Une ambulance du Centre Hospitalier Régional de Tahoua a été détournée de sa fonction première qui consiste à évacuer d’urgence des malades ou à transporter des personnes décédées. Son chauffeur n’a, en effet, trouvé que faire, ce 19 janvier 2021, qu’en faire usage comme moyen de transport de briques de cannabis. C’est ce que les éléments de la Brigade d’Intervention et de Recherche de la Douane de Tahoua en poste à Tsernaoua ont constaté en l’inspectant avec son contenu. L’ambulance revenait de Niamey pour une évacuation sanitaire et devrait normalement rejoindre son service d’attache à Tahoua, vide de toute cargaison.

Evidemment, la surprise des éléments de la Douane de Tahoua en poste à Tsernaoua a été telle lorsqu’ils ouvrirent son habitacle arrière. Des colis d’un contenu douteux y étaient dissimulés et les éléments de la Douane les fouillèrent avec soin. C’est avec stupéfaction qu’ils découvrirent que les colis en question contiennent jusqu’à 155 briques de chanvre indien.

Quand ils soumirent le chauffeur de l’ambulance à un interrogatoire, celui-ci a nié connaître que c’est de la drogue qu’il transportait.

Contacté par l’Agence Nigérienne de Presse (ANP), Colonel Abdoul Rahimoune Ibrahim, Directeur Régional de la Douane de Tahoua, a indiqué que les colis de drogue ont été chargés à Dosso et le chauffeur était en possession « de plusieurs ordres de mission dont certains sont en cours de validité et d’autres sont de 2019. Les ordres de mission ont tous été établis pour la destination de Niamey ».

Selon toujours le Colonel de Douane, le chauffeur a expliqué à ses éléments que la drogue qui lui a été confié à Dosso appartiendrait à quelqu’un qui se trouve à Tahoua.

D’après certaines sources, il serait à 2 mois de la retraite et est habitué à ce type de transport depuis des années. Aux dernières nouvelles, il a été mis à la disposition de la gendarmerie nationale pour des compléments d’enquête.

Ce n’est pas la première fois qu’une ambulance de nos services sanitaires est utilisée pour le transport de matières prohibées. En rappel, une année, l’ambulance d’un de nos districts sanitaires a été immobilisée avec toute une cargaison de carburant fraudé.

Des personnes mal intentionnées ont souvent profité de leur statut de fonctionnaires de l’Etat ou de ses moyens de transport pour s’adonner à de mauvaises pratiques.

Récemment, et précisément la semaine dernière, un Procureur de la République en poste au Tribunal de Grande Instance de Dosso, une greffière et un militaire ont été interpellés suite à une scabreuse affaire de trafic de drogue. Le procureur en question et sa greffière prélevaient des briques de cannabis au sein du stock de drogues saisies dans la région et les écoulaient généralement à Niamey avec la complicité d’autres agents des forces de l’ordre.

Les saisies de drogues sont de plus en plus fréquentes au Niger et aucune de ses huit régions n’est épargnée. Cela pourrait avoir un lien avec les activités des groupes terroristes qui sèment la terreur au niveau de ces zones frontalières avec le Nigéria, le Mali et le Burkina Faso.

Bassirou Baki Edir

Niger Inter

GRATUIT
VOIR