Alors que la cote d’alerte du fleuve Niger à Niamey reste encore rouge, les quartiers Gawèye et Kirkissoye, dans le 5ième arrondissement communal, sont depuis quelques jours sous les eaux.

Matelas, lits, marmites et autres ustensiles de cuisine, sacs de voyage bien remplis, murs et maisons effondrés, les portes des habitations inaccessibles à cause des eaux, habitants assis à même le sol regards tournés vers les habitations ou vers le goudron. Tel est le spectacle qui s’offre aux visiteurs du quartier Kirkissoye, notamment sur la route de Say dans le 5ième arrondissement communal de Niamey ce jeudi 27 août 2020.

Après donc les environs du premier pont (aux environs de l’Université de Niamey et Centre régional AGRHYMET) et du second pont, c’est au tour des quartiers Gawèye et Kirkissoye du 5ième  arrondissement communal de subir les affres des inondations, qui sévissent dans cette partie de la capitale depuis quelques temps. Une véritable épreuve pour les populations obligées de quitter chez eux pour des lieux beaucoup plus sûrs. « Nous avons pu sauver ce qu’on peut en attendant de trouver un endroit où loger », déclare une des victimes en montrant, dans un geste qui traduit toute sa désolation, le « contenu » de son habitation qu’elle a pu sauver des eaux.

À l’opposé de cette dame assise en face de son domicile, ce responsable d’un établissement privé de la place qui a trouvé refuge dans son école n’a rien sauvé. « Je n’ai pas pu sauver grand-chose de chez moi puisque l’eau nous arrive jusqu’à la hanche et le sol était argileux », se désole-t-il soulignant attendre le passage des services de la protection civile pour le faire.

Plusieurs quartiers de la Rive droite sont depuis quelques jours inondés à l’image de certaines régions du pays où les inondations ont déjà fait de nombreuses victimes.

D’importants dégâts causés par les inondations

Selon une communication en Conseil des ministres du mercredi 26 août 2020 du ministre de l’Action humanitaire et de la Gestion des Catastrophes sur les dégâts occasionnés suite aux précipitations tombées dans notre pays, à la date du 24 août 2020, il a été enregistré 25 834 ménages et 226 563 personnes sinistrés. Le même bilan indique que 45 pertes en vies humaines sont enregistrées et 20 201 maisons et 1 167 cases effondrées.

Le bilan animalier fait état de 110 gros ruminants et 4 185 petits ruminants perdus. La communication du ministre de l’Action humanitaire souligné que 64 classes, 24 mosquées sont effondrées, tandis que 448 greniers sont endommagés ; 2665 champs et 5306 hectares de culture sont inondés. La même communication souligne que « des travaux de réhabilitation des digues sont en cours avec l’appui du génie militaire renforcé par le Génie Rural et l’ONAHA ».

Côte du fleuve toujours en alerte rouge

Selon le Centre régional AGRHYMET, suite « aux faibles précipitations » reçues dans la nuit du 26 au 27 août 2020 dans les sous-bassins en amont, « il a été noté une remontée rapide du fleuve Niger ».

Dans la soirée du 26 août la côte du fleuve Niger était de 660 cm pour passer à 669 cm à 7 heures dans la matinée du 27 août et à 672 cm à 10 heures. « Ces chiffres témoignent d’une augmentation significative du coefficient de ruissellement de ces bassins, consécutive à la forte saturation du sol », explique la même source qui appelle à la vigilance.

Sani Aboubacar

 

 

 

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