Le 4 avril dernier, le Président de la République, Mohamed Bazoum a rencontré une délégation des membres de la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HALCIA) conduite par son Président, Monsieur Gousmane Abdourahamane. Cette délégation est composée des commissaires, du Secrétaire Général et du Directeur des Investigations. Cette audience, passée presque inaperçue, rappelle bien les engagements du Président Bazoum à l’occasion de son investiture en termes de bonne gouvernance.

Au moment où très certainement les vainqueurs de la bataille électorale s’acheminent vers une lutte implacable de positionnement, le Président Mohamed Bazoum doit tenir compte plus que jamais des attentes et les défis qui assaillent le peuple nigérien au détriment de la realpolitik visant à un mesquin partage du butin. Tenir compte de ce vœu du peuple nigérien, c’est simplement respecté ses promesses électorales.

Et dans ce sens, le fil conducteur du président de la République serait une évaluation sans complaisance des ratés de la gouvernance du Président Issoufou et les autres. On le sait, autant les ressources humaines constituent la première ressource d’une entreprise autant la qualité des membres est essentielle pour un gouvernement.

Pour mémoire, le premier gouvernement du premier mandat d’Issoufou était l’un des plus amorphes qu’a connu le pays. En son temps, on avait accusé les alliés d’avoir envoyés les premiers venus des leurs. Aujourd’hui avec plus ou moins les coudées franches, après la formation du gouvernement qui semble avoir l’assentiment de la majorité, le président Bazoum n’a aucune excuse de ne pas choisir parmi les meilleurs des Nigériens pour servir le pays. Une exigence valable à ses alliés qui ont une lourde responsabilité dans le choix des hommes au sein de leurs formations politiques.

Si le discours d’investiture du Président Bazoum n’est pas un simple vœu pieux alors de la composition de la prochaine équipe à l’échelle nationale, les Nigériens seront fixés sur la prise de conscience de leur président à créer les conditions de possibilité d’un changement qualitatif dans la gouvernance du pays.

 Il faut admettre que déjà, en un mois aux commandes du Niger, le Président Bazoum force l’admiration des Nigériens sur sa volonté affichée à inverser la tendance dans la gouvernance du pays. A bien d’égards, les Nigériens ont compris très tôt que le Chef de l’Etat n’a pas seulement comme recette que ‘’consolider et avancer’’. Le Président Bazoum entend gouverner le Niger dans les règles de l’art et ce, dans la plénitude de ses prérogatives de Président de la République, Chef de l’Etat, Chef Suprême des armées. Le fait de ne pas suivre mécaniquement les traces de son prédécesseur (et même souvent en se démarquant) en dit long sur le fait que le philosophe Président reste dans son élément à savoir qu’il n’est pas une mauviette à qui l’on doit dicter des ordres et des décisions.

 Le Président Bazoum par son style de gouvernance, ses faits et gestes de nouveau MAITRE du Niger prouve à suffisance qu’il pense par lui-même et incarne les qualités d’un leader qui dirige véritablement. Son approche dialogique de la gouvernance, sa façon de prendre son temps pour éviter la précipitation dans les nominations des nouvelles autorités au plan national en dépit des fortes attentes et l’empressement de ses alliés (et militants), tout cela constitue un gage de sérieux et de la vision d’un leader qui entend gouverner autrement. Du moins, un Président qui voudrait se prémunir de précautions suffisantes pour ne pas bâcler ses choix et ses décisions.

Le défi de la gouvernance…

Les nigériens attendent bien le Président Bazoum qui à l’occasion de son investiture avait indiqué sans ambages que : « Le défi de la gouvernance est d’autant plus grand chez nous que prévaut une mentalité pas toujours en harmonie avec les valeurs de l’Etat de droit et ses exigences relatives à la primauté de la loi ainsi qu’à l’égalité de tous les citoyens. Sans verser dans une certaine anthropologie philosophique, mon propos consiste à relever que dans notre société nous avons tendance pour diverses raisons à nous accommoder même des comportements qui s’écartent des normes définies par nos lois et nos règlements. Or, il est temps que nous nous ressaisissions et que nous fassions preuve de rigueur ».

C’est justement cela le vrai problème qui fait obstruction à la bonne gouvernance avec comme corollaires l’impunité et la corruption généralisée. Or, le Président Bazoum a fait le pari d’asseoir une gouvernance vertueuse après un diagnostic sans complaisance de la façon jusque-là dont les affaires de l’Etat sont gérées.

Et comme pour joindre la parole aux acte, le Président Bazoum promet une tolérance zéro à tous ceux qui entendent s’amuser avec les deniers publics. « C’est pourquoi je voudrais dire clairement ici que quiconque a une responsabilité dans l’administration publique répondra désormais tout seul et entièrement de ses actes. Son parti politique, sa « base », sa famille, sa communauté ne lui seront d’aucun secours au cas où son comportement devrait commander une mesure coercitive à son encontre. Pour cela, j’exigerai de tous les responsables aux différents échelons de l’administration que les cadres soient promus sur la base de leur compétence technique et de leur moralité », a averti le chef de l’Etat. C’est dire que le Président Bazoum est bien conscient de là où les Nigériens l’attendaient le plus. C’est pourquoi nul n’est surpris de sa rencontre avec les responsables de la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HALCIA). Cette institution a, comme qui dirait, du boulot sous le magistère du Président Bazoum.

Le Président Bazoum, candidat comme Président élu reste constant dans sa démarche : tolérance zéro aux indélicats qui se hasarderaient à brader ou détourner les deniers publics.  Cette profession de foi du président Bazoum ne pourrait se traduire en réalité sans un choix éclairé des hommes et des femmes qui incarnent les valeurs essentielles et à même de l’accompagner sur toute la ligne pour l’atteinte de ses objectifs, condition sine qua non pour une sortie par la grande porte de l’Histoire.

Sortir par la grande porte de l’Histoire s’impose, hic et nunc (ici et maintenant), comme un choix du Président Bazoum entre : faire plaisir à ses amis politiques et se faire violence pour, en vrai patriote, être au-dessus de la mêlée pour répondre aux attentes des Nigériens qui font face plus que jamais à des périls majeurs dont au premier chef celui de l’insécurité.

Le moment est venu enfin de sortir le pays des ténèbres des gestions antérieures vers la lumière, de la médiocrité vers l’excellence. C’est à notre humble avis une forte attente des Nigériens de l’administration Bazoum.

Pour un début, nul doute que le Président Bazoum a fait impression. Il mérite bien un délai de grâce. Qui plus est, il a fait un très bon pronostic lorsqu’il dit dans son discours d’investiture : « Ma conviction intime est que notre pays a devant lui un bel avenir, pourvu que nous soyons en mesure d’apporter les bonnes réponses à ses défis. Pour cela nous avons besoin prioritairement de faire deux choses : promouvoir une bonne gouvernance et repenser radicalement notre système éducatif… ».

Les Nigériens pourront compter sur la volonté et la rigueur dans les principes de leur Président pour bouter hors du pays le ‘’crime en col blanc’’.

Elh. Mahamadou Souleymane

Niger Inter Hebdo N°20

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