C’est en principe le jeudi 30 avril 2020 qu’Amina Maïga fera face au juge pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Elle croupit derrière les barreaux à Daïkayna dans la région de Tillabéry depuis la semaine dernière. Elle a été arrêtée suite à un audio qu’elle a diffusé sur les réseaux sociaux, audio dans lequel elle a fait éclater sa colère et ressortir toute sa haine contre le pouvoir en place.

 

Dans son intervention, on l’entend dire substantiellement : « ils ont touché à notre dignité. Nous ne nous réveillons pas dès 7h30mn pour aller travailler, descendre à 16h et prendre notre argent le donner au père de quelqu’un. Des voleurs ! Je le dis haut et fort ! Que mon vocal aille où il veut ! Des voleurs ! Ils nous ont volés ! Ils nous ont volés une fois ! Tu penses que nous, on a confiance en ces gens-là pour leur confier notre argent ? Non ! »

Une façon à elle de réagir contre une circulaire du Secrétariat du Gouvernement et qui est adressée aux agents qui y travaillent. Dans ladite circulaire, il leur a été, simplement, demandé de contribuer au fonds dédié à la lutte contre la propagation du Covid-19 et le montant qui se rapporte au grade de chacun a été précisé.

Cette circulaire ne concerne pas, en réalité, tous les agents de la fonction publique. A dessein, elle fut balancée dans les réseaux sociaux et, comme des esprits malins peuvent toujours dire est noir ce qui est blanc, des interprétations tendancieuses et des intoxications se sont propagées dans le but de faire croire à l’opinion qu’elle engage tous les agents de la fonction publique.

Le Secrétaire du Gouvernement a cru bon de faire un point de presse pour remettre les pendules à l’heure et ramener, par conséquent, la sérénité dans les cœurs de tous les agents de l’Etat.

« Ils disent qu’il y a des gens qui ont le coronavirus ! Qu’ils les fassent sortir pour que le monde entier les voit ! Là où ils sont, qu’ils soient filmés pour que nous sachions qui et qui ont le coronavirus ! Ceux qui ont ça, jusqu’à présent, personne ne les a vus ! Ça c’est de un… Des gens meurent, ils disent que c’est le coronavirus qui les a tués. Jusqu’à présent nous n’avons pas vu encore un corps qu’ils ont montré et qui nous démontre que c’est le coronavirus qui l’a tué ! Vous avez dit qu’il y a le coronavirus, nous disons que ça n’existe pas ! Nous les citoyens sommes convaincus qu’au Niger le coronavirus n’existe pas ! Et ça n’existe pas, d’ailleurs ! Dr Zourkaleyni qui l’a dit, ils l’ont arrêté ! Il a expliqué aux gens que si le coronavirus existe, quelle est la température à laquelle la chaleur du soleil peut le tuer. Ils ont pris Dr Zourkaleyni, ils l’ont arrêté…Moi, Amina Maïga… je ne crois pas que le coronavirus existe au Niger ! » Voilà, en substance, ce qu’on l’entend ajouter dans son audio. Tout explique, alors, qu’Amina Maïga ne croit pas du tout à l’existence du coronavirus au Niger. Pourtant, aucun pays de ce monde n’est épargné par cette pandémie.

Si, en tant que citoyenne, elle ne croit pas au Covid-19 parce qu’elle n’a pas vu des victimes, comment, tous ces partenaires techniques et financiers y croient-ils vraiment jusqu’à apporter à notre pays leur aide en tout genre pour le combattre ?

Le devoir du gouvernement est de protéger les citoyens, tous les citoyens malgré eux. Dans ce but, il peut prendre des mesures restrictives extrêmes. Si elle n’est pas malade du Covid-19, c’est tant mieux, mais cela n’empêche pas au gouvernement de la protéger ceux qui en sont porteurs.

Amina Maïga conclut son audio avec tant de véhémence et de haine mal contenues : « Je ne donnerai aucun franc au gouvernement !  Moi-même, j’ai besoin d’aide ! Ils parlent d’aide, mais, qu’ils viennent en aide au bas peuple ! C’est auprès du bas peuple qu’ils vont prendre de l’argent pour aller donner… à qui ? Quelle est cette personne qu’ils sont en train de soigner ? Je ne donne pas !  Celui qui va prélever mon argent de force et courir l’emmener là où je ne veux pas du tout… Ça c’est de l’escroquerie pure et simple… Ça c’est un abus de pouvoir, je ne l’accepterai jamais ! »

Evidemment, ces propos, quoique dits dans un groupe WhatsApp, ne sont pas passés inaperçus. La police a très tôt recherché son auteure et l’a, illico, conduite sous les verrous. Ce qui, nécessairement, doit alerter les fauteurs de troubles via les réseaux sociaux où qu’ils se trouvent. Une loi sur la cybercriminalité a, d’ailleurs, été votée par nos élus il n’y a pas longtemps et Amina Maïga vient d’en être la victime.

Il faut se battre pour préserver la liberté d’expression dans notre pays. C’est une liberté fondamentale. Encore faut-il également que les citoyens soient vigilants. Les propos difmatoires, nihilistes et haineux peuvent vous attirer des ennuis. Tu peux ne pas croire à l’existence de cette maladie mais pousser l’outrecuidance jusqu’à en faire l’apologie de son inconséquence, il y a des limites à ne pas franchir.

Bassirou Baki Edir 

Niger Inter

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