Dr Aïchatou Mindaoudou est aujourd’hui la Présidente Directrice Générale du cabinet IPITI CONSULTING spécialisé dans l’ingénierie politique, la stratégie, la communication ainsi que toutes les questions de sécurité, de cohésion sociale, de règlement des conflits et de médiation. Il est également un Think Thank. En juin 2019, Elle est nommée Envoyée Spéciale de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) pour l’Afrique. Elle est la première femme et première africaine à être nommée à ce poste. Elle a été Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire du 17 mai 2013 au 30 juin 2017. Dans cette interview exclusive, l’ancienne cheffe de la diplomatie nigérienne décrypte la situation sécuritaire au Sahel, donne son opinion sur le Sommet de Pau et la situation en Libye tout en préconisant des pistes de solution pour lutter efficacement contre le terrorisme au Sahel.

 

Niger Inter : Récemment dans une tribune, avant la rencontre de Pau, vous avez mis en avant la nécessité de la coopération militaire. En substance quelle est votre réaction sur le Sommet de Pau et ses conclusions ?

 

Dr Aïchatou Mindaoudou : Permettez-moi tout d’abord, d’exprimer encore une fois, ma compassion à toutes les familles endeuillées par le terrorisme dans notre pays et de leur exprimer mes condoléances les plus attristées.

Le Sommet de Pau a eu le mérite de recadrer la stratégie militaire en définissant un nouveau cadre d’intervention, la « Coalition pour le Sahel », dont l’ambition est de rassembler, à terme, les pays du G5 Sahel, la France et les autres partenaires afin d’obtenir très rapidement des résultats tangibles sur le terrain. Il y a également une volonté affichée pour plus de coordination de l’action sur le terrain, au-delà du simple échange de renseignements en cours jusqu’ici. L’initiative de mettre en place un commandement conjoint permettra de fédérer les différentes interventions et appuis bilatéraux et internationaux avec l’action des armées nationales et de rendre l’intervention plus efficace. Cela devrait apporter une réponse à ce que l’International Crisis Group, dans son rapport de 2017, a appelé l’« embouteillage sécuritaire ».

Il restera certainement à convaincre les Américains de ne pas se retirer de la zone sahélienne ce qui, aux dires des Chefs d’États, risque de handicaper sérieusement le dispositif opérationnel en place.

Niger Inter : Quelle analyse faites-vous de la situation sécuritaire au Sahel ?

 

Dr Aïchatou Mindaoudou : A mon avis, la situation au Sahel est une menace à la paix et à la sécurité internationales. Vous savez, les Djihadistes cherchent à défaire et/ou à contrecarrer les alliances qui sont nouées dans le Sahel pour les combattre afin de s’y installer et de mener leur guerre contre l’Occident à partir de ce territoire qu’ils auront au préalable conquis. Pour le moment, nous sommes dans une situation où il faut contenir et résoudre définitivement ce problème pendant qu’il est encore temps. Si cela n’est pas fait, la menace terroriste va déferler sur l’Europe en ayant fait des dégâts irréparables dans nos pays et là, ce sera trop tard. C’est une menace pour l’ensemble de la planète qui doit être gérée dans le cadre prévu par le Chapitre VII de la Charte des Nations-Unies. Espérons que la nouvelle « Coalition pour le Sahel » sera l’embryon qui aboutira à terme à l’inscription de la question au Chapitre VII (articles 40 et 41).

Niger Inter : Le débat est focalisé entre ceux qui sont pour ou contre la présence des bases militaires. N’est-ce pas mal poser le problème ?

 

