BISMILLAHI ARRAHMANI ARRAHIMI

Monsieur le Président de la République ;

Altesses Royales ;

Mesdames et Messieurs les Ministres ;

Monsieur le Secrétaire Général de l’OCI ;

Mesdames et Messieurs

Je voudrais tout d’abord présenter mes sincères félicitations à SON ALTESSE CHEIKH ABDULLAH BIN ZAYED AL NAHYAN, Ministre des Affaires Etrangères de la Coopération Internationale des Emirats Arabes Unis, Président de la 46ème Session du Conseil des Ministres des pays membres de l’Organisation, pour les efforts qu’il a déployés depuis 20 mois et le soutien apporté par son pays tout au long de son mandat

Mes félicitations vont également au Dr YOUSSEF BIN AHMED AL-OTHAIMEEN et au Secrétariat de l’Organisation de la Coopération Islamique, pour les efforts remarquables qu’ils ne cessent de déployer pour le renforcement de notre organisation.

Je voudrais enfin renouveler les remerciements du Gouvernement nigérien  au Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le Roi SALMAN BIN ABDULAZIZ pour son soutien constant  à notre organisation commune  et féliciter  tous les appuis dont nous avons bénéficiés de certains pays amis en vue de la réussite de la présente  session.

Mesdames et Messieurs,

Malgré l’insécurité et la pandémie du coronavirus, vous avez tenu à faire le déplacement de Niamey pour apporter votre précieuse contribution à la recherche de solutions aux nombreux défis que connait notre organisation.

Mon pays, qui abrite aujourd’hui et pour la deuxième fois dans l’histoire de l’OCI la Conférence des Ministres des Affaires Etrangères, est un membre actif de l’OCI. Le Niger a toujours porté à cœur l’OCI, dont le poste de Secrétaire General a été  occupé par un des fils, j’ai nommé le docteur Hamid Algabit, durant deux mandats. Le Niger abrite également l’une des importantes Universités islamiques créées par l’OCI. C’est dire combien

notre attachement à l’OCI est réel et notre engagement pour son rayonnement n’a jamais fait défaut. Nous avons toujours cru en la capacité de notre organisation à favoriser le rayonnement de l’Islam et l’épanouissement des musulmans dans le monde. L’Islam et une religion de paix, de tolérance, de pardon et de respect de l’autre. Ces préceptes constituent le socle de notre grande religion qui tient au respect de ses valeurs. Nous devons donc promouvoir le respect de toutes les religions et cultiver le vivre ensemble nécessaire à la paix et à la sécurité internationales, qui sont des principes chers  que nous  partageons tous, notamment dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine, de la Ligue Arabe et de toutes les autres organisations pertinentes auxquelles nous sommes parties.

Mesdames et Messieurs

Laisser place à un discours contre l’Islam, c’est remettre en cause ces idéaux, favoriser et donner raison aux terroristes dont le but est de ternir l’image de l’Islam et des musulmans; c’est tomber dans le piège qu’ils ne cessent de nous tendre quotidiennement et de manière de plus en plus sophistiquée. Nous appelons donc à plus de hauteur de vue, de pondération et de responsabilité.

Sur le même chapitre, je voudrais rappeler la préoccupation de nombreux musulmans face à la résurgence, dans plusieurs régions du monde, du mouvement raciste dans le but d’inciter à la phobie, à la haine, au rejet et à l’hostilité contre les migrants, les personnes en situation de précarité, et même d’autres personnes sur la base de leurs croyances. Ces comportements condamnables doivent interpeller les gouvernements afin qu’ils interdissent beaucoup plus vigoureusement, tout discours, ou tout acte qui tolère, encourage ou incite à l’hostilité contre les personnes du fait de leur appartenance à une religion.

Mesdames et Messieurs

Nos précédentes rencontres de Mai 2018 à Dhaka au Bangladesh et d’Avril 2019 à Abu Dhabi aux Emirats Arabes Unis ont été marquées par d’intenses débats sur les situations de crise au sein de la Oummah islamique.

Le contexte international imposait ce débat. L’exacerbation des conflits internes et intra-OCI comme, en Palestine, en Lybie, en Syrie, en Irak, au Yémen, dans le Jamu et Cashmire au Haut Kharabah, au Sahel, dans le bassin du Lac Tchad et la Corne de l’Afrique, absorbait l’essentiel de notre temps et de nos ressources, tout en constituant, jusqu’à un passé récent, des pôles d’instabilité.

