Mohamed Bazoum a été élu, et reconnu tel par la plupart des chefs d’États de la sous-région, par la CENI, Président de la VIIème République du Niger. Les observateurs internationaux ont validé la qualité et la légalité de la bonne tenue des élections présidentielles. La journée post-électorale du second tour des élections présidentielles qui a vu le candidat du PNDS, Mohamed Bazoum, l’emporter largement avec plus de 55,75% des suffrages exprimés, a cependant été émaillée de troubles dans la ville de Niamey.

En effet, des enfants et des adolescents mineurs, n’ayant pas voté, et pour cause, et étant très loin de faire montre d’une conscience politique et d’une maturité en ce sens, ont été manipulés, instrumentalisés, par des pyromanes criminels, des idéologues aigris, des politiciens anti-démocrates extrémistes, violents, et racistes, afin que ces jeunes délinquants, apolitiques et désocialisés, aillent casser des véhicules, des biens publics, des infrastructures appartenant au bien commun. Ces jeunes ont été galvanisés et poussés à faire des actions inciviques criminelles : voler, piller, détruire, incendier des magasins, caillasser des édifices privés et publics, piller des boutiques de proximité utiles aux citoyens, briser par des jets de pierres des pare-brise de véhicules, agresser des personnes innocentes, incendier des édifices de particuliers pacifiques et des sièges de partis politiques de la coalition – qui a gagné démocratiquement et légalement les élections présidentielles –  en faisant usage de pneus enflammés sur des routes de grand passage (au risque de provoquer des accidents graves et des incendies criminels). De plus, en sus de ces dégâts matériels, des actes criminels ont ciblé des populations visées selon leur apparence ethnique et leur « origine » : la xénophobie et le racisme, anticonstitutionnels, portés par des politiciens aux propos tombant sous le coup de la loi, ont produit les effets que nous avions déjà rappelés dans un entretien à Niger Inter, à savoir, le bris du contrat républicain, la guerre raciale, la destruction du lien social, la thanatopolitique propre aux fascistes et aux extrémistes anti-républicains et anti-démocrates qui ont tenu avant, pendant et après les deux tours de la campagne électorale, des propos poussant au meurtre, à la haine ethnique, à la racialisation eugénique de la politique et à la binarisation essentialiste infondée et illégitime entre le peuple (mutum) des « blancs » et le peuple des « noirs » (sic), comme si l’humanité se définissait par la présence plus ou moins grande de mélanine dans l’épiderme, et comme si la citoyenneté politique relevait de la couleur de peau, et de l’ethnie.

  Rappelons ce que nous avions déjà établi alors, et ce que les sciences juridiques et le droit ont posé de façon précise, à savoir que le peuple nigérien est un et indivisible et que l’Etat nigérien ne reconnaît pas de citoyen de seconde zone et que tous les nigériens vivent sous la même loi et qu’ils la composent et la constituent en (l-) égalité, et en fraternité.

 Celles et ceux qui pensent que les mots et les discours n’ont pas d’effet dans le réel sauront apprécier les incidences des discours racistes et séditieux qui ont été tenus, çà et là, dans des rassemblements publics, par des politiciens sans programme autre que la violence extrémiste, l’incitation au meurtre et au génocide des populations nomades et, particulièrement, arabes et targuis, et propageant des discours de haine, de guerre, afin de pousser des jeunes non instruits et illettrées dans l’aventurisme raciste, la violence xénophobique, la délinquance criminelle, et l’embrigadement dans des groupes criminels de nervis pilleurs et antisociaux. Ils répondront tous, respectivement, de leurs actes délictueux devant les juridictions ad hoc.

Mais les plus coupables et les plus responsables sont ceux qui ont tenu des propos incendiaires et thanatopolitiques tout en sachant les effets négatifs et destructeurs escomptés. C’est ceux-là que la justice et le droit devront saisir, en priorité et en urgence, du fait de leur nocivité et de leur responsabilité consciente dans les troubles et les exactions commises. Car les destructions civiles et privées, les échauffourées violentes avec les forces de l’ordre et les crimes commis à l’égard de la population, ne peuvent rester impunis par le pouvoir qui détient le monopole légitime de la violence physique (Max Weber) et qui a pour mission de protéger la société civile et l’État de toute agression interne et externe, de sécuriser les biens privés et publics et les personnes, d’asseoir la concorde nationale en vue du Bien public afin de développer le pays et d’émanciper le peuple de toute tentative réactionnaire et fasciste de le soumettre à la violence anti-républicaine, à la loi du plus fort qui n’est plus de saison depuis que le droit régule les sociétés démocratiques et le Niger en particulier.

