Il était 14h 30mn, le dimanche 5 avril 2020, quand des terroristes lourdement armés prirent pour cible la Brigade Territoriale de Gendarmerie de Banibangou, une localité située à 135 km au nord-est de Oualam, dans la Région de Tillabéry. Ils étaient arrivés à bord de nombreux véhicules et autres engins à deux roues avec l’intention ferme de détruire le camp de ladite Brigade, tuer les gendarmes qui l’occupent, s’emparer de leur matériel et s’éclipser en direction, bien évidemment, de la frontière malienne toute proche.

Mais « la riposte spontanée des éléments, en service à la Brigade, a obligé les terroristes à prendre la fuite », souligne un communiqué du Ministère de la Défense Nationale rendu public le 7 avril 2020.

L’attaque a fait, sur place, deux morts du côté de nos Forces de Défense et de Sécurité, deux terroristes tués, neuf autres appréhendés, deux motos et des armes de divers calibres récupérées du côté de l’ennemi.

« Par ailleurs, des éléments de l’opération Almahaou, appuyés par l’aviation de la Force Barkhane, ont spontanément engagé des opérations de poursuite et de ratissage ayant permis la destruction de la quasi-totalité des assaillants », ajoute le Ministère de la Défense Nationale dans son communiqué.

Cette opération de poursuite et de ratissage ayant conduit à la destruction des assaillants et de leur matériel prouve, incontestablement, qu’une synergie d’action entre nos FDS et leurs alliés peut être le moyen le plus efficace à mettre en avant pour combattre avec succès le terrorisme.

Le Ministre de la Défense Nationale salue, d’ailleurs, cet engagement des forces alliées aux côtés de nos FDS et « au nom du Président de la République, chef Suprême des Armées et au nom du Gouvernement, souhaite un prompt rétablissement aux blessés et adresse ses vives félicitations à nos vaillants soldats, dont la bravoure et la détermination ont permis de mettre en déroute l’ennemi ».

Tout comme à Banibangou, cette localité nigérienne située en plein cœur de la ‘’Zone des Trois Frontières’’, où nos FDS ont écrasé, avec le soutien de nos alliés, les terroristes qui les ont attaquées le 5 avril 2020, la même stratégie opérationnelle de mutualisation des forces a prévalu pour anéantir les éléments de la secte djihadiste Boko Haram dans les îles du Lac Tchad à l’extrême sud-est de notre pays.

En effet, d’après un second communiqué provenant du Ministère de la Défense Nationale, « dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le Ministre de la Défense Nationale a rencontré à Diffa le 24 mars 2020 son homologue du Tchad pour décider d’une opération bilatérale. Cette opération lancée le dimanche 29 mars 2020 se poursuit actuellement dans la région du Lac Tchad contre le groupe terroriste Boko Haram ».

En rappel, ce sont des éléments de Boko Haram qui ont conduit, le 23 mars 2020, un assaut sanglant à Boma dans les îles du Lac Tchad ayant causé la mort de 98 soldats tchadiens. Idris Deby Itno, le Président tchadien, s’est, à cette occasion, rendu sur place pour constater de lui-même l’ampleur du désastre et, pour la laver l’affront commis par Boko Haram contre son armée, a monté ‘’l’Opération Colère de Boma’’.

C’est de cette opération que parle le communiqué du Ministère de la Défense Nationale, opération pour le succès de laquelle tous les pays frontaliers du Lac Tchad (Niger, Nigéria et Cameroun) ont coopéré en prêtant leurs territoires à l’armée tchadienne et en coupant tous les réseaux de communication se trouvant dans la zone, sans compter les coups de mains militaires mutuels pendant les combats contre la nébuleuse. Ce qui, incontestablement, a permis de libérer toutes les îles du Lac Tchad des mains de Boko Haram.

Du même communiqué on apprend qu’aucun de nos soldats n’a perdu la vie, mais, du côté de l’ennemi, « des caches d’armes, plusieurs pirogues et des plots logistiques détruits, des îles servant de base aux terroristes bombardées par l’Armée de l’Air notamment Tumbun Naira, Kanama, Doro Lelewa et Shilaya ».

Toujours dans les îles du Lac Tchad, parallèlement à la ‘’l’Opération Colère de Boma’’, au 6 avril 2020, dans le cadre, cette fois-ci, d’une opération de la Force Multinationale Mixte, « les Forces nigériennes et nigérianes ont infligé de lourdes pertes aux terroristes dans les îles de Tumbun Fulani et Tumbun Rago, situées à environ 30 km au Sud de Bosso », explique le Ministère de la Défense Nationale.

Il ajoute dans son communiqué, « dans le cadre de cette même opération, nos éléments du Bataillon Spécial d’Intervention appuyés par des avions de reconnaissance, se sont opposés à une colonne de sept véhicules terroristes dans la zone d’Arege (Nigeria). Au cours du combat qui s’en est suivi, le bilan est comme suit : Cinq (05) terroristes neutralisés, une moto et un véhicule détruits, un véhicule et une moto saisis, des armes et des munitions récupérées ».

L’opération a été conduite sans qu’il y ait de perte en vies humaines du côté de nos soldats. Tout en apportant ses encouragements à nos FDS, « au nom du Président de la République, Chef Suprême des Armées et au nom du Gouvernement », le Ministre de la Défense Nationale « saisit cette opportunité, pour saluer l’exemplarité de la coopération avec les Forces alliées, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, aux côtés des Forces de Défense et de Sécurité Nigériennes », apprend-on dans le communiqué.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi le 20 octobre 2011 et la débâcle de son armée face aux insurgés appuyés par les forces de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), de nombreuses casernes militaires libyennes ont été abandonnées avec un arsenal gigantesque et intact.  Ce qui a eu pour conséquence, l’installation d’un large trafic d’armes qui, jusqu’à nos jours, alimente de nombreux foyers de tension un peu partout en Afrique.

Les premières victimes ont été, sans conteste, les pays du Sahel, pays qui virent monter en puissance, sur leur propre sol, des groupes armés tout à fait inhabituels se proclamant d’obédience djihadiste. Ces derniers soumirent les populations locales à de nombreuses atrocités qui, au bout du compte, entraînèrent des dizaines de milliers de morts, des réfugiés et des personnes déplacées par centaines de milliers.

Les attaques récurrentes de ces organisations terroristes contre les positions des armées des pays du Sahel et les populations civiles ont conduit les Etats à se mettre ensemble pour les combattre avec l’aide de nombreuses forces étrangères comme celles de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis, etc. C’est cette coopération entre les différentes forces régulières en présence dans le Sahel qui, certainement, est à l’origine, c’est derniers temps, de toutes les victoires de nos armées face au terrorisme.

Bassirou Baki Edir

Niger Inter

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