Le Directoire National du Mouvement Patriotique Nigérien (MPN KIISHIN KASSA), réuni ce jour mardi 26 mai 2020 à l’effet d’examiner la situation de l’école nigérienne, fait la déclaration dont la teneur suit :

Avec l’avènement de la 7ième République, les Nigériens sont témoins de la descente aux enfers de plus en plus irréversible de notre école en dépit de nombreuses professions de foi, chantées sur tous les tons.

Ainsi, le Programme Sectoriel de l’Education et de la Formation (PSEF 2014-2024), censé présenter une vision globale et corriger les lacunes du Programme Décennal de Développement de l’Education (PDDE-2003-2013), a plutôt servi à accélérer la déliquescence du système éducatif. Quel gâchis !

Aujourd’hui, tous les nigériens et en premier lieu les professionnels de l’éducation, constatent, avec amertume et impuissance, qu’aucun niveau d’enseignement n’est épargné :

L’Enseignement primaire est devenu, aujourd’hui, un champ d’expérimentations continu et dépourvu de toute planification. Des prétendues innovations et des reformes, les unes plus incongrues que les autres (programme d’urgence, programme de mise à niveau, programme rénové, etc.) sont menées sans concertation aucune avec les acteurs de l’éducation. En réalité, il s’agit plus de colmatage, de tâtonnement et de divagation que de politique éducative sérieuse.

Par exemples, la carte scolaire, le transfert des compétences, la reforme curriculaire sont des échecs patents. Il en est de même du volet alphabétisation dont le taux n’a jamais franchi le seuil de 30%.

Les Ecoles Normales, naguère, centres de formation des enseignants par excellence, ne sont, aujourd’hui, que l’ombre d’elles-mêmes car, sans statut, obligeant, de fait, leurs administrations à des multiples gymnastiques pour faire face à leur mission. Toutes ces difficultés conjuguées impactent négativement, sans nul doute, sur la qualité de la formation.

Les enseignements secondaires se particularisent par une insuffisance notoire d’un personnel qualifié, la pénurie criarde des matériels didactiques, un très fort taux de classes en paillotes en milieu urbain comme en milieu rural.

Les enseignements professionnels et techniques supposés former des jeunes et les outiller pour le marché de travail ont échoué dans leur mission parce que l’Etat a démissionné, laissant le financement quasi exclusif aux seuls Partenaires Techniques et Financiers.

Les établissements professionnels jadis illustres comme, l’IPDR, l’INJS, l’ENA, l’ENSP, l’IFTIC, l’IAI, le Centre ISSA BERI, le Centre de formation KALMAHARO, etc., agonisent et ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.

Au niveau de l’Enseignement Supérieur, comme l’a si bien relevé le Président de la République dans son discours-bilan de neuf (09) ans de gestion du pouvoir, la situation se résume à la création de quatre (04) nouvelles Universités publiques et à la signature de plusieurs arrêtés de création et d’ouverture des Universités et Instituts supérieurs privés.

Pourtant, les nigériens savent que :

Aucune de ces Universités n’est installée dans des infrastructures dignes d’une Université ;

Le peu d’investissement réalisé sur les anciens bâtiments se limite aux colmatages et crépissage des murs ;

Le recrutement des enseignants n’est pas à la hauteur des besoins ;

Les œuvres universitaires fonctionnement péniblement ;

Les étudiants sont logés dans des conditions indignes et leurs bourses et aides sociales aléatoirement payées ;

Les chantiers de construction de salles de classes et d’amphithéâtres durent 3 à 7 ans.

Comme si cela ne suffisait pas, le Gouvernement a provoqué tout au long de l’année des bras de fer, tantôt avec les syndicats des enseignants chercheurs, tantôt avec les étudiants.

C’est dans ce contexte, qu’à l’occasion de la gestion de COVID-19, le Gouvernement a décidé unilatéralement, sans aucune concertation avec les acteurs de l’éducation, de la fermeture, puis de la réouverture des établissements scolaires.

S’agissant de la réouverture des établissements scolaires prévue pour une durée de 45 jours, elle est réellement en porte-à faux avec les normes techniques qui exigent la validation de l’année scolaire à au moins 75% des programmes scolaires exécutés.

Pour l’année scolaire 2019-2020, au niveau de l’enseignement primaire par exemple, le temps effectif d’apprentissage se résume à deux mois de cours (déduction faite de trois mois consacrés au programme dit de mise à niveau portant uniquement sur deux disciplines).

Aussi, les nigériens sont en droit de douter légitimement de l’honnêteté des taux d’exécution des programmes annoncés par le Gouvernement.

Au vu de cette situation calamiteuse de l’école nigérienne, qui nous interpelle tous, et pour sauver l’année scolaire et académique en cours, le MPN-KIISHIN KASSA propose au Gouvernement de :

  1. Arrêter le copier – coller dans la gestion de l’école en lien avec le COVID-19 ;
  2. Organiser une large concertation nationale avec les acteurs de l’éducation pour élaborer un programme réaliste de sauvetage de l’année scolaire et académique en cours ;
  3. Prolonger l’année scolaire et académique pour atteindre objectivement la durée minimale qui permet de valider une année scolaire ou académique ;
  4. Créer les conditions d’un climat social apaisé avec les partenaires de l’éducation afin d’éviter toutes nouvelles perturbations pouvant affecter l’année.

Vive le Niger !

Vive l’école nigérienne !

Vive le MPN-KIISHIN KASSA !

La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons INCHA ALLAH !

Niger Inter

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