Les audios, les témoignages, les entretiens, les prêches publics, sont autant de charges qui seront utilisées dans les procès nationaux et internationaux à venir contre les incendiaires et les aigris anti-démocrates qui ont cru que la politique était un dîner de gala. Les chancelleries, les médias nationaux et internationaux, les observateurs internationaux, les acteurs de la société civile et le peuple avisé ont déjà pensé, jugé et tranché : au Niger le fascisme ne passera pas parce que la démocratie et la République sont en marche depuis que le mode du vivre-ensemble est régulé par le contrat social et le processus électoral validé par la CENI et la Cour constitutionnel. Le seul sacré qui soit reconnu dans ce cadre est celui qui respecte le droit du peuple et celui du citoyen.

L’armée nigérienne, la police, les forces de défense et de sécurité, et le peuple inclus dans le projet républicain et véritablement politique,  et non pas les badauds et les nervis acéphales réduits à des intérêts immédiats d’ordre biologiques et pulsionnels, sont les garants de l’action gouvernementale afin que les tentatives de putsch, d’insurrection, et de déstabilisation de la vie de la Polis soient réduites à ce qu’elles sont : des vaines actions mortifères destructrices et, comme telles, indignes de mener à la direction du pays ceux et celles qui cautionnent, affirmativement ou par leur silence complice et de connivence car fondamentalement approbateur, ces actes d’extrémistes forcenés relevant en effet de la police ou de la psychiatrie.

Le Niger sortira encore plus fort et plus conscient de sa légitimité républicaine, débarrassé alors de ces prurits malheureux de dissension et de destruction de la Cité, violences illégitimes et inexcusables propagées par quelques forcenés irrémédiablement doublement bannis du monde politique : à la fois par les urnes et par l’absence de dignité morale de leurs actes les qualifiant ainsi dans leur plus haut degré d’incompétence éthico-politique. La thanatopolitique de ces piètres Raspoutine n’a pas convaincu le peuple nigérien, soucieux de sécurité publique, de liberté, et d’avenir socio-économique incompatible avec les casses et les destructions de ces thuriféraires d’arrière-garde.

 Ceux qui confondent violences destructrices du contrat social, racisme primaire, xénophobie fasciste et manifestation politique doivent être (ré-) éduqués par la loi dans ses vertus civiques et éducatrices : les sanctions rappelleront que nul ne peut à sa guise  et selon son caprice et son serf-arbitre, se mettre impunément au-dessus de la loi, au risque d’en être indigne, et d’encourir par la même, les peines et les sanctions propres aux criminels de droit commun.

Rappelons que les votes ont pour fonction d’exprimer les passions politiques et que les violences injustes et injustifiables menant à la destruction et au déni des droits fondamentaux relèvent non pas du politique mais de la barbarie régressive et animale.

La mauvaise foi de ceux qui confondent déception et volonté de tuer et de détruire, atteinte à la liberté d’opinion (un journaliste nigérien, correspondant de RFI en fit les frais) et qui pensent que la politique est une volonté de mort disqualifient les mensonges de petits esprits malveillants à la duplicité manifeste. Ainsi, par son calme, sa patience, et son intelligence du maintien de l’’ordre, le gouvernement de SEM Issoufou Mahamadou et le peuple nigérien ont fait le pari de l’intelligence politique et de la reconnaissance du droit comme régularisation sociale et politique, contre les partisans du chaos et du désordre incivique, porteurs d’anti-valeurs et de dissensus anti-républicains.

Le Niger, non moins que la communauté internationale, ne reconnaît pas d’autres voies politiques que celles du respect de la volonté du peuple exprimée dans le suffrage universel et les décisions de la CENI et de la Cour Constitutionnelle.  Les violences et les exactions traduisent le côté caduque et dépassé de partis et de candidats politiques déjà condamnés par leurs actes de délinquances délibérées : le calme de Mohamed Bazoum, en revanche, manifeste celui de la légitimité face à l’inertie désespérée de la mauvaise foi et de la politique du pire qui ne mène qu’à la négation de soi. Qui peut encore croire que le Moden Lumana est un parti politique qui veut l’unité nationale, la concorde et l’union africaine après ses appels au meurtre et au chaos dignes de terroristes incultes et duplices autant que barbares et violents ?

Cet épisode tragique de la vie nigérienne permet de comprendre que le candidat de tous les nigériens, de la paix et du progrès social est bien celui qui construit et réconcilie le peuple avec lui-même et non pas celui qui détruit et conteste, contre toute attente la loi et son principe même, la décision légitime du vote démocratique. En ce sens, ces épisodes n’ont fait que ré-affirmer la légalité et la légitimité authentique de l’élection de Mohamed Bazoum.

Salim Mokaddem

Niger Inter

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