Le président de la République, Issoufou Mahamadou, s’est adressé à la Nation le lundi 6 avril 2020. Contrairement aux deux précédents messages à la Nation du 13 et 27 mars dernier, axés sur la pandémie du Covid-19, cette nouvelle adresse à la Nation du Chef de l’Etat a exclusivement été consacrée à la présentation du bilan des 9 années de mise en œuvre du Programme de renaissance. Un bilan qui coïncide avec le 9ème anniversaire de l’accession d’Issoufou Mahamadou à la magistrature suprême du Niger. Retour sur quelques points saillants du bilan des 9 ans de mise en œuvre du Programme de renaissance Acte 1&2, présentés par le Chef de l’Etat dans son message à la Nation.

« Globalement, tous les objectifs assignés au Programme de renaissance I &II sont atteints », a dit le président Issoufou qui s’est réjoui aussi d’avoir « tenu les promesses faites au peuple nigérien ».

Pendant les 9 années de mise en œuvre du Programme de renaissance, aucun secteur de la vie sociale, politique et économique du pays n’a été laissé pour compte. D’importants investissements ont été réalisés, ce qui a permis au Niger d’amorcer sa propre transformation.

Une économie classée parmi les plus dynamiques du monde

Les performances économiques du Niger de 2011 à 2019 ont été exceptionnelles. « L’économie nigérienne a connu un taux de croissance moyen de 6% contre 4,2% pour la période 2000 à 2010. Une croissance qui s’est traduite par un doublement du PIB en 2019 par rapport à son niveau de 2010», a déclaré le Chef de l’Etat. Quant au taux d’inflation, il a affiché « une moyenne de 2% sur la période 2011-2019, donc en dessous de la norme communautaire de 3% ».

En plus de ces performances, a souligné le président Issoufou, « la mobilisation des recettes fiscales a connu aussi un nouveau dynamisme à partir de 2018 grâce à la mise en œuvre des reformes structurelles dans le cadre de l’assainissement des finances publiques ». En moyenne annuelle, a dit le Chef de l’Etat, « les recettes fiscales ont progressé de 11,27% depuis 2011, ce qui a permis de mobiliser sur cette période, un total de plus de 7. 188 milliards de Fcfa », a-t-il précisé.

La mobilisation des ressources extérieures a également été significative comme en témoigne « le montant annuel mobilisé qui est passé de 157,8 milliards en 2010 à 679,8 milliards de Fcfa en 2019 ». Pendant ce temps, le total mobilisé sur cette période s’est élevé  à 4.358 milliards de Fcfa ». Selon le Chef de l’Etat, « le montant cumulé des ressources internes et externes mobilisé entre 2011 à 2019 s’élève à 11 546 milliards de Fcfa ».

En pourcentage du PIB, précise-t-il, « les dépenses publiques affichent une moyenne de 26% au cours de la période 2011-2019 et en valeur nominale, elles sont passées de 612,4 milliards de Fcfa en 2010 à 1. 620 milliards en 2019 ».

 Le cumul des dépenses de 2011 à 2019, a dit le président Issoufou  « s’élève à 11. 253 milliards Fcfa, ce qui représente 78% des prévisions du programme de renaissance Acte 1 & 2 ». S’agissant du taux de consommation annuel des crédits d’investissement, il est passé de « 60,21% à 82% en 2019 », se félicite le Chef de l’Etat.

Cette performance réalisée dans la consommation des crédits s’explique, selon le président Issoufou, par « la révision du code des marchés publics, l’amélioration des procédures de mise en vigueur des projets ainsi que la mise en place du système de suivi de proximité sur le décaissement des projets et programmes ».

Selon le président Issoufou, « c’est la combinaison de la mobilisation des recettes internes et des ressources extérieures d’une part, et l’efficacité de la dépense d’autre part, qui ont permis l’amorce de la transformation du pays dans tous les secteurs ».

Le Chef de l’Etat a en outre indiqué que « sur la période de mise en œuvre du Programme de Renaissance, les crédits à l’économie ont connu une progression moyenne de 10,3% en passant de 347 milliards de FCFA en 2010 à 946 milliards en 2019 ». Cette augmentation, devait-il préciser, est principalement « tirée par les crédits au secteur privé qui sont passés de 295 milliards de FCFA en 2010 à 817 milliards en 2019 ».

Aussi, grâce au dynamisme dans la création de la richesse et la mise en œuvre des politiques dans les différents secteurs socio-économiques, souligne le Chef de l’Etat, « les indicateurs qui mesurent le niveau de vie de la population se sont améliorés », à l’exemple du PIB par tête s’est « accru de 40% sur la période 2010-2019 ». L’on note aussi une nette amélioration de l’incidence de la pauvreté et le renforcement la classe moyenne.

