La question est sur toutes les lèvres. Si les évènements survenus dans la nuit du 28 au 29 août dernier à la base aérienne 101 de Niamey restent un sujet très sensible, il n’en demeure pas moins que dans les petits cercles de causerie, les populations continuent à s’interroger sur les contours de cette dramatique situation qui a tiré la population de la capitale de son sommeil cette nuit-là.
En effet, c’est aux alentours de minuit vingt minutes que les crépitements d’armes à feu ont déchiré le silence de la nuit. Les premières impressions ont orienté vers une attaque terroriste. Quand les premières rafales d’armesa automatiques ont détonné, pour la population de Niamey, il s’agirait vraisemblablement d’une attaque terroriste comme lors des précédentes, intervenues sur les installations de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey.
Mais les fracas des armes lourdes allaient tout de suite intriguer les premiers témoins. Des bruits assourdissants attribués, selon toute vraisemblance, aux tirs des canons ou des engins blindés. Contrairement aux attaques terroristes qui durent quelques instants avant que les assaillants ne se replient, les bruits de tirs ont duré toute la nuit, sans interruption et se sont poursuis la matinée jusqu’en début de soirée du 29 août dernier.
La peur cède à la spéculation
Passées les premières angoisses, au sein de l’opinion, on scrute le sens de ces mouvements militaires. S’agit-il d’un coup d’État ? Ou d’un simple mouvement d’humeur des soldats ? Les contacts au téléphone et les messages vont dans tous les sens. La population revenue de ses premières peurs essaie de comprendre ce qui se passe. Au petit matin, la population découvre que le signal du médias public (RTN) est absent. La Radio et télévision nationale est entre les mains d’un groupe de soldats, indique-t-on. L’hypothèse d’un coup d’État prend forme.
Plus tard, le signal de la RTN est rétabli. Un communiqué du ministère de la défense nationale est lu par le présentateur de la télévision qui parle de l’action « d’un groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire » et qui a séquestré d’autres militaires dans la base 101 et effectué des tirs sur certains sites sensibles.
« Sites sensibles » ? Le communiqué ne donne pas plus de précisions mais il rassure la population, appelée à vaguer à ses occupations. Mais plusieurs sources indiquent que le palais de la présidence a été aussi la cible des attaques des militaires. Cependant, d’autres sources vont plutôt faire cas d’une mutinerie des militaires. On parlera alors des éléments des forces spéciales qui se seraient retranchés dans la base 101. On parlera aussi des éléments de la Garde présidentielle qui s’activent à libérer la base. Dans l’après-midi du samedi, toute la situation est revenue au calme et la vie normale a repris dans les quartiers de la capitale, y compris les quartiers de l’aéroport,Tallage Pays Bas qui jouxtent le site de la base aérienne101.
L’ordre républicain mis à rude épreuve
Mutinerie ou tentative de coup d’État ? La question n’est pas encore tranchée. Depuis le premier communiqué qui a parlé d’un groupe de militaire en rupture avec le règlement militaire, aucun autre communiqué n’est encore intervenu. L’opinion attend encore plus de précisions sur les contours ou les auteurs des évènements du samedi 29 août dernier. Un communiqué gouvernemental qui aura l’avantage de couper court à toute spéculation et aux développements des rumeurs et autres fausses accusations qui ont cours depuis ces dernières 48h. pendant ce temps, des déclarations de soutien au CNSP et au gouvernement sont enregistrées et une grande marche de soutien est annoncée pour les prochains jours à Niamey.
Une déclaration très officielle pourrait ainsi intervenir à cette occasion. Ce qui est sûr, c’est que quel que soit le scénario, mutinerie ou tentative de coup d’État, les évènements des 29 août ont porté un coup dur à l’image d’une véritable armée républicaine et respectueuse des institutions de la République. Les assaillants de la base aérienne 101 ont pesé sur l’ordre républicain. Ce qui ne manquera pas de donner un costaud sujet de réflexion pour la Refondation. Comment mettre sur pied une armée républicaine qui se cantonnera à son rôle essentiel de défense de l’intégrité du territoire ?
Ibrahim Elhadji dit Hima


