Je voudrais donner ici ma position personnelle sur ce commerce en réseau, une position qui n’engage que ma propre et modeste personne.

Sachez que les pays et les individus (à part le Prophète Mouhammad prière et salut d’Allah sur lui) ne constituent pas d’arguments qui autorisent à faire ou à ne pas faire quelque chose en matière d’Islam. Si le Prophète prière et salut d’Allah sur lui a recommandé de suivre sa Sounnah (pratique) et celle des Califes bien guidés (Abou Bakr Aç-çiddîq, Oumar ibnoul Khattâb, Ou’smane ibnou A’ffâne et Ali ibnou Aby Tâlib qu’Allah les agrée tous), c’est parce qu’il est convaincu de leur piété et de leur respect strict des recommandations islamiques si bien qu’il est hors de question pour eux de pratiquer quelque chose non conforme au Coran et à la Sounnah du Prophète prière et salut d’Allah sur lui. Donc leur Sounnah n’est autre que celle du Prophète prière et salut d’Allah sur lui.
Ainsi, ce n’est pas parce qu’un tel pays ou tel cheikh pratique telle adoration ou telle transaction commerciale, que je vais le suivre dans sa pratique sans connaître l’argument religieux sur lequel il se fonde. Allah le Très Haut a dit en s’adressant à quiconque affirme ou infirme quelque chose en matière d’Islam:
قُلْ هَاتُوا بُرْهَانَكُمْ إِنْ كُنتُمْ صَادِقِينَ

«Dis: donnez votre preuve si vous êtes véridiques (dans ce que vous affirmez ou infirmez)». Sourate 2, verset 111.
Il faut donc une preuve pour confirmer ou infirmer une pratique en Islam et la preuve ne se fabrique pas, elle ne peut provenir que des sources authentiques de l’Islam notamment du Noble Coran, de l’Authentique Sounnah et de l’Unanimité de la Oummah. Telles sont les sources contraignantes de l’Islam dont le respect incombe à tout musulman. Il y a d’autres sources islamiques comme l’idjtihâd et le Qyas (l’effort d’interprétation et l’analogie) dont le respect par le musulman, n’est pas contraignant comme pour les trois premières sources.
Revenons à notre sujet pour dire qu’il a été constaté ces derniers temps dans notre pays (le Niger) et plus particulièrement à Niamey, le développement ou expansion d’un commerce en réseau appelé QNET dont l’arrivée au Niger ne date pas en réalité d’aujourd’hui mais c’est cette année qu’il a connu un tapage social presqu’irritant au point d’avoir suscité des interrogations chez les musulmans sur son caractère licite ou illicite eu égard à l’Islam.

Il y a déjà un an de cela que certaines de mes élèves m’avaient interrogé sur son jugement en Islam et j’ai reçu cette année (et continue de recevoir) des questions venant des parents, des connaissances, des hommes, des femmes, des frères et sœurs en Islam… sur le sujet.

Devant l’insistance des uns (à avoir une réponse sur la question) et l’acharnement des autres à embarquer tout le monde dans le bateau obsessionnel du QNET (ma famille et moi y compris), j’ai consacré une bonne partie de mon temps à lire les différents avis des Oulémas sur la question. J’ai alors constaté que certains de ces (Mouftis c’est-à-dire ceux qui donnent des avis islamiques) répondaient à la question sans même essayer de comprendre de quoi il s’agit et que d’autres ont poussé les recherches sur la question avant d’arriver à une conclusion.
A la lumière des argumentations que j’ai lues et/ou entendues pour ou contre le QNET, j’ai décidé de garder une position neutre par rapport à ce genre de commerce. Je ne l’autorise ni ne l’interdis à personne mais je demande à chaque musulman (tenté de pratiquer ce commerce) de considérer ces deux recommandations prophétiques ci-après avant de prendre sa décision:

دَعْ ما يَريبُك إلى ما لا يَريبُكَ
«Laisse ce qui te fait douter pour ce qui ne te fait pas douter». Rapporté par Attirmizy.
C’est-à-dire laisse la chose sur laquelle tu as un doute par rapport à son fondement, à sa licéité (caractère licite)… et opte pour la chose sur laquelle tu n’as aucun doute par rapport à son fondement, à sa licéité…
إنَّ الحَلالَ بيِّنٌ وإنَّ الحَرامَ بيِّنٌ وبينَهمَا مشْتَبَهَاتٌ لا يعْلَمُهُنَّ كثيرٌ من الناسِ . فمنْ اتَّقَى الشبهَاتِ استَبرَأَ لدينِهِ وعِرضِهِ . ومن وقعَ في الشبهَاتِ وقعَ في الحرامِ . كالراعِي يرعَى حولَ الحِمَى يوشِكُ أنْ يَرْتَعَ فيهِ . ألا وإنَّ لكلِ ملِكٍ حِمًى . ألا وإنَّ حِمَى اللهِ محَارِمُهُ . ألا وإنَّ في الجَسَدِ مُضْغَةً، إذا صَلَحَتْ صَلَحَ الجَسَدُ كُلُّهُ وإذَا فَسَدَتْ ، فسدَ الجَسدُ كُلُّهُ . ألا وهِيَ القَلبُ

«Certes, le licite est évident et l’illicite est évident. Entre les deux, il y a des choses équivoques que beaucoup de gens ignorent. Ainsi quiconque se met à l’abri des choses équivoques, préserve sa religion et son honneur. Et quiconque se laisse tomber dans les choses équivoques, tombera dans l’illicite, comme le berger qui fait paître son troupeau autour d’un enclos réservé, risquant (à tout moment) de l’empiéter. Or, chaque souverain a un domaine réservé: celui de d’Allah est l’ensemble de Ses interdits. N’est-ce pas qu’il y a dans le corps humain un morceau de chair, s’il est bon, tout le corps le sera et s’il est corrompu, tout le corps le sera ? N’est-ce pas que c’est le cœur?». Rapporté par Alboukhary et Mouslim.

Qu’Allah purifie nos cœurs et les remplisse de lumière! Qu’Il nous montre clairement la vérité et nous aide à la suivre! Qu’Il nous montre clairement le faux et nous aide à l’éviter! Qu’Il nous accorde une foi bonne et correcte, une santé permanente, une richesse licite, abondante et bénie grâce à laquelle Il nous met à l’abri de tout besoin vis-à-vis de Ses serviteurs. Qu’Allah nous accorde davantage la paix, la sécurité et la tranquillité morale et physique en nous-mêmes, dans nos familles, notre pays et l’Humanité! Allahoumma amîn!

Cheikh Boureima Abdou Daouda
Niamey, le 18 mai 2015

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