L’heure est grave et appelle plus à l’action qu’à la délation. Ne nous trompons pas d’ennemi ! C’est le moins qu’on puisse dire après le drame d’Inatès. Pourtant ni la gravité de la situation, ni la menace globale de la sécurité au Sahel par le terrorisme ne désarme certains zélateurs du populisme à promouvoir les contre valeurs. Qui a besoin d’un dessin pour se faire une idée du danger qui nous guette après que la République ait étalé, publiquement, 71 corps de nos vaillants soldats ? Il y a 48 heures, nous venons de perdre encore 14 de nos forces de défense et de sécurité vers Sanam.

 Lorsque, dans son message à la nation, le chef de l’Etat, chef suprême des Armées, déclare que nous sommes en guerre, il y a de quoi se ressaisir pour se mettre en ordre de bataille face à la menace terroriste qui n’épargne personne. Ne nous trompons d’ennemi, le terrorisme ne fait pas de quartier. Et pour le cas de notre pays, nous sommes attaqués par des gens qui n’ont aucune doléance connue en dehors de leur soif de sévir contre notre peuple, pour semer terreur et désolation.

 Et justement l’heure est grave, puisque nos agresseurs sont devenus plus puissants et plus violents qu’on ne le pense. A preuve, les premières analyses de l’attaque d’Inatès font ressortir une évolution dans la tactique d’approche par les terroristes, apprend-on. Cette approche est passée de l’attaque frontale à une attaque en plusieurs vagues, combinant l’utilisation d’EEI (engins explosifs improvisés) ou de tirs de mortiers suivie d’une vague d’assaut terrestre, selon une source. ‘’L’attaque semble aussi démontrer une approche plus disciplinée, patiente et structurée, avec le ciblage des structures de communication juste avant le début de l’attaque, ainsi qu’une approche d’attaque plus contrôlée’’.

 Il ne fait aucun doute que les attaquants bénéficient d’un encadrement tactique et stratégique de la part des combattants et formateurs très expérimentés, indique la même source. Le type d’armement et le nombre de combattants impliqués dans l’attaque contre le camp d’Inatès, combinés à la fréquence des attaques, suggèrent que le groupe terroriste disposait, à souhait, de combattants, d’armes et de vivres. Des vivres suffisants pour entretenir une armée. Que de ressources pour un supposé groupe armé !

Et toutes ces attaques se font au profit de trafics en tout genre : drogue, armes, cigarettes, migrants, etc. Les terroristes brassent des milliards de dollars US. Ce qui justifie de plus en plus leur efficacité et leur violence à l’encontre des armées régulières. En ce qui concerne le Sahel, selon certains experts, ‘’les parcs nationaux Réserve temporaire de Faune d’Ansongo-Menaka et, surtout, la Réserve partielle du Sahel jouent un rôle essentiel dans la capacité des terroristes à établir des camps, former des combattants et bénéficier des réseaux de trafic pour subvenir à leurs besoins et accumuler des réserves. En s’établissant dans la Réserve partielle du Sahel, les terroristes bénéficient d’une excellente base d’opérations et de repli, leur permettant de préparer des assauts majeurs comme ceux contre le camp d’Inatès’’.

L’on comprend aisément la gravité de la situation. Et c’est justement la pleine conscience du danger qui guette notre pays et le Sahel qui explique la fermeté du président Issoufou Mahamadou, lorsqu’il dit, en tant que chef suprême des Armées, ne plus accepter des actions de démoralisation des troupes. Ceci doit être compris comme une exigence du contexte. L’heure est grave. Ce n’est certainement pas au moyen des réseaux sociaux ou de manifestations de rue que la guerre sera menée. L’heure est grave et appelle tout simplement à l’action, avec les moyens adéquats et dans un état d’esprit de combat. Toute autre attitude serait de la complaisance, une perche tendue aux terroristes. Impensable, pour un dirigeant qui a la responsabilité d’un pays et d’un peuple !

Elh. M. Souleymane

Niger Inter

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