Cependant, des signes encourageants pour un retour progressif de la paix sont de plus en plus perceptibles. Nous voudrons ainsi saluer, les cessez-feu intervenus au Yémen, en Lybie, au Haut Kharabah, en Syrie, en Afghanistan, en Irak.

Cette réduction significative de la violence observée au niveau de plusieurs foyers ces dernières années, nous a conduits à faire évoluer nos priorités et à considérer que désormais la lutte contre le terrorisme et la pauvreté doivent occuper une place prépondérante dans notre agenda. C’est cela qui justifie le thème de la 47ème session de la Conférence des Ministres des Affaires Etrangères à savoir : « Unis contre le terrorisme pour la paix et le développement »

Mesdames et Messieurs,

L’une des conséquences induites par la guerre que les puissances occidentales ont mené contre le régime des talibans en Afghanistan et les régimes islamistes d’Irak et de Syrie est l’émergence de nouvelles formes de terrorisme portés par les organisations Al-Qaïda et Daesh essentiellemnt, dont les ramifications se sont étendues en Afrique. Ainsi la région du Maghreb, le Sahel central, le Bassin du Lac Tchad, la corne de l’Afrique entre autres, se sont retrouvés confrontés à des menaces sécuritaires persistantes, découlant des actions violentes et meurtrières des groupes terroristes.

Ces fortes menaces terroristes interviennent dans un contexte déjà caractérisé par de multiples vulnérabilités telles que la forte pression démographique, un climat fortement aride, une insécurité alimentaire, des flux croissants de l’immigration irrégulière, des trafics illicites en tous genres et, plus récemment, l’avènement de la Covid-19. La région du sahel a connu en 2019 une intensification des attaques terroristes et une progression de la menace vers la zone dite des ‘’trois frontières’’, avec un début de contagion aux pays côtiers. On dénombre plus de 4000 morts en trois ans dans la zone sahélienne et 263 000 immigrés ou déplacés dans le bassin du lac Tchad. Pour y faire face, c’est vrai, les pays sahéliens ont procédé, à grands frais, au renforcement des capacités opérationnelles de leurs forces et à la mutualisation de leurs efforts aussi bien dans la bande sahélienne, avec la création de la Force Conjointe du G5 sahel, que dans le bassin du Lac Tchad avec la mise sur pied de la Force Multinationale Mixte. Ils ont également invité les pays amis et alliés à apporter leurs appuis militaire, matériel et financier à cette lutte. Ils ont enfin procédé à la ratification des principaux instruments internationaux de lutte contre le terrorisme.

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a apporté un soutien fort et uni à la Force Conjointe, en adoptant à l’unanimité, en juin 2017, la résolution 23/59 qui appelle l’ensemble de la communauté internationale à fournir une assistance logistique, opérationnelle et financière à l’initiative des Etats du G5 Sahel portant création la Force Conjointe.

 De même la CEDEAO, lors du sommet du 14 septembre 2019, a adopté un plan d’actions 2020-2024 de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest, avec une dotation initiale de 1 milliard de dollars et l’activation de sa force en attente.

Enfin l’union Africaine, lors du Sommet des Chefs d’Etat et des Gouvernements de février 2020 a décidé de déployer 3 000 soldats pour appuyer les efforts des Etats du G5 Sahel en matière de paix et de sécurité.

Cependant, malgré leur engagement et les soutiens ci-dessus rappelés, malgré la participation au combat de certains pays alliés auxquels nous rendons hommage ici, les pays du G5 Sahel, classés parmi les plus pauvres du monde et en proie à d’énormes défis, ne disposent pas de moyens logistiques et financiers et des capacités opérationnelles suffisantes pour gagner cette guerre trop coûteuse, contre un ennemi transnational très puissant. Pour cela, notre réunion doit prendre des décisions audacieuses afin de faire en sorte que la contribution de l’OCI et de ses Etats membres puisse être décisive dans l’anéantissement du terrorisme en Afrique.

