Maradi, à plus de 600 km de Niamey, un des poumons économiques du Niger, n’est pas épargnée par l’insécurité ambiante, une insécurité en cours de métastase dans toute la région ouest-africaine.

Bien qu’elle soit une région éloignée de l’épicentre de la secte terroriste nigériane Boko Haram, et loin de la ‘’zone de trois frontières’’ (Niger, Mali, Burkina Faso), zone de prédilection de nombreux mouvements djihadistes, ses populations vivent en permanence dans la peur d’être prises pour cible par des groupes de bandits armés.

La quiétude des populations vivant dans le sud de cette région notamment, a été souvent perturbée ces derniers temps par des actes plus ou moins terroristes, des rapts de personnes, de vols de bétails et de confrontation avec des forces de défense et de sécurité.

En exemple, ce rapt de la nièce d’un certain Adamou Sani, infirmier au CSI de Babban Rafi, dans la Commune Rurale de Safo, Département de Madarounfa, à la frontière de l’Etat du Katsina au Nigéria. Les bandits en armes qui ont kidnappé la jeune fille menacent, selon nos sources, de la mettre à mort si la rançon qu’ils demandent à la famille de la victime ne leur est pas versée ce vendredi 27 décembre 2019.

Il faut souligner qu’un montant de 50 millions de Francs Cfa avait d’abord été demandé par les ravisseurs le jour-même du rapt soit le mardi 24 Janvier 2019, montant qui est retombé à la somme de 10 millions de Francs Cfa. C’est grâce à un audio qui circule sur les réseaux sociaux, toujours selon nos sources, que la jeune fille a été identifiée comme victime d’un enlèvement et serait aux mains d’un groupe de bandits.

Pour l’instant, sa famille appelle à l’aide afin que la pauvre jeune adolescente soit libérée. Rien de concret ne serait encore entrepris par les autorités locales dans ce but, signalent nos sources.

Depuis que les Etats du nord Nigéria, notamment ceux de Katsina, de Zamfara et de Sokoto qui font frontière à la région de Maradi, ont commencé à être secoués par la violence armée qui se résume en des prises d’otages et des attaques meurtrières contre les populations civiles, le sud de cette région à grand potentiel économique vit sous la menace d’actes qui frisent le terrorisme.

Ces dernières années, des groupes armés ont, en effet, choisi comme repère cette zone frontalière entre le Niger et le Nigéria pour commettre régulièrement des exactions contre des populations reconnues comme des plus paisibles et s’attaquer à nos forces de défense et de sécurité. En janvier 2019 déjà, cinq de nos militaires ont été tués lors d’un accrochage avec ces derniers et cinq autres ont été blessés au Sud du Département de Madarounfa.

La fréquence des prises d’otages et autres exactions a entrainé, entre autres, la fuite vers le Niger de nombreux habitants des villes et villages du nord Nigéria.

Au 26 septembre 2019, plus de 40 000 réfugiés Nigérians sont arrivés en provenance des Etats de Sokoto, Zamfara et Katsina et se sont installés dans la région de Maradi du fait de la violence.

 Il a été répertorié que 64% des familles d’accueil de ces réfugiés abritent chacune en moyenne 23 personnes. D’où une situation humanitaire désastreuse qui interpelle la solidarité de toutes les organisations qui œuvrent dans le domaine.

Bassirou Baki Edir

Niger Inter

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