Dr Aïchatou Mindaoudou : Oui, la réponse se trouve dans votre question. En réalité, il s’agit de la coopération, de la coordination et de l’accompagnement qu’il convient d’améliorer comme l’atteste l’actualité politique autour de la question. Tous les avis concordent, les forces étrangères, aujourd’hui déployées au Sahel, notamment les forces spéciales américaines au Niger (800) et les forces françaises (4500, en incluant les forces spéciales de Sabre) ne peuvent à elles seules, protéger l’ensemble des populations du Sahel. En ce qui concerne les 11 690 hommes de la MINUSMA au Mali, les Nations-Unies n’ont eu de cesse de rappeler que leur rôle est d’accompagner la mise en œuvre de l’Accord d’Alger et non de mener des actions de contre-terrorisme.  La Secrétaire Générale adjointe du Département des Opérations de Maintien de la Paix le rappelait encore le 25 novembre 2019 à Dakar. Par ailleurs, les populations ne l’entendent pas ainsi notamment lorsqu’elles sont attaquées parce qu’elles savent qu’en vertu de la Résolution2480 (2019) du 28 juin 2019, la protection des civils, la réduction des violences intercommunautaires font partie de la deuxième priorité stratégique de la MINUSMA qui doit être exécutée en appui au Gouvernement malien.

En plus il faut bien comprendre que ces forces ne se substituent pas à nos armées. Cependant, dans le cadre de la coopération, leur appui est indispensable. Il reviendra aux armées nationales de définir la stratégie et les modalités de l’accompagnement dont elles ont besoin pour être plus performantes dans la conduite de la guerre asymétrique à laquelle elles sont astreintes. L’approche et la stratégie mises en œuvre jusqu’ici n’ont pas été forcément développées par les pays sahéliens. Pourquoi ne pas permettre à nos armées de développer une nouvelle approche ? C’est la raison pour laquelle, à mon sens, la coopération est importante et devrait s’inscrire dans le sens de l’accompagnement, par nos partenaires, dans la mise en œuvre de la nouvelle approche, notamment à travers une coordination et des actions communes sur le terrain. Ces dernières permettraient un transfert de compétences le cas échéant. Cet accompagnement implique également les moyens nécessaires pour une mise à niveau véritable de nos armées.

Souvenez-vous, que c’est seulement depuis 2011, que nos pays sont confrontés au terrorisme dans sa forme actuelle alors que les pays occidentaux, eux, l’ont combattu depuis longtemps sous des formes diverses et sur des territoires divers. On peut s’enrichir de leur expérience. Il est indispensable également que les différents programmes de formation en cours soient complémentaires et mutualisés au lieu d’être une superposition et une cohabitation de programmes qui ne s’inscrivent pas dans une stratégie globale ni dans une vision qui permet d’atteindre très rapidement la montée en puissance des armées nationales.

Niger Inter : D’aucuns parlent de l’hypocrisie de la Communauté internationale sur le Sahel face au terrorisme. Quelle est votre réaction en tant que Sahélienne sur ce qui ressemble à une indifférence au regard de la désolation des pays du Sahel ?

 

Dr Aïchatou Mindaoudou : Le Conseil de Sécurité n’a à ce jour, pas encore décidé d’une action vigoureuse et concertée, comme l’y autorise la Charte en son Chapitre VII lorsque la Paix et la sécurité internationales sont menacées. Pour preuve, comme l’ont souvent rappelé nos Chefs d’États, ils ont sollicité la communauté internationale pour que la question du terrorisme, qui, il faut le souligner, est la résultante de l’intervention de cette même communauté internationale en Libye, soit considérée pour ce qu’elle est : une réelle menace à la paix mondiale. Ils n’ont pas encore été écoutés.

Certains membres du Conseil de Sécurité sont réticents à ce que la question soit traitée au sein du Conseil et que les solutions adaptées soient retenues. Le Conseil peut décider de recourir à la force pour endiguer cette menace. Il est indéniable qu’en l’état actuel des choses, le Sahel est une sorte de verrou fragile qu’il faut consolider.  S’il venait à sauter, l’ensemble de la Communauté internationale en ressentirait durement les effets et les investissements à consentir pour réparer les dommages n’en seraient que plus élevés.

Niger Inter : L’hypocrisie de la Communauté internationale s’observe aussi en Libye où un gouvernement est reconnu par l’ONU et en même temps certaines puissances soutiennent une faction ou mouvement dirigé par le général Haftar. Comment selon vous mettre un terme à la poudrière libyenne ?

