Au Niger, d’aucuns clament à cor et à cri qu’il n’y a pas de démocratie. Nous sommes sous l’empire de la dictature. Ce qui est assez curieux c’est quand ces coupeurs de cheveux en quatre  chantent cette litanie sur des plateaux de télévision et dans les journaux.

Il faut de tout pour faire un monde, dit-on. La démocratie est toujours un processus. Même dans  les vieilles versions de ce régime, on trouvera toujours à redire. Ces vieilles démocraties ont connu et connaissent encore leurs mouvements sociaux. Comme à Rome ou en Espagne, les Etats-Unis sous Obama ont connu leur  ‘’rendez-vous des indignés de la planète’’ made in USA en 2011.

La très démocratique administration Obama n’a pas lésiné sur les moyens  pour étouffer le mouvement  « Occupy Wall Street ». La police avait brutalement dispersé et arrêté les activistes. Aujourd’hui, personne n’en parle. La démocratie américaine continue à charmer sous nos tropiques.

Pour rappel, les observateurs ont constaté qu’aux USA : «  le mouvement (NDLR : occupy wall street) prend une ampleur inédite et jamais vue depuis les manifestations contre la guerre du Vietnam. Et attire de plus en plus de médias.», peut-on lire en ligne  sur le nouvelobs.com.

Au Niger, les Journées d’actions citoyennes (JAC) contre la loi des finances 2018 s’inspirant du mouvement historique de la lutte contre la vie chère de 2005 étaient autorisées à plusieurs reprises. A un certain moment, très remontés par la mobilisation, les leaders ont voulu innover en rapportant les heures de la manif de 16h à minuit. Avant la date fatidique du 25 mars, après avoir rejetés bruyamment les bons offices des leaders des associations islamiques, les leaders de la faction de la société civile, en conflit avec la loi aujourd’hui, ont cru devoir proférer un ultimatum au régime : ‘’retirez votre loi ou dégagez’’. Entre temps, le régime en place comme l’administration d’Obama avait bien compris les velléités insurrectionnelles de quelques-uns. La suite est connue : l’autorité de l’Etat est mise en branle. Le mouvement est réduit à sa portion congrue.

C’est justement cette réaction du pouvoir face à une insurrection avérée que d’aucuns considèrent comme la négation de la démocratie au Niger.

Mais ce que certains anarchistes feignent d’ignorer, c’est que « La démocratie consolide la domination plus fermement que l’absolutisme », comme dirait Herbert Marcuse. En effet, à la différence de la dictature, en démocratie on contraint le citoyen indélicat à être libre c’est-à-dire, comme dirait Rousseau, c’est en obéissant à la lui qu’on obéit à soi-même. Ce qui nous situe à mille lieues de l’anarchie qui est par essence négation des libertés et  la stabilité. Si seulement ceux qui parlent de dictature aujourd’hui se rappelaient de l’ère Kountché, ils comprendront qu’ils exagèrent. Ce n’est pas une différence de degré qui sépare la dictature du régime démocratique. Ceux qui entretiennent cette confusion des genres doivent se ressaisir. Ils doivent être proactifs. Condition sine qua non pour parfaire notre processus démocratique !

EMS

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