Depuis 2015, la Région de Diffa est confrontée par une très grande insécurité. Des milliers de personnes ont été chassées de leurs villages par les terroristes de la secte islamiste Boko Haram. Des camps géants ont été érigés un peu partout dans la région pour les accueillir. L’Etat d’urgence y a été proclamé, le couvre feu, décrété et les marchés, fermés. L’économie locale a pris un grand coup. Curieusement, la population locale n’a pas cédé à la fatalité mais, avec fermeté et courage, elle a fait face.

Avec le retour progressif de la paix constaté ces derniers temps, les activités commerciales ont repris peu à peu. Un exemple patent : la réouverture du marché à poisson de Nguigmi et celui de Diffa, alors qu’ils étaient restés longtemps fermés pour cause d’insécurité. Des cérémonies de pose des premières pierres, pour construire à leur place des nouveaux beaucoup plus modernes, ont été organisées.

A Diffa, un petit tour dans le marché local permet de se rendre compte que cette paix est un fait réel. Les transactions commerciales se déroulent dans la quiétude comme au bon vieux temps.

La paix est de retour progressivement dans la région, c’est indéniable. Pour les personnes déplacées, l’heure est au retour vers le bercail abandonné pour des raisons sécuritaires. « Je suis très contente de retourner chez moi de telle sorte que manger même ne m’a pas intéressé toute la journée », se flatte une jeune dame  du village de Gagam rencontrée dans un camp de fortune.

«  Nous allons retourner chez nous, tous ensemble, retrouver notre village. Cela fait trois ans que nous l’avons abandonné dans la précipitation. Nous avons fui la guerre. On a brûlé nos maison, on a tué nos proches parents alors que nous, nous ne connaissons pas la guerre, on a vu juste des terroristes nous tomber dessus comme des fous », ajoute-t-elle.

Beaucoup de personnes déplacées s’apprêtent à retourner dans les terroirs qu’elles ont perdus depuis l’aube de la guerre que Boko Haram a déclenchée dans la région. A Baroua, c’est déjà chose faite. Grâce au soutien des autorités, les populations locales ont regagné ce village qu’elles ont fui en 2015 à cause des assauts répétitifs de la secte djihadiste nigériane.

Pour Moustapha Arimi, un leader d’opinion vivant à Diffa, le retour de la paix dans la région est à mettre à l’actif des autorités en place au Niger et  au Nigéria. « Nous estimons que Dieu nous a donné beaucoup chance d’avoir des dirigeants qui ont le sens de la justice et qui tiennent leur promesse. Ils ont promis de faire retourner tous les réfugiés et déplacés chez eux au Niger et au Nigéria. Notre Président de la République Mohamed Bazoum et le Gouverneur de l’Etat de Borno ont, en tout cas, fait cette promesse depuis qu’ils étaient en campagne électorale. De toutes les façons, tout est une question de volonté. Sans la volonté, rien n’est possible même la prière que nous faisons au quotidien ».

Pour Aboubey Warzagan Adamou, le Préfet de Diffa, « pour tous ceux qui se sont déplacés pour cause d’insécurité, la volonté politique y est pour les faire regagner leurs villages. Le Président de la République, à travers tout son Gouvernement, a donné l’ordre de ramener toutes les personnes qui se sont déplacées dans leurs villages d’origine. Ce retour, elles l’ont demandé au Président de la république depuis 2017 pendant qu’il était Ministre de l’Intérieur mais, les conditions ne s’y prêtaient pas. Cette fois-ci, les conditions semblent être réunies et la volonté politique aidant, les populations ont compris que vaut mieux qu’elles retournent chez elles pour reprendre leurs activités ».

Ce retour au bercail des populations de Diffa permettra à celles-ci de renouer, certainement, avec la culture du poivron, un aliment très prisé au Niger et au-delà de nos frontières. L’essentiel de la richesse locale est tirée de la production de cette denrée en plus de la pêche et de l’élevage.

Abdoul Aziz Moussa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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