Journée du paysan : Une plateforme d’échanges fructueux entre le Chef de l’État et le monde rural

 

 

Trois jours après l’ouverture de la semaine du paysan nigérien par le Premier Ministre à Margou Béné, département de Birni N’gaouré dans la région de Dosso, le Président de la République Mohamed Bazoum a présidé, ce jeudi 25 novembre 2021,  la célébration de la journée du paysan. Véritable rendez-vous d’échanges entre les producteurs agricoles et décideurs politiques, cette journée a permis au Chef de l’État d’annoncer les actions concrètes à mener face au déficit de la campagne agricole 2021.

Ils sont plusieurs délégués d’organisations paysannes venues des 265 communes du Niger pour mettre en relief les défis auxquels font face le monde rural.

La présente journée du paysan couplée avec l’université paysanne lancée le 22 novembre 2021, constituent toutes deux, les principales composantes de la semaine du paysan.

Dans son mot de bienvenue, le gouverneur de la région de Dosso, M. Albachir Aboubacar a exprimé toute la gratitude du monde paysan pour avoir choisi la commune rurale de Margou Béné, située dans le département de Birni N’gaouré dans la région de Dosso.

La 2è édition de cette semaine du paysan, organisée par la Plateforme du Paysan Nigérien (PFPN), s’articule autour du thème : ‹‹ rendre attractif le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique dans un contexte de changement climatique et d’insécurité ››. Un thème qui cadre aussi bien avec les conditions difficiles de l’heure, conditions liées surtout au dérèglement climatique et à l’insécurité. Comme l’a martelé le ministre de l’agriculture Dr Alambedji Abba Issa, cette journée du paysan se tient dans ‹‹ un contexte particulier avec la campagne agro-sylvo-pastorale et hydraulique 2021 qui n’a pas répondu aux attentes de nos laborieuses populations rurales ››.

En effet, faut-il le rappeler, la campagne agricole de cette année a été caractérisée par une insuffisance de pluies avec à la clé, ‹‹ des bilans céréaliers et fourragers lourdement déficitaires ››, a noté le ministre de l’agriculture.

Ainsi, face à cette ombre d’insécurité alimentaire qui plane à l’horizon sur plusieurs millions de concitoyens, de même que du cheptel, le Président de la République a instruit le Premier Ministre, de formuler un plan d’urgence comprenant toutes les actions nécessaires afin de prévenir les effets néfastes de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.

Les conclusions des travaux

Après trois jours d’échanges et de concertation entre les délégués des 265 communes, hommes et femmes ainsi que représentants des services publics, les conclusions des travaux sont présentées au Chef de l’État.

Sur le plan financier, les paysans plaident pour l’amélioration de l’accès au financement agricole à travers la BAGRI ( Banque Agricole du Niger) et du Fisan ( Fonds d’Investissement pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle).

En ce qui concerne les intrants, les agriculteurs en appellent à l’amélioration de l’offre, la disponibilité et l’accessibilité en augmentant la subvention publique en engrais et semences et la mise en place du fonds commun des engrais.

Par ailleurs, pour promouvoir la production de l’engrais organique, ceux-ci encouragent l’initiative de l’État à ‹‹ créer deux usines de mélange des engrais et la création d’une usine pour l’exploitation du phosphate de Tahoua ››.

Sur le changement climatique, les paysans soutiennent le renforcement des initiatives technologiques appropriées par nos capacités économiques, tout en invitant à une prise de conscience par la plateforme et ses membres d’une part, des élus et opérateurs économiques locaux d’autre part, sur la gestion durable des ressources naturelles ainsi que l’implication dans l’élaboration des programmes publics pour la mobilisation des fonds climat carbone.

Pour cela, les organisations paysannes ont sollicité une meilleure implication et la responsabilisation des exploitations familiales et leurs organisations paysannes dans la définition et la mise en œuvre des projets programmes publics et autres partenaires face aux effets du changement climatique, grâce au financement du fonds climat vert.

À la faveur du potentiel existant, les paysans ont relevé la nécessité pour les gouvernants ‹‹ d’apporter une attention particulière à l’aquaculture ››.

S’agissant de la politique foncière, les organisations paysannes ont formulé le vœu de voir ‹‹ l’adoption rapide des différents décrets d’application qui faciliteront sa mise en œuvre ››. Ils ont aussi soulevé les contraintes que rencontrent les éleveurs nigériens dans le cadre de la transhumance transfrontalière et d’insécurité, les paysans en appellent à la réorganisation de la transhumance en interne et la dotation du secteur de moyens conséquents pour la création d’infrastructures d’accueil et la promotion fourragère à travers l’irrigation.

Par rapport à l’insécurité alimentaire consécutive à la campagne agricole 2021 déficitaire, il ressort des échanges, ‹‹ la nécessité de faire la promotion de l’agriculture par irrigation, pouvant garantir durablement la sécurité alimentaire ››.

Sur le plan sécuritaire, les organisations paysannes ont sollicité le soutien de ses membres des exploitations familiales, qui ont été contraints de fuir, à cause des groupes armés.

Autre résultat à mettre à l’actif de ces trois jours d’échanges entre organisations paysannes est ‹‹ le mariage entre la recherche, la BAGRI et le FISAN, les services techniques et l’APCA (Agence de Promotion du Conseil Agricole) pour que dorénavant nous puissions travailler dans l’harmonie et la concertation ››, a annoncé le président des organisations paysannes.

Des actions concrètes annoncées par le Président Bazoum

Prenant la parole et en s’adressant au monde paysan présent à cette occasion, le Chef de l’État a exprimé avoir pris acte des conclusions des travaux des organisations paysannes ainsi que les doléances formulées, tout en  s’engageant de ce fait à œuvrer pour leurs réalisations. C’est pourquoi déclare le Président Bazoum, le plan d’urgence est une réponse au déficit de la campagne agricole 2021.

Ainsi, entre autres mesures prises par le Président de la République, on peut noter sa volonté d’œuvrer à ce que les décrets d’application en faveur de la mise en œuvre du code foncier soit signé sous peu. D’ores et déjà, pour parer à toute menaces d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, le Président de la République a annoncé la mise à la disposition de la population d’ici mars 2022 l’installation de points de vente des céréales à prix modéré. Toutes choses permettant ainsi de combler le déficit de la campagne agricole de l’année en cours.

À l’issue de la cérémonie d’ouverture, le Chef de l’État a visité les différents stands puis échangé avec les exposants. Il a enfin procédé à l’inauguration de la maison du paysan baptisée Maison du Paysan Dr Ouendeba Botorou.

Koami Agbetiafa