Le Niger est, de 2015 à aujourd’hui, soumis à des assauts incessants de groupes terroristes dans les régions de Diffa, Maradi, Tahoua et Tillabéry, provoquant un afflux massif de réfugiés en provenance des pays voisins (le Nigéria et le Mali) où sévissent ces groupes assoiffés de violence et des déplacements des citoyens nigériens de leurs terroirs vers des zones où ils estiment trouver la paix et la sécurité. Ce climat de violence que déplore la communauté internationale, affecte principalement les enfants que des terroristes armés, thuriféraires professionnels, soumettent à des viols, menaces, agressions physiques, kidnappings et enrôlements forcés.

Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a, sur ce plan, documenté dans les régions affectées jusqu’à 1413 incidents en 2019. La situation est donc plus que critique et par conséquent mérite des mesures adéquates et fortes.

Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de la protection de l’enfant et de la stratégie nationale de restructuration des services de l’action sociale au Niger, le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant a créé en juin 2017, avec l’appui de ses partenaires comme l’Unicef, des Centre sociaux de Prévention, Promotion et Protection des Enfants (CEPPP).

Diffa, région de loin la plus touchée par les atrocités provoquées surtout par la nébuleuse Boko Haram, avec 734 incidents affectant les enfants répertoriés en 2019 par le HCR, s’est vue dotée de plusieurs structures similaires.

Dans la ville-même de Diffa, plus précisément au quartier Plateau, 100 enfants victimes des situations de crises et des familles défavorisées fréquentent le CEPPP local. Un centre qui a vu le jour, il faut la préciser, le 16 juin 2017 lors de la célébration de la Journée de l’Enfant Africain.

Mme Hassane Tchima Directrice Régionale de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant de Diffa a indiqué à la presse que ledit CEPPP a été créé par l’Unicef et qu’il constitue l’endroit idéal où sont pris en charge « la plupart des enfants qui sont en difficulté surtout ceux qui ne sont pas scolarisés ». Elle a, notamment, souligné que ces derniers « viennent au niveau de ce centre pour se recréer, jouer aux jeux auxquels ils n’ont pas accès chez eux et par ricochet éviter d’être dans la rue en train de se pavaner ».

Les attaques terroristes de Boko Haram, avec leurs corolaires d’enlèvements de personnes, de viols et tueries à grandes échelles, ont séparé la plupart d’entre eux de leurs familles. C’est souvent le père qui a été enrôlé ou tué quelque part tandis que nombreux sont les enfants qui ont perdu père et mère.  « C’est par rapport à tout ça que nous accueillons ces enfants au niveau de ce centre. On a une moyenne de 100 enfants qui viennent ici » a précisé Mme Hassane Tchima.

Quant à Mme Sani Harika Aya, Directrice Départementale de la Promotion de la femme et de la Protection de l’Enfant, elle a surtout insisté sur la principale motivation ayant conduit l’Unicef à créer le CEPPP de Diffa. Il s’agit, d’après elle, de s’occuper des enfants issus des familles vulnérables qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école et des enfants déscolarisés. Le centre s’occupe précisément des enfants dont l’âge varie entre les tranches de 3 à 5 ans, de 6 à 12 ans, et de 13 à 15 ans.

Melle Mariama Marie Boulama est, pour sa part, animatrice au CEPPP de Diffa depuis 3 ans.  C’est dans ce principe qu’elle fait, d’après elle, « de l’animation pour les enfants sur les jeux d’éveil et de société, les jeux physiques et sportifs, la numérotation et les jeux traditionnels. C’est l’Unicef qui prend en charge mon salaire ».

Elle a, en outre, ajouté qu’il y a « trois tranches d’enfants qui vont de 3 à 5 ans à qui on fait de jeux d’éveil de conscience, de 6 à 11 ans pour lesquels nous faisons des jeux de société. Des enfants de la tranche de 13 à 15 ans sont généralement des enfants de collège qui viennent se recréé ici. Ce n’est pas seulement des enfants de réfugiés qui fréquentent le centre, il y en a qui sont de la ville ».

Fati Mahamadou, 14 ans, est jeune élève de 5ème. Elle vient depuis Ajiméri un quartier voisin à celui du Plateau où se trouve le CEPPP.  Elle a expliqué avec joie que « je suis heureuse de venir ici jouer quand je n’ai pas cours. J’ai fait beaucoup d’amies avec qui on s’amuse chaque jour à la balançoire et au Lido. Mon quartier est loin d’ici mais je suis toujours contente de revenir et retrouver mes amies »

Le seul bémol qu a été souligné par Mme Sani Harika Aya au niveau de cette structure ô combien vitale pour les enfants issus des familles défavorisées est le manque de prise en charge des enfants pendant les heures creuses contrairement au niveau de certains centres où des repas leurs sont offerts.

Cet espace récréatif tout comme de nombreux autres CEPPP implantés un peu partout dans les régions affectées par le terrorisme, a été mis en place par l’Unicef grâce à l’appui de l’Union Européenne, d’ECHO et du Japon, renforce  le volet protection de l’enfant dans le travail des services sociaux publics et participe à poser les bases pour un déploiement plus important et plus efficient des services de protection de l’enfant dans l’ensemble de notre pays.

Bassirou Baki Edir

 

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