 

Dr Aïchatou Mindaoudou : La situation en Libye est très complexe. Il est aujourd’hui quasiment impossible de prédire comment mettre un terme à la poudrière libyenne. En revanche, je pense que la communauté internationale doit prendre conscience de la gravité de la situation qui se complique chaque jour un peu plus dans ce pays, du fait de l’ingérence étrangère qui cristallise les antagonismes existants.  Si l’on n’y prend garde, on tend vers une situation à la syrienne qui va forcément impacter non seulement nos pays mais également l’Europe. Dans tout cela, l’intérêt des libyens eux-mêmes n’est pas du tout pris en compte. Beaucoup d’initiatives sont menées dont récemment, celle du dimanche 19 janvier dernier à Berlin. Elles tendent à éviter un embrasement en Libye. Au cours de la réunion de Berlin, les principaux pays concernés par le conflit ont promis de respecter l’embargo sur les armes et de ne plus interférer dans les affaires intérieures libyennes. Le pourront-ils ? Le feront-ils ? J’en doute fort. A l’issue de la conférence de Berlin, certains pays n’ont d’ailleurs pas hésité à déclarer, que tant que leurs intérêts ne seraient pas préservés, ils ne quitteront pas la Libye ! Par ailleurs, il importe également de tenir compte de l’antagonisme entre les deux rivaux qui est tel qu’ils ne peuvent même pas se parler pour le moment du fait justement du jeu que jouent certains pays. Quel est l’enjeu ?

Niger Inter : En tant que sahélienne et nigérienne en particulier, quels sont selon vous les bonnes attitudes et pratiques pour vaincre le terrorisme ?

 

Dr Aïchatou Mindaoudou : Prétendre connaitre les bonnes attitudes et pratiques pour vaincre le terrorisme serait présomptueux. Je peux, par contre, faire quelques observations. Vaincre le terrorisme nécessite une solution holistique. Les composantes majeures de cette approche touchent notamment à l’aspect militaire et sécuritaire, à la communication et l’information, au développement et à la lutte contre la pauvreté ainsi que la participation citoyenne.

 

  • Continuer à mener des interventions militaires efficaces avec pour objectif, l’appropriation de la lutte contre le terrorisme par les armées nationales. La définition de la stratégie reviendrait aux armées nationales avec un accompagnement pour son opérationnalisation par les partenaires internationaux dans les conditions que j’ai indiquées plus haut ; cette intervention militaire devrait obligatoirement être accompagnée d’une campagne régulière d’information de l’opinion publique sur les décisions qui sont prises, les alliances qui sont nouées et les résultats obtenus, dans le but de couper court aux supputations et aux fictions de toute sorte. Il est vrai que la chose militaire n’aime pas beaucoup le bruit, mais dans le contexte actuel où la communication, surtout à travers les réseaux sociaux a pris des proportions considérables, il me semble important de sceller un pacte social, basé sur la confiance, entre les sources d’informations sécuritaires et des médias crédibles au bénéfice des populations et de la sécurisation de nos pays et de la sous-région ;
  • Communiquer davantage les conseils positifs à l’endroit des populations notamment, ceux qui consistent à leur demander de ne pas faire le jeu des terroristes en se faisant le porte-voix de leurs informations et infox (fausses informations) macabres dont l’objectif de distiller la peur, de créer une atmosphère de terreur invalidante et de montrer leur capacité de destruction et leur force ;
  • Éviter diviser les citoyens et créer les conditions pour qu’ils se concertent pour définir et mettre en oeuvre des solutions idoines. Le contraire équivaudrait à faire le jeu des terroristes. Il importe de se rassembler autour de l’intérêt national et de s’entendre sur un pacte national minimal qui définira les modalités pour mobiliser l’ensemble de la population afin que chacune et chacun, dans la capacité et dans la position qui est la sienne, puisse y apporter sa contribution ;
  • Poursuivre le débat démocratique est important. Il est même incontournable. Ce débat doit se faire dans la sérénité et non dans le « terrorisme » intellectuel qui est stérile et qui voue aux gémonies les personnes dont les opinions divergent. Il doit permettre à chacun d’exprimer librement son opinion et déboucher, à terme, sur des propositions concrètes à même d’identifier les moyens opérationnels pour faire face à ce fléau qui menace l’existence même de nos pays. La sécurité est l’affaire de toutes et de tous !
  • Pourquoi ne pas, par exemple, organiser des États Généraux sur la sécurité ou tout autre forum pour mettre tout le monde ensemble autour d’une table, au-delà de tout clivage, afin de discuter et de proposer des solutions adéquates pour notre pays, le seul bien que nous ayons en commun. Cela susciterait non seulement un sursaut national et créerait un front commun contre les forces qui veulent mettre en péril notre Nation mais également enverrait un signal très fort d’unité et de soutien à nos forces armées nationales.
  • Il est tout aussi fondamental d’informer les populations, surtout dans les zones rurales concernées et de les mettre également à contribution dans le dispositif de lutte contre le terrorisme. Nous en avons les moyens modernes et traditionnels. Ici, je voudrais souligner la nécessité de mettre nos populations en confiance afin qu’elles jouent pleinement leur partition en restant sourdes et imperméables aux incitations et manipulations de toutes sortes dont elles font l’objet ; c’est l’intérêt national qui est en jeu ;
  • Continuer à prendre à bras le corps toute la problématique de la lutte contre la pauvreté, du développement et de la bonne gouvernance à travers des actions concrètes de développement qui améliorent le quotidien de nos populations notamment au niveau.

