La lutte contre la corruption s’impose aujourd’hui comme l’un des chantiers prioritaires pour bâtir un État fort et un développement durable au Niger. En annonçant le recouvrement de plus de 63,8 milliards de FCFA en numéraire et près de 5 milliards en biens immobiliers, la Commission de lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale (CoLDEFF) envoie un signal clair : la transition place la redevabilité et la transparence au cœur de l’action publique.
Un mal profond aux conséquences multiples
La corruption ne se réduit pas à une simple infraction financière, elle fragilise les fondements mêmes de la société. Elle détourne les ressources destinées aux hôpitaux, aux écoles, aux routes ou encore à l’accès à l’eau potable. Mieux, elle nourrit les inégalités sociales, accentue la pauvreté et sape la confiance des citoyens envers l’État. Chaque franc du contribuable détourné est une école non construite, un centre de santé dépourvu du personnel et des médicaments, un forage abandonné, un projet agricole compromis et des populations privées des biens essentiels.
Un engagement politique affirmé
En recevant le président de la CoLDEFF, le Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a réaffirmé la volonté des autorités de transition de ne couvrir aucun dossier. Une posture qui traduit sa détermination, celle du CNSP et du Gouvernement à restaurer l’État dans ses droits et à réaffirmer la primauté de la justice.
Lutter contre la corruption n’est pas seulement une exigence morale : c’est une condition indispensable pour renforcer la gouvernance et restaurer la confiance entre l’État et ses citoyens.
La transparence comme gage de stabilité
Dans un contexte où les rumeurs évoquent la disparition de certains dossiers dits emblématiques, alimentant ainsi la méfiance au sein de l’opinion, la CoLDEFF à qui l’on reproche à tort ou à raison de se taire sur l’identité des délinquants économiques, rappelle que « son action est encadrée par la loi et respecte la dignité des personnes mises en cause ». La transparence, combinée à la rigueur procédurale, est essentielle non seulement pour garantir l’efficacité de la lutte, mais aussi pour éviter que celle-ci ne devienne un instrument d’injustice ou de règlement de comptes.
Vers un développement harmonieux
La lutte contre la corruption ne se limite pas aussi à sanctionner les fautifs par des lourdes condamnations. Elle vise plutôt et avant tout à libérer des ressources pour être investies dans le développement du pays. Les milliards déjà recouvrés pourraient servir à financer l’effort de guerre contre le terrorisme, à construire des infrastructures, à soutenir l’agriculture, à renforcer le système éducatif et sanitaire, ou encore à créer des opportunités d’emploi pour la jeunesse. Autrement dit, chaque pas dans la lutte anticorruption est un pas vers un développement plus équitable et harmonieux.
En somme, la corruption est devenue de nos jours, l’un des principaux obstacles au développement socioéconomique du Niger. La fermeté affichée par la CoLDEFF et les autorités de transition doit être perçue non comme une fin en soi, mais comme un moyen de réorienter les ressources publiques vers ce qui compte le plus pour les populations, à savoir : l’amélioration des conditions de vie des Nigériens et la construction d’un avenir plus juste et prospère.
Oumou Gado