Le boycott de la réunion du 12 juin 2020 du Conseil national de dialogue politique (CNDP) par l’opposition politique nigérienne n’a pas surpris grand monde. Cette dernière est à son nième refus de prendre part aux rencontres de ce prestigieux cadre de prévention, de règlement et de gestion des conflits politiques au Niger.

L’une des raisons invoquées par l’opposition politique dans sa déclaration du 16 juin dernier pour justifier cet autre boycott, est « l’absence d’un cadre de dialogue inclusif devant permettre de créer les conditions d’élections crédibles, transparentes et de créer un climat apaisé pour faire face aux autres préoccupations du pays ».

Une explication qui ne tient absolument pas la route dans la mesure où le CNDP a toujours été, et demeure aujourd’hui encore, le cadre par excellence de dialogue politique au Niger où sont débattues toutes les questions politiques sans aucun tabou. Pour preuve, le 12 juin dernier, sur 143 partis politiques légalement reconnus au Niger, 123 formations politiques y ont participé.

A l’opposition donc de trouver d’autres arguments pour convaincre le peu des militants qui croient encore elle avant qu’ils se ravisent eux aussi, que leurs responsables politiques ne font que leur divertir sur des questions les plus essentielles de la vie d’un parti politique, à savoir les élections qui constituent en démocratie, la seule voie de conquête et d’exercice du pouvoir.

En réalité, l’opposition politique est dans une logique de « discréditer le processus électoral en cours » et de « faire de la diversion autour » pour attirer les projecteurs de la communauté internationale sur le Niger.

Pourtant, c’est de son propre chef que l’opposition, pour des calculs politiciens, s’est mise en marge de ce processus électoral. Aujourd’hui que ce dernier ait atteint sa vitesse de croisière avec la fin presque de l’enrôlement des électeurs qui permettra très bientôt au Niger de disposer de son fichier électoral biométrique et de tenir les élections, notamment présidentielles et législatives, dans le respect des délais constitutionnels, l’opposition qui semble ne pas être prête pour aborder ces élections opte pour la diversion.

Il s’agit pour elle de chercher les moyens d’ameuter la communauté internationale en faisant croire que le processus électoral en cours n’est pas inclusif, qu’elle a été exclue sur toute la ligne, alors que c’est elle-même qui refuse d’occuper ses places au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Malheureusement pour elle, au Niger, même dans ses propres rangs, l’opposition ne parvient pas à convaincre qu’elle a été mise hors-jeu dans la conduite du processus électoral en cours, d’où ses multiples clins d’œil vers l’extérieur et les partenaires au développement du Niger. A elle donc de se faire amende honorable, avant qu’il ne soit trop tard, pour revenir dans le processus, au risque pour certains de ses partis membres, de disparaitre de la scène politique nationale.

Oumar Issoufa

Niger Inter

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