Centre de transmission terrestre de Niamey. © Tagaza Djibo pour Jeune Afrique

Niger : fini le désert numérique ?

Avec l’installation de 2 275 km de fibre optique et de 136 bornes GSM, internet et la téléphonie mobile devraient passer à la vitesse supérieure dès 2016.

Les travaux d’installation du réseau national de fibre optique ont été lancés à la mi-juin à Tillabéri, chef-lieu de la région du même nom, à 120 km au nord-ouest de Niamey. Une fois encore, le financement est venu de Chine : l’Eximbank a accordé au Niger un prêt préférentiel de 58 milliards de F CFA (plus de 88 millions d’euros) à un taux d’intérêt de 1 % sur vingt ans. Ce qui ne manque pas de faire grincer des dents dans l’opposition, du côté des défenseurs de l’indépendance économique nigérienne.

Au-delà de la polémique, le chantier mené par China International Telecommunication Construction Corporation va considérablement réduire la fracture numérique dont souffre le Niger, où les utilisateurs d’internet représentaient à peine 2 % de la population l’an dernier, soit le plus faible taux de la zone UEMOA. Le projet comprend en effet l’installation d’un réseau de 2 275 km de fibre optique (complété par un réseau ADSL pour 51 000 abonnés) et de 136 bornes émettrices GSM, qui vont doper la connectivité aux services internet et de téléphonie mobile.

Grâce aux travaux en cours, le pays va disposer de sa propre dorsale nationale en fibre optique.

Plan

Géré par la Société nigérienne des télécommunications (Sonitel), l’opérateur historique des télécoms, le projet fait partie du Plan de développement économique et social (PDES) 2012-2015 et de la politique sectorielle des télécommunications et technologies de l’information et de la communication (TIC), adopté en avril 2013 par le gouvernement.

Enclavé, le Niger n’a pas de rivage pour tirer son propre câble sous-marin.

Plusieurs chantiers lui ont déjà permis de se raccorder aux réseaux de la plupart de ses voisins, à commencer par celui de l’interconnexion avec le Burkina Faso, réalisée en 2012 avec l’aide de l’opérateur burkinabè Onatel, qui l’a relié à SAT3/ WASC (câble sous-marin irriguant la côte atlantique du continent en haut débit, depuis l’Europe jusqu’en Afrique du Sud).

Mais grâce aux travaux en cours, le pays va disposer de sa propre dorsale nationale en fibre optique, tout en améliorant la couverture et les performances des réseaux ADSL et GSM.

L’objectif est évidemment de donner aux particuliers, aux entreprises et à l’Administration l’accès à un service haut débit de qualité

Les pouvoirs publics espèrent porter le taux de couverture nationale à 72 % dès 2016 (contre 54 % en 2010) et celui de pénétration des TIC à 50 % (contre 25 % en 2010). L’objectif est évidemment de donner aux particuliers, aux entreprises et à l’Administration l’accès à un service haut débit de qualité, indispensable au développement de l’économie comme à celui de la société. Et l’État pourra aussi intégrer de nouvelles applications – téléprésence, VoIP (téléphone par internet), etc. – à son programme d’e-gouvernance.

Mathieu Olivier

Jeune Afrique