Le conseil national de dialogue politique (CNDP) s’est réuni le vendredi 3 juillet 2020, en session extraordinaire. Au centre des discussions, les informations sur le processus électoral, notamment l’organisation des différents scrutins, le fichier électoral biométrique, le chronogramme de la CENI, l’enrôlement des électeurs de la diaspora et questions spécifiques, telles que celles soulevées par les partis non affiliés en lien avec leur statut.

Habituée depuis 2016 à boycotter les sessions du CNDP pour des motifs inavoués, cette fois encore, l’opposition politique a opté pour la politique de la chaise vide, et ce, « malgré les multiples tentatives du Conseil à la faire venir autour de la table des discussions », a déploré le Premier ministre Brigi Rafini, président du CNDP.

A l’exception donc de l’opposition politique, l’ensemble des parties prenantes ont pleinement participé à cette importante réunion qui a eu à débattre sur l’ensemble du processus électoral en cours.  Un processus irréversible. Pour rien au monde, a averti le Premier ministre, « les élections à venir ne seront reportées et se tiendront dans le respect des délais constitutionnels ».

C’est convaincus de cet engagement fort des plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République, à organiser des élections inclusives, libres et transparentes et dans le respect des délais, que plusieurs partenaires techniques et financiers du Niger, dont le PNUD qui est très attentif et regardant sur la conduite de ce processus électoral, ont jugé très utile d’y participer en tant qu’observateurs, mais aussi grands témoins des efforts qui sont en train d’être faits par le régime en place pour que ces élections soient libres, sincères et crédibles. C’est le lieu de rappeler aussi l’engagement du PNUD à accompagner le processus électoral en cours comme en témoigne l’appui logistique de plusieurs milliards de Fcfa apporté à la CENI par cette agence onusienne.

Outre cet organisme du système des Nations Unies, plusieurs organisations de défense et de la promotion de la démocratie, dont le NDI, l’OIF, l’USAID, l’Union Européenne, l’ONU Femmes, etc. soutiennent aussi le processus électoral en cours au Niger. D’autres grands témoins, tels que les leaders religieux et d’opinions, la chefferie traditionnelle et bien d’autres organisations de la société civile et institutions de veille pour des élections inclusives, libres et transparentes, dont l’opposition exigeait leur présence active aux sessions du CNDP, ont participé à cette session.

Aux termes, seule l’opposition politique qui semble ne pas prête à se lancer de manière démocratique et civilisée dans la course pour la conquête et l’exercice du pouvoir a brillé de son absence à la session du 3 juillet dernier.

Pourtant, l’essentiel des exigences posées par l’opposition pour sa participation aux prochains scrutins ont été satisfaites depuis belle lurette, a soutenu le Premier ministre, président du CNDP dans le point de presse qu’il a aminé le 4 juillet dernier.

Pour rappel, les préoccupations soulevées par l’opposition portaient principalement sur la révision du code électoral en ses articles 8, 12, 80 et 81. Sur ce point, a indiqué le président du CNDP, « le code électoral a été révisé avec la participation de l’opposition dans le cadre d’un comité tripartite créé à la suite d’une réunion du CNDP, convoquée à la demande spéciale de l’opposition politique ».

En plus, d’autres concessions ont été faites à l’opposition dans le cadre de l’amorce d’un dialogue inclusif devant conduire à des élections apaisées au Niger. Au sein de la CENI, l’opposition politique dispose de 5 places, au même titre que la majorité au pouvoir. Aussi, tous les gages d’un processus électoral sincère et responsable, attesté par les partenaires du Niger, sont donnés à l’opposition politique.

Malgré tout, cette dernière demeure incessible et refuse mordicus, sous des fallacieux prétextes, à rejoindre le processus électoral. Paradoxalement, l’opposition politique s’est fortement impliquée dans les opérations d’enrôlement biométrique de ses électeurs. De là, apparait clairement la mauvaise foi de l’opposition qui décriait d’un côté la CENI et l’organisation des scrutins à venir, et de l’autre côté, elle faisait enrôler ses militants afin qu’ils puissent voter.

De tout ce qui précède, et à analyser de près cette posture alambiquée de l’opposition politique, l’on se rend compte que cette dernière n’a véritablement pas de raisons valables pour bouder le processus électoral en cours. Sur ce point, les partenaires au développement du Niger en sont conscients.

Pour l’opinion publique nationale, l’opposition politique s’est piégée d’elle-même, depuis 2016 quand elle a décidé de son propre chef à s’écarter du CNDP et de toute question d’intérêt politique national. Elle a continué à évoluer dans un vase clos, aveuglée par les réussites et autres succès que le régime d’Issoufou Mahamadou enregistrait dans la marche du pays.

Plongée ainsi dans un ressentiment sans commune mesure de voir le Niger aller de l’avant et bien coter au plan international, l’opposition politique qui souhaitait l’échec des autorités en place, a fini par perdre totalement ses repères, oubliant même son existence.

Aujourd’hui, cette opposition, rattrapée par ses inconséquences et réduite à sa plus simple expression, incapable de convaincre les nigériens et de les prouver que le régime Issoufou a échoué sur toute la ligne dans la gestion du pays, a tout simplement choisi la voie du dilatoire pour ne pas aller aux élections.

En s’agrippant à son agenda caché, l’opposition se fond ainsi dans le dilatoire. Ce qui explique toutes ses agitations visant à torpiller et à discréditer le processus électoral. N’étant pas prête à affronter les différents scrutins à venir, l’opposition joue ainsi le tout pour le tout pour que les prochaines élections ne se tiennent pas dans les délais constitutionnels. Ainsi se résume son agenda pour le Niger.

Oumar Issoufa

Niger Inter

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