Dans le cadre de sa politique du suivi de l’inflation, l’INS (Institut National de la Statistique) a publié le 20 janvier dernier, une note sur l’évolution des prix à la consommation de l’année écoulée puis les perspectives pour l’année en cours, c’est-à-dire 2020. Cette évolution des prix est mesurée par l’IHPC c’est-à-dire l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation, qui est un instrument de mesure de l’inflation des huit pays de l’Union Economique Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Avec une inflation de -2,5% l’année dernière, l’INS table cette année sur un taux en dessous de la norme communautaire (3%).

Il faut dire que l’évolution du niveau général des prix et du taux d’inflation en 2019 s’est construite sur la base de l’inflation enregistrée à la fin de l’année 2018, et aussi sur les résultats des campagnes agricoles 2018-2019 et 2019-2020. Pour arriver à ce résultat, l’Institut National de la Statistique s’est servi de l’IHPC 2014 qui est un nouveau produit d’envergure nationale, en remplacement de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation IHPC base 2008 plutôt limité à la capitale Niamey. Selon Madame Omar Haoua Brahim, Secrétaire Générale de l’INS, le taux d’inflation en moyenne annuelle est de -2,5% en 2019 contre +2,7% en 2018. « En 2019, le Niger respecte déjà le critère de convergence relatif au taux d’inflation qui devrait être au plus égal à 3,0% », nous a-t-elle confié.

Conformément à la méthodologie utilisée, il faut souligner qu’au plan national, le panier de consommation des ménages est à 46%, constitué de produits alimentaires, eux-mêmes composés à 46% de produits céréaliers. En clair, « l’évolution du niveau général des prix au Niger, et partant de là, de l’inflation reste liée à celle des prix des produits alimentaires en général et des produits céréaliers en particulier », apprend-on.

Cette baisse du taux d’inflation de cette année, est également due à la « décélération de la pression inflationniste » enregistrée depuis la fin de l’année 2018. En effet, selon l’INS le taux d’inflation en moyenne annuelle qui est « la variation du rapport de la moyenne des indices des douze derniers mois à la moyenne des indices des douze mois précédents ». A titre d’illustration « de 2,7% en décembre 2018, il est ressorti à -2,5% en décembre 2019 », caractérisant une baisse substantielle en l’espace de  douze mois.

Quelle est la cause de cette baisse ?

Malgré la hausse des prix au niveau de certains produits et services, la baisse des prix  enregistrée au niveau d’autres ont eu une répercussion sur le taux d’inflation en moyenne annuelle de -2,5% en 2019. On peut citer les fonctions « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (-4,6%), « santé » (-2,8%), « transports » (-0,5%), « communications » (-9,4%) et « hôtels, cafés, restaurants » (-3,7%). En conséquence, le taux d’inflation en glissement annuel est ressorti à -2,3% en 2019 contre +1,6% en 2018.

 

Perspectives d’évolution des prix en 2020

« Prévoir l’inflation au titre d’une année à son début n’est pas chose aisée », a indiqué la Secrétaire générale de l’INS. Il faut dire que l’évolution des prix est soumise à plusieurs aléas dont « certains échappent à la logique constatée ». Toutefois, rassure t-elle, l’on a pu observer que la pression inflationniste qui s’est estompée vers la fin de l’année 2018, a gardé sa tendance baissière au cours de toute l’année 2019. En se basant sur ces données, l’INS affirme que « la baisse de l’inflation pourrait se poursuivre jusqu’à la fin du premier trimestre 2020 ». Cependant, l’inflation pourrait repartir à la hausse à partir du deuxième trimestre avec l’avènement du mois béni du Ramadan prévu en avril 2020 ou vers le début du second semestre 2020, avec l’entrée dans la période de soudure, eu égard aux résultats de la campagne agricole 2019-2020 jugée déficitaire. De plus, après les soubresauts liés à la loi de finances 2018, les prix des produits ayant amorcé un retour à la normale en 2019, pourraient de nouveau s’orienter vers la hausse en 2020.

En résumé, quelles que soient les différentes fluctuations des prix des produits et services en perspective cette année, « au vu du niveau actuel de l’inflation, l’on pourrait s’attendre à un taux d’inflation qui respecterait le critère de convergence UEMOA de 3% à la fin de l’année 2020 », a annoncé l’INS.

Koami Agbetiafa

Niger Inter

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