Interview réalisée par Elh. Mahamadou Souleymane

 

 

Qui est Dr Aïchatou Mindaoudou ?

Mme Aïchatou Mindaoudou est aujourd’hui la Présidente Directrice Générale du cabinet IPITI CONSULTING spécialisé dans l’ingénierie politique, la stratégie, la communication ainsi que toutes les questions de sécurité, de cohésion sociale, de règlement des conflits et de médiation. Il est également un Think Thank.

 

En juin 2019, Elle est nommée Envoyée Spéciale de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) pour l’Afrique. Elle est la première femme et la première africaine à être nommée à ce poste. Elle a été Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire du 17 mai 2013 au 30 juin 2017. Son parcours professionnel repose sur une solide formation en Droit international Public et en Droit international du développement.

 

Mme Aïchatou Mindaoudou a commencé ses études de droit en 1979, en Côte d’Ivoire à l’Université de Cocody à Abidjan. En 1982, elle décroche sa maitrise de Droit public avec mention Très Bien. Après une année de service civique au Niger, piquée au virus du droit, elle poursuit sa formation en France, à l’Institut du Droit du Développement de l’Université Paris V (Malakoff), où elle obtient un Certificat de 3ème cycle en Droit International du Développement et à l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne), où elle décroche son Doctorat en Droit International du Développement avec la mention Très Honorable. En 2000, elle obtient l’Habilitation à diriger les recherches à l’Université d’Orléans.

 

En 1991, à la veille de la Conférence nationale, Mme Aïchatou Mindaoudou retourne au Niger, où elle s’investi activement dans le processus de démocratisation de la vie politique ainsi que dans l’éveil et la mise en place de la société civile. Première femme titulaire d’un Doctorat en Droit, elle enseigne le droit Public International et les Relations Internationales à la Faculté de Droit de l’Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey.

 

Elle prend part à la rédaction de la Constitution, du Code électoral et des textes devant régir le nouvel environnement démocratique en gestation au Niger. C’est également à cette période que Mme Mindaoudou, des magistrats et un groupe d’enseignants de la Faculté de Droit mettent en place le Réseau de Diffusion et d’Intégration du Droit en milieu rural (RIDD-Fitila) une ONG dont elle devient la Secrétaire générale. Dans le cadre de ce réseau, Aïchatou Mindaoudou s’engage dans la diffusion du droit en français et dans les langues nationales auprès des communautés rurales au Niger, parcourant déjà à cette époque, les villes les villages et les hameaux les plus reculés du Niger pour informer et sensibiliser les populations surtout rurales à la démocratie, à la citoyenneté et à l’exercice de leur droits et devoirs.

 

Dans le livre intitulé 100 femmes du Niger, publié par le Fond des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Mme Mindaoudou explique son engagement en faveur de la promotion du Droit auprès des populations et des femmes : ‘’Il fallait surtout faire comprendre aux populations, surtout aux femmes qu’elles étaient partie prenante à ce processus et qu’il n’aurait aucune valeur sans leur participation. Nous avons beaucoup insisté sur la participation électorale, avec ce mot d’ordre : un homme, une voix, une femme, un vote’’.

