Les déchets médicaux issus des activités de soins représentent un réel danger pour l’environnement. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 80% des déchets liés aux soins médicaux sont comparables aux ordures ménagères, tandis que les 15% restants sont considérés comme dangereux et peuvent être infectieux, chimiques voire radioactifs.
Comprendre par déchets médicaux, toutes formes de déchets générés par les établissements de santé. Cela inclut les seringues, bandages, draps et bien d’autres matériels utilisés pour faire des soins.
En majorité issus d’hôpitaux, des laboratoires, des morgues ou encore d’établissement de soins spécifiques, les déchets médicaux se présentent souvent sous forme de produits chimiques, produits pharmaceutiques, d’objets pointus et tranchants, de déchets infectieux anatomiques, radioactifs et d’autres.
En dehors du risque qu’ils représentent pour la santé, les déchets médicaux ont également d’impacts sur l’environnement. Sur toute la chaîne de la production en passant par leur stockage, jusqu’à leur traitement, voire leur élimination, les déchets médicaux ne sont pas sans conséquence sur l’environnement, assure l’OMS qui précise que « ces déchets, lorsqu’ils sont incinérés à ciel ouvert, leur combustion peut entraîner l’émission de dioxines de furanes et de particules ».
En 2015, il est ressorti d’une évaluation conjointe de l’OMS et de l’UNICEF qu’à peine, la moitié (58%) des établissements sur lesquels a porté l’enquête dans 24 pays, disposaient de systèmes adaptés pour éliminer les déchets liés aux soins de santé en toute sécurité. Cette enquête a donc mis en évidence la problématique de la gestion des déchets médicaux dans nos pays.
En effet, le traitement et l’élimination de ces déchets sont susceptibles de rejet d’agents pathogènes et de polluants toxiques dans l’environnement.
Impact sur l’environnement
D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le traitement et l’élimination des déchets médicaux présentent un réel danger, à la fois pour la santé publique et pour l’environnement en raison du rejet d’agents pathogènes et de polluants toxiques.
Ainsi, « lorsque l’enfouissement des déchets n’est pas bien réalisé, cela peut contaminer l’eau de boisson », alerte l’OMS. De même que les déchetteries mal conçues, mal gérées ou mal entretenues représentent un risque pour ceux qui y travaillent.
Il convient de rappeler que l’incinération des déchets est largement pratiquée. Toutefois, une incinération imparfaite ou l’incinération de matériaux inadaptés à ce mode d’élimination, peut entraîner le rejet de polluants et de résidus de cendres dans l’atmosphère. De même, l’incinération de matériaux contenant du chlore peut produire des dioxines et des furanes, cancérogènes pour l’homme et qui ont été associés à divers effets néfastes sur la santé. L’incinération des métaux lourds ou de matériaux contenant une grande quantité de métal (en particulier du plomb, du mercure ou du cadmium) peut entraîner le rejet de métaux toxiques dans l’environnement, comme l’explique l’organisme onusien de la santé.
Ce dernier précise que seuls les incinérateurs modernes atteignant une température comprise entre 850 °C et 1100 °C et équipés d’un dispositif d’épuration des gaz d’échappement sont conformes aux normes internationales relatives aux émissions de dioxines et de furanes.
Ainsi, il existe aujourd’hui bien d’autres solutions de gestion des déchets médicaux, telles que « l’autoclavage, le traitement par micro-ondes ou le traitement par la vapeur associée au broyage interne, et le traitement chimique », informe l’OMS.
Koami Agbetiafa