Outre le secteur économique, le volet infrastructure a connu également un développement sans précédent.

En moyenne 13% des ressources injectées dans les infrastructures

« Sur une prévision de 10%, le secteur des infrastructures a reçu en moyenne 13% des ressources mobilisées de 2011 à 2019 », a souligné le Chef de l’Etat. Un investissement de taille qui a permis au « réseau routier national de se renforcer par la construction et la réhabilitation des routes ».

A titre illustratif, note le président de la République, « le linéaire des routes bitumées réalisées et en cours de réalisation est de plus de 2.600km.. Pour les routes bitumées en perspective, ils sont plus de 2.100 Km et ceux des routes rurales réalisées et en cours de réalisation sont à 2.800 Km ».

Seul regret dans le volet infrastructures, l’arrêt de la construction du chemin de fer Niamey Cotonou, pourtant démarrée avec beaucoup d’enthousiasme. La non réalisation de ce chemin de fer au cours de cette période « constitue un de mes plus grands regrets », a dit le Chef de l’Etat.

En plus du réseau routier, le Programme de renaissance a accordé aussi une très grande attention au développement des télécommunications. Les investissements consentis dans ce secteur ont permis d’atteindre « un taux de couverture des services de télécommunication de l’ordre de 92% en 2019 contre 54% en 2010 », selon le Chef de l’Etat.

Une évolution qui est due, selon le président Issoufou, « à l’augmentation du réseau de la fibre optique qui passe de 550 km à 3.847 kilomètre linéaires (kml)  entre 2010 et 2019 et à l’évolution du taux de pénétration global des TIC de presque 25% en 2010 à environ 48% en 2019 ».

S’agissant du nombre de points de contacts des services postaux, il s’est beaucoup progressé, « passant de 34 en 2014 à 99 en 2019 », selon le président Issoufou.

Pour ce qui est du sous-secteur énergie, le Chef de l’Etat a indiqué que « les réalisations dans le domaine de l’électricité ont permis de porter le taux d’accès des ménages de 9% en 2010 à 14% en 2019 ». Quant à la puissance électrique installée, elle a connu une augmenté de 110 % pour s’établir à 229 MW en 2019, ce qui est encore faible par rapport aux besoins », selon le président de la République.

Toutefois, l’augmentation de la puissance électrique installée et le renforcement du réseau électrique ont contribué à « améliorer l’offre de services en électricité », a indiqué le Chef de l’Etat, soulignant que ces réalisations ont beaucoup « contribué au renforcement de la puissance électrique installée, principalement la centrale thermique diesel de Gorou Banda, la centrale solaire photovoltaïque de Malbaza, l’installation de groupes électrogènes de capacités variables dans plusieurs localités ».

Le Chef de l’Etat a fait part aussi des constructions en cours des centrales électriques, notamment « celle du barrage de Kandadji avec une puissance installée de 130 MW, celle de Goudel avec une capacité de 82 MW, la Centrale hybride solaire diesel d’Agadez avec une puissance de 13MW et la centrale solaire de Gourou Banda de 20 MW ».

La mise en service de ces nouvelles centrales permettra à notre pays de « disposer d’une puissance installée de 474 MW au minimum » a informé le Chef de l’Etat.

S’agissant toujours des investissements dans le secteur des infrastructures, le Programme de renaissance a porté aussi une attention particulière sur la modernisation des grands centres urbains du Niger.

Selon le président Issoufou, « cela s’est traduit par la construction et/ou la réhabilitation d’importantes infrastructures socio-économiques et culturelles au niveau de sept villes du pays chef-lieu de région, à savoir Agadez, Dosso, Maradi, Niamey, Tahoua, Tillabéry et Zinder qui ont été modernisées ». S’ajoute aussi la modernisation des aéroports d’Agadez, de Niamey, de Maradi, de Zinder et de Tahoua. Le programme de modernisation de la ville de Diffa, « Diffa Nglaa » est quant à lui en cours de réalisation.

Pour le cas spécifique de la ville de Niamey, le Chef de l’Etat constate qu’elle a été « embellie et dotée d’échangeurs et de boulevards ainsi que d’infrastructures d’accueil de grands évènements ce qui lui a permis d’accueillir dignement le sommet extraordinaire de l’Union Africaine en juillet 2019 ». Au regard de l’immensité des investissements faits, la ville de Niamey, a dit le président Issoufou, « se présente désormais comme un hub pour l’accueil des conférences et sommets internationaux ».

Aux termes de son message, le Chef de l’Etat a souhaité que les nouvelles autorités que le peuple nigérien aura à élire en 2021 « poursuivront l’œuvre de transformation du pays ».

Oumar Issoufa

Niger Inter

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