Depuis la dislocation de l’Etat libyen par des puissances étrangères, la France en tête afin d’avoir une mainmise sur  les richesses de ce pays notamment son pétrole et d’étouffer les projets d’émancipation de l’Afrique portés par Kadhafi, les trafics des armes et des drogues inquiètent de plus en plus particulièrement dans les pays du G5 Sahel.

Cette dislocation de l’Etat libyen a, également, favorisé l’implantation des terroristes dans la sous région en faisant de la Libye leur sanctuaire et en renforçant leur arsenal d’armement avec les armes largués par les français à la frontière tunisienne dans le cadre la campagne de la destruction de cet Etat ainsi que les armes et munitions qui se trouvaient dans les magasins du pays.

S’agissant de leurs activités, les terroristes et les trafiquants  sont intimement liés, les premiers garantissent la sécurité au second qui les financent dans le cadre de leurs activités criminelles et du coup la présence des terroristes dans l’espace sahélien favorise l’intensification des trafics notamment le trafic des armes et de drogues dans les pays surtout du G5 Sahel.

Les trafiquants ont des relations privilégiées avec les décideurs politiques qui leur garantissent les conditions favorables à l’épanouissement de leurs trafics. Ainsi sont nées la corruption et l’impunité, les principaux éléments constitutifs de l’environnement dont les trafiquants ont besoin dans un pays pour faire prospérer leurs trafics.  Plus les trafics prennent des proportions inquiétantes dans un pays plus les trafiquants ont une mainmise sur l’appareil étatique, la démocratie est plus que jamais menacée d’autant plus que la corruption qui caractérise la relation trafiquants – hommes politiques dénature complètement les élections qui ne sont plus crédibles, fragilise les institutions et transforme l’Etat en instrument  des trafiquants qui sont les véritables décideurs de ceux qui vont diriger le pays afin de consacrer l’impunité dont ils ont besoin dans le cadre de leurs trafics.

Le Niger, pays sahélien et membre du G5 Sahel, connait, malheureusement, une intensification du trafic avec des saisies récurrentes des drogues ces derniers temps.  L’alerte de cette intensification de trafic de drogues au Niger a été donnée  bien avant le démantèlement du réseau dont certains fonctionnaires de la justice sont cités comme étant membres avec le réseau qui impliquait  d’autres agents de l’Etat censés combattre les trafics et qui étaient devenus promoteurs du trafic de drogues, la justice les avait même jugés. Cette affaire était une véritable alerte afin que le Niger prenne les dispositions à même de lui permettre de contenir ce fléau qui prend de plus en plus de l’ampleur dans la sous région. Malheureusement, l’impunité est un choix politique du régime et cette impunité étant consacrée depuis le refus de l’Assemblée nationale de lever l’immunité d’un député cité dans un  trafic de drogue, l’affaire qui a été jugée, impliquant les agents de l’Etat, n’a pas été perçue par le régime comme une alerte. Pourtant, un pays qui se respecte doit avoir une lecture très claire de l’ampleur que prendra le trafic de drogues dès lors que les fonctionnaires censés le combattre deviennent ses promoteurs. Le pays est déjà à un stade critique car la récurrence des saisies dévoile une proportion très inquiétante du trafic de drogues et qu’il faille que tout le monde se mobilise en vue  de contenir le fléau afin que notre Etat ne soit pas à la merci des trafiquants liés par un partenariat durable avec les terroristes.

C’est vrai, du fait de son choix politique et son corolaire de mauvaise gouvernance, le régime organise à travers des lois illégitimes des représailles contre les lanceurs d’alerte (acteurs de la société civile et journalistes)  qui révèlent la corruption et les infractions assimilées qui caractérisent la gouvernance. Cependant, dans le cadre de cette mobilisation générale contre le trafic de drogues, les citoyens doivent assumer leur citoyenneté en jouant aux lanceurs d’alerte et en collaborant étroitement avec les services compétents qu’il faille saluer et encourager. Il appartient à la justice de mesurer l’ampleur de plus en plus inquiétante que prend le trafic de drogues dans le pays afin d’agir en conséquence pour préserver le pays contre ce fléau qui est capable de détruire l’Etat.

Il revient au peuple, à l’occasion du choix de son Président de la République, de marquer son intolérance s’agissant de la corruption et de l’impunité, les principaux déterminants de l’environnement favorable au trafic de drogue.

Elhadji Idi Abdou

(Acteur de la société civile)

Niger Inter

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