvre, la toux, le mal de gorge, les douleurs articulaires ou musculaires et les difficultés respiratoires de « se rendre au lieu de culte ».

Pour le gouvernement, il fallait insister sur le strict respect de toutes ces mesures barrières pour éviter une grande contamination des populations au Covid-19.

Au Sénégal, c’est par crainte d’une contamination à large échelle au sein de la communauté musulmane que le Grand Imam de Dakar, El Hadji Alioune Moussa SAMBA, malgré l’allégement des mesures prises par le Chef de l’Etat dans le cadre de la riposte contre la Covid-19, a décidé de maintenir « fermée » la grande mosquée de Dakar.

« Les raisons évoquées pour la fermeture des mosquées restent aujourd’hui plus valables que jamais », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse en date du 13 mai 2020. En outre, devait-il expliquer, « il est de notre responsabilité de veiller à la sécurité sanitaire des fidèles ».

Le grand Liman Alioune Moussa SAMBA de justifier aussi le maintien de la fermeture de sa mosquée par « le manque de moyens pour faire respecter les gestes barrières et éviter une éventuelle contamination dans la grande mosquée de Dakar ».

Une crainte tout à fait justifiée que les Imams et autres Oulémas du Niger devaient eux aussi ressentir devant les risques de contamination qui se développent autour des moquées. Leaders religieux et fidèles musulmans nigériens doivent enfin se convaincre que la crise sanitaire due au Covid-19 est bien réelle au Niger comme dans tous les autres pays au monde.

Ils doivent également se dire que l’assouplissement de certaines mesures restrictives décidées par le gouvernement, dont la réouverture des mosquées ne veut pas dire que la pandémie du Covid-19 a été boutée hors du Niger. Malheureusement, dans toutes les régions du Niger, le mal est bien présent, des cas positifs continuent à être enregistrés dans tout le pays.

Une menace sanitaire face à laquelle le seul moyen de lutte qui existe est d’éviter la contamination en respectant à la lettre, les mesures barrières, édictées par les autorités nationales depuis l’apparition du premier cas au Niger.

C’est en restant vigilants et prudents, par le respect strict des mesures, que nous parviendront à combattre ce mal. Ne baissons pas la garde, continuons à observer les consignes données par les autorités.

Oumar Issoufa

Niger Inter

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