Le rapport de la situation sur l’épidémie du choléra au Niger, publié le 20 septembre 2021, par la Direction de la Surveillance et de la Riposte aux Épidémies (DSRE) du ministère de la santé publique, indique que « la maladie demeure encore un véritable problème de santé publique ». Pour preuve, la dernière mise à jour dudit rapport fait état de 4 813 cas, soit 34 nouveaux cas de plus que le dernier rapport en date de 18 septembre 2021.

Six régions sont touchées par l’épidémie du choléra au Niger, à savoir : Dosso, Maradi, Niamey, Tahoua, Tillabery et Zinder. Le même document indique un taux de létalité à 3% pour 151 décès enregistrés.

Selon la dernière mise à jour, la région de Maradi demeure la plus touchée avec 540 cas de choléra entre le 11 et le 20 septembre 2021 et les foyers actifs sont Guidan Roumdji, Madarounfa et Maradi ville.

Mais en tenant compte de la dynamique de l’épidémie du choléra au Niger, du 13 mars au 20 septembre de l’année en cours, la région de Tahoua a enregistré plus de décès, 63 contre 47 décès pour la région de Maradi.

De l’avis du Dr Hanki Yahaye, médecin infectiologue à l’hôpital national de Niamey, ‹‹ l’épidémie du choléra demeure un grand problème de santé publique au Niger ››, car l’épidémie s’est accrue dans le pays avec plus des cas.

Pour rechercher les causes de cette flambée des cas de choléra, Dr Hanki Yahaye explique que cela est essentiellement lié au ‹‹ brassage très élevé entre les communautés au Niger, avec les moyens de transport, les déplacements des populations qui se font tous les jours entre les régions ››.

Ce qui explique davantage le risque élevé de transport de germes de l’agent causal de transmission, dénommé Vibrio Choolerae, d’un passager à un autre.

Le choléra étant une maladie très contagieuse, les voies de contamination d’un individu à un autre sont très bien connues. Il s’agit des mains souillées, de l’eau contaminée, la nourriture contaminée ainsi que les pratiques funéraires.

Ce que Dr Hanki Yahaye appelle ‹‹ le Péril Fécal, la maladie des 4F : Feces, Food, Follies et Fingers ››, ou ‹‹ fécal, nourriture, foule et les mains ››.

Selon le médecin infectiologue, le Niger a connu sa première épidémie de choléra en 1971. Depuis lors, la maladie sévit avec des périodes de flambées épidémiologiques. La dernière grande épidémie, indique-t-il, ‹‹ remonte en 2018 avec environ 3 822 cas dont 78 décès à la date du 25 novembre 2018 dans les régions de Maradi, Tahoua, Dosso et Zinder ».

En cette année 2021, l’épidémie du choléra a officiellement été déclarée, le 9 août dernier, par le ministre de la santé publique, Dr Idi Illiassou Mainassara, à travers un communiqué de presse.

Il faut également ajouter que l’épidémie du choléra au Niger rime généralement avec la saison des pluies et son lot d’inondations.

Le choléra, malgré son caractère de haute contagiosité, peut aussi être évité par l’application des règles d’hygiène et de propreté.

À ce propos, le ministère de la santé publique a mis à l’avant-garde de la lutte contre la maladie, la sensibilisation des populations, une sensibilisation axée sur le strict respect des mesures préventives, notamment l’hygiène des personnes et de l’environnement.

Et Dr Hanki Yahaye d’ajouter à cela, « la lutte contre le péril fécal et la consommation d’eau et d’aliments sûrs, pour éviter le choléra ».

Koami Agbetiafa

Niger Inter

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