Décroissance du réseau fixe ; hausse des abonnés de la téléphonie mobile ; hausse du taux de pénétration de la téléphonie mobile ; progression de l’accès global à internet ; augmentation du chiffre d’affaires des opérateurs par rapport à 2019. Tel est l’essentiel du Rapport annuel 2020 de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) présenté à la presse ce jeudi 8 juillet 2021 par Mme Béty Aïchatou Habibou Oumani, présidente du Conseil national de régulation des communications électroniques et de la poste (CNRCEP) en présence des membres du Conseil et du Directeur général.

Au Niger, le secteur des communications électroniques dénombre à la date du 31 décembre 2020, quatre opérateurs titulaires de licence d’établissement et d’exploitation des réseaux et services de télécommunications ouverts au public et un opérateur détenteur de licence d’infrastructures de télécommunications.

Décroissance du réseau fixe, hausse du parc d’abonnés mobile

Au cours de l’exercice 2020, le parc d’abonnés fixe a connu une baisse de 18 952 abonnés par rapport à l’année 2019 soit 11,4% « confirmant ainsi la décroissance du réseau fixe observée partout ailleurs », a dit Mme Béty Aïchatou Habibou Oumani.

Le parc d’abonnés mobile a quant à lui connu une hausse de 86 703 abonnés soit 7,5% par rapport à l’année 2019. « Le taux de pénétration de la téléphonie mobile est de 53,64%, soit une hausse de 1,74% point par rapport à 2019, alors que le taux de pénétration de la téléphonie fixe est de 0,64%, soit une baisse de 0,36% point pour la même période », a-t-elle indiqué.

Quant à l’accès global à internet, qui est de 30,10%, il a connu une progression de 5,57 point par rapport à l’exercice 2019. « Le chiffre d’affaires de l’ensemble des opérateurs est de deux cent trente-deux milliards huit cent soixante-dix-sept millions cinquante-sept mille trente-trois francs (232 977 057 033) », a dit la présidente du CNRCEP. « On constate une nette augmentation par rapport à 2019 où il était de 219 505 858 387 FCFA, soit un accroissement de 6% », a-t-elle ajouté.

CELTEL NIGER SA domine le marché (41%) suivi de ZAMANI COM SA (26%), d’ATLANTIQUE TELECOMS NIGER SA (24%) et de l’opérateur historique NIGER TELECOMS SA (9%).

Les opérateurs détenteurs de licence ont réalisé des investissements estimés à quatre-vingt milliards cinq millions cinq cent quatre-vingt mille set quatre-vingt-deux francs (90 005 580 782 FCFA).

Concurrence déloyale dans le secteur de la poste

Outre le secteur des télécommunications, le Rapport 2020 de l’ARCEP s’est également intéressé au secteur de la poste. L’activité postale au Niger est menée par l’opérateur historique auquel s’ajoutent deux opérateurs légalement reconnus.

En 2020, le chiffre d’affaires des trois opérateurs réunis s’élève à 3 160 034 515 FCFA. « Au cours de cet exercice, l’opérateur historique a effectué des investissements de 406 310 625 FCFA », a dit la présente du CNRCEP.

Toutefois, l’activité postale reste marquée « par la persistance d’une concurrence déloyale », constate Mme Béty Aïchatour Habibou Oumani. Il s’agit notamment des compagnies de transport interurbain qui s’adonnent à l’activité postale sans disposer de licence. « En attendant l’adoption du document de politique sectorielle de la Poste, l’ARCEP continue à mener des actions de surveillance et de sensibilisation auprès des principaux acteurs », a-t-elle indiqué.

Rôle déterminant des entreprises des télécommunications

L’ARCEP a par ailleurs noté le rôle déterminant joué par les entreprises du secteur des communications électroniques. Ce qui a permis aux administrations « de continuer à fonctionner et à de nombreuses personnes d’adopter le télétravail, lors du confinement observé dans la lutte contre la COVID-19 », s’est réjoui la présidente du CNRCEP.

Selon elle, il s’avère nécessaire de déployer une stratégie visant à répondre à la demande croissante en bande passante et en équipements de visioconférence.

Sur le plan administratif, Mme Béty Aïchatou Habibou Oumani a salué l’élaboration de la stratégie de régulation 2020-2030 et du plan stratégique 2020-2024 « qui garantiront une orientation pointue des activités de l’ARCEP et contribuer ainsi à la satisfaction des attentes des autorités et des utilisateurs.

Ainsi, dans la quête permanente d’amélioration des performances des secteurs des communications électroniques et de la poste, l’ARCEP recommande de supprimer la TATTIE pour stimuler les investissements dans le secteur des communications électroniques ; d’élaborer une stratégie nationale haut débit ; et d’accélérer l’adoption des textes réglementaires relatifs au secteur postal.

En perspectives, l’ARCEP entend poursuivre l’acquisition des équipements et plateformes de contrôle, d’élaborer la cartographie des zones de dénombrement sur la période 2021-2022, de mettre en œuvre et suivre les initiatives de Free Roaming et de mener l’étude sur la probabilité des numéros.

Almoustapha Aboubacar

Niger Inter

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