Aussi, est-il indispensable de mettre en place un dispositif humanitaire adéquat pour soutenir par des actions concrètes de solidarité, les centaines de milliers de victimes du terrorisme, réfugiés et déplacés internes, qui constituent  un fardeau pour les Etats qui les accueillent. C’est dire toute l’importance et l’urgence de la transformation du Bureau de l’OCI à Niamey en une Représentation Régionale plus consistante, qui constituera en même temps un pôle important pour les questions humanitaires et de développement en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Mesdames et Messieurs

Le développement et la prospérité des Etats membres de l’OCI, et la promotion de leviers économiques et commerciaux sont les principaux piliers de l’agenda économique de l’OCI. Nous n’avons aucun doute qu’une telle dynamique favoriserait la croissance et le développement inclusif. Nous demeurons convaincus qu’à l’OCI il y a un lien indissociable  entre le développement, la paix, et la sécurité.

Les Etats membres de l’OCI regorgent de beaucoup d’atouts pour leur développement économique. Ils possèdent 24% de la population mondiale en 2017, la plus jeune du monde. Ils sont crédités d’une superficie égale à 29% des terres agricoles mondiales ; ils possèdent les plus importantes réserves du pétrole et du gaz prouvées (56,6% pour le pétrole et 58% pour le gaz). Cependant, ils connaissent des réels problèmes dans la mise en œuvre de développement conséquent qui vont  de la faible productivité et des infrastructures médiocres à des ressources financières limitées, en passant par le chômage croissant, la pauvreté, l’analphabétisme, l’insuffisance des capacités de production, entre autres.

Certes, notre organisation a eu déjà à prendre des mesures importantes et variées pour mettre en place un cadre approprié afin de mener des actions économiques communes entre ses Etats membres. Le groupe de la Banque Islamique de Développement constitue à n’en point douter l’un des meilleurs outils pour booster le développement dans les Etats membres. D’autres cadres institutionnels ont été créés, mais le constat qui est généralement fait est que le résultat reste en deçà des attentes de la plupart des pays membres et des populations de notre espace.

Le Programme d’Action 2025 de l’OCI est incontestablement porteur d’espoir à condition que sa mise en œuvre ne souffre d’aucune léthargie ni hésitations. L’OCI gagnera en crédibilité si elle arrive à aider les Etats membres à réduire de manière significative et accélérée la pauvreté, ce qui suppose au préalable

la promotion d’une bonne gouvernance dans tous les secteurs de la vie publique et privée.

Mesdames et Messieurs,

Comme je le disais ci-haut, nos assises se tiennent au moment où la pandémie de la Covid-19 bouscule nos agendas avec des conséquences sur le plan économique, social et sécuritaire. Son impact sur la vie et sur la subsistance des milliards de personnes et sur l’économie mondiale n’a pas encore fini d’être évalué. Comme l’ont relevé des instances les plus crédibles, la Covid-19 pourrait être plus dévastatrice que n’importe quel conflit ou fléau, acte de terrorisme ou urgence sanitaire, jamais survenue dans l’histoire de l’humanité.

Aujourd’hui, tous les Gouvernements s’investissent à travers des initiatives et des stratégies pour protéger les populations. Face à une telle réalité, notre organisation doit poursuivre la réflexion sur les impacts économiques et sécuritaires en vue d’y apporter les réponses appropriées. C’est le lieu d’appeler l’OCI à renforcer sa coopération, l’amitié et la solidarité entre ses membres. L’OCI doit être un véritable vecteur de grande solidarité.

Les annonces de découvertes de vaccin contre le coronavirus donnent l’espoir au monde entier que cette crise sanitaire sera vaincue très bientôt. A cet égard,  notre organisation doit faire montre d’offensive et de solidarité agissante à l’endroit de ses Etats membres les plus fragiles pour qu’ils accèdent à ce vaccin. La santé n’a pas de prix. Et Notre Prophète Mohamed, Paix et Salut sur Lui, nous recommande d’invoquer la bonne santé avant toute chose, car rien ne peut être entrepris quand la santé fait défaut. Par conséquent mettons tous nos efforts et toutes nos intelligences, afin de faire de l’espace OCI un cadre où la promotion de la santé publique est un axe prioritaire.

Je termine mon propos en fondant l’espoir que notre rencontre va déboucher sur des conclusions fortes et pertinentes dans l’intérêt de la Oummah Islamique.

 

PUISSE ALLAH BENIR NOS TRAVAUX.

ASSALAMOU ALAYKOUM WA RAHMATOULAHI WA BARAKATOUHOU

Niger Inter

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