 

Remarquée pour son engagement en faveur de la démocratie, des Droits de l’Homme et de l’autonomisation des femmes surtout rurales, Aïchatou Mindaoudou est nommée au poste de Ministre du développement social, de la Promotion de la Femme de la Population et de la Protection de l’Enfant, de 1994 à 1995. De 1999 à l’an 2000, elle est nommée au poste de Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération. En septembre 2001 elle est à nouveau rappelée au même poste qu’elle occupera jusqu’en février 2010. Au cours de cette période, elle sera Agente du Niger devant la Cour Pénale Internationale (CPI) dans le cadre du différend frontalier entre le Niger et le Bénin qui aboutira à la reconnaissance de la souveraineté du Niger sur l’île de Lété. Lorsque le Niger présidait la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), elle y a présidé le Conseil des ministres pour la médiation et la paix, et a dirigé l’engagement de la CEDEAO dans la promotion de la paix et de la réconciliation en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, Guinée Conakry, ainsi qu’au Togo, entre 2005 et 2007.

 

Son sens de la diplomatie, de la négociation politique, de la médiation et du règlement des conflits ainsi que sa parfaite maitrise des rouages juridiques lui ouvrent la voie d’une brillante carrière diplomatique internationale.

 

C’est ainsi qu’en juin 2011, Mme Mindaoudou est nommée par le Secrétaire Général de l’ONU et le Président de la Commission de l’Union Africaine comme Représentante spéciale conjointe chargée des questions politiques à l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD).  D’août 2012 à mars 2013, elle devient Représentante spéciale conjointe et Chef par intérim de la MINUAD, ainsi que Médiateur en chef conjoint par intérim devenant ainsi la première femme africaine à diriger une mission de maintien de la paix. Elle s’engage résolument dans la résolution des conflits en Afrique car ces derniers hypothèquent gravement les capacités des pays africains et le développement de l’Afrique. En plus, elle touche du doigt une réalité qu’elle connaissait déjà : les femmes et les enfants en sont les premières et principales victimes des conflits.

 

Du 17 mai 2013 au 30 juin 2017 Mme Aïchatou Mindaoudou, que les populations ont surnommée, la vagabonde la paix, occupe le poste de Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire et Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).

 

Son engagement pour la paix pour la démocratie, pour les Droits de l’Homme et surtout ceux des femmes afin de mettre en place une société plus juste est demeuré intact et sa conviction dans ce sens s’est même consolidée. « Nous avons travaillé pour une plus grande prise la prise en compte du genre dans toutes nos opérations, et grâce à nos efforts de plus en plus de femmes participent aux prises décision dans les administrations locales » affirme-t-elle dans le magazine », Les Voix du Darfour » en mars 2013.

A l’ouverture du séminaire sur la participation des femmes aux processus de paix dans l’espace francophone à Abidjan, le 17 novembre 2016, elle dira : « j’ai parcouru 45.000 Km en trois ans en Côte d’Ivoire pour aller parler aux Communautés, aux femmes, aux hommes, aux jeunes. Et partout où j’ai été, des femmes leaders insoupçonnées et médiatrices naturelles ont émergé et ont fait, de par leurs convictions et leur engagement résolu, évoluer de façon conséquente la paix sociale et le vivre ensemble dans leurs communautés ».

 

Elle a obtenu plusieurs distinctions et témoignages de satisfaction dont :

  • Grand-Croix de l’Ordre du Mérite du Niger, 2003 ;
  • Grand Officer du Wisam (ALAWI) Maroc, 2004 ;
  • Grand Officier de la Légion d’Honneur, France, 2006 ;
  • Commandeur de l’Ordre National du Niger, 2008 ;
  • Grand Officier de l’Ordre du Mono, République Togolaise, 2008 ;
  • Commandeur des Palmes Académiques du Niger, 2011 ;
  • Commandeur de l’Ordre National du Mérite de la Solidarité, Côte d’Ivoire, 2016 ;
  • Commandeur de l’Ordre National de Côte d’Ivoire, 2017.

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, passe en revue les troupes et préside la cérémonie de remise de médailles des Nations Unies au 22e contingent Nigérien de l’ONUCI à Tabou (0uest – 04 avr 2016)

 

 

 

 

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