SE Excellence Alassane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire, Président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement,

Messieurs les chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Président de la Commission de l’UEMOA,

Monsieur le Gouverneur de la BCEAO,

Monsieur le Président de la BOAD,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer et de féliciter mon frère et ami Alsssane Ouattara pour son leadership notamment pour l’initiative qu’il a prise de convoquer la présente visioconférence, une première dans l’histoire de notre union. Permettez-moi de féliciter le Président Faure Gnassinbé pour sa réélection et Umaro Cissoco Embalo pour son élection. La crise sanitaire provoquée par le COVID 19 est le point principal inscrit à l’ordre du jour de cette visioconférence. Depuis le début de cette crise, les Etats membres de notre union ont pris des mesures énergiques pour faire face à ses conséquences humaines, sociales et économiques.

Au Niger, nous avons enregistré le premier cas de contamination le 19 Mars 2020. Au 26 Avril 2020, 696 cas sont enregistrés dont 29 décès.

Pour faire face aux conséquences de cette pandémie nous avons pris certaines mesures dès le 17 Mars, c’est-à-dire avant l’enregistrement du premier cas. Par la suite ces mesures ont été renforcées et un plan de riposte global a été mis en place. Ce plan d’un montant de 1438 milliards FCFA se décline comme suit :

– Gestion sanitaire de la pandémie : 167 milliards FCFA

– Appui à la résilience du système éducatif : 19 milliards FCFA

– Soutien aux personnes vulnérables 487 milliards FCFA

– Atténuation de l’impact économique : 765 milliards FCFA dont 331 milliards de soutien aux producteurs du secteur agropastoral.

La riposte sanitaire a été conçue autour de six axes majeures :

– le renforcement de la coordination ;

– le renforcement de la surveillance épidémiologique ;

– le renforcement des capacités des services de santé ;

– la prévention et le contrôle de l’infection ;

– le renforcement de la communication de risques et engagement communautaire ;

– l’interruption de la chaine de transmission.

Par ailleurs 39 mesures fermes et appropriées ont été prises dont entre autres :

– l’instauration d’un couvre-feu au niveau de la capitale ;

– la Proclamation de l’Etat d’urgence sanitaire sur toute l’étendue du territoire national depuis le 27 Mars 2020 ;

– l’isolement sanitaire de la ville de Niamey qui est l’épicentre de la pandémie ;

– le Recrutement de 1500 agents de santé ;

– la fermeture des aéroports internationaux et des frontières terrestres ;

– la fermeture de tous les établissements d’enseignement ;

– l’interdiction de l’accès aux lieux de culte ;

– l’institution des mesures d’hygiène obligatoires dans les marchés, magasins, restaurants, services publics et privés ;

– l’approvisionnement en masques(10 millions) et en appareils respiratoires ;

– la mise en place du protocole relatif à la chloroquine.

S’agissant de l’impact économique, dans l’hypothèse d’une sortie de crise en fin juin, notre économie va enregistrer en 2020 :

– un taux de croissance de 1% au lieu de 6,9% prévu ;

– une forte chute des recettes internes ;

– un déficit budgétaire de 5% contre 2,7% prévu ;

– un taux d’inflation de 4,4% contre 2,6 % prévu ;

– une dégradation du déficit de la balance de paiement ;

– des pertes d’emplois et donc une aggravation du chômage.

Mesdames, Messieurs

Le monde va devoir faire face à une crise économique sans précédent depuis celle de 1929. Les pays de notre union, comme je viens de le montrer dans le cas du Niger, ne seront pas épargnés. En agissant unis et solidaires nous renforcerons notre résilience face à cette crise.

Voilà pourquoi je salue la mise en place d’une stratégie communautaire pour ce faire.

Par conséquent, le Niger félicite le Président de la commission pour son rapport et soutient les recommandations faites sur les plans sanitaire, économique et sécuritaire. En particulier nous soutenons les décisions suivantes :

– au plan sanitaire : instauration dans le cadre communautaire d’une plus grande coordination dans la prise des mesures sanitaires relatives à la gestion des frontières intérieures et extérieures de l’union et élaboration et mise en œuvre d’un plan régional de renforcement des capacités de systèmes de santé pour la gestion des épidémies ;

– au plan économique : la suspension temporaire du pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité ; la mise en place, à moyen terme, d’un mécanisme de financement des économies en cas de catastrophes ou de chocs très graves affectant les populations, l’économie et le tissu social ; le recours à court terme aux avances statutaires de la BCEAO ou toute autre solution pour appuyer les Etats membres ; la production d’un document de plaidoyer en vue de l’annulation de la dette.

Mesdames, Messieurs,

La crise sanitaire du COVID19 vient s’ajouter à la crise sécuritaire à laquelle font face certains Etats membres de notre union.

Cette situation sécuritaire reste caractérisée par les menaces des groupes terroristes dans le fuseau central du G5 sahel et dans le bassin du Lac Tchad. Suite au sommet de Pau du 13 janvier 2020 entre la France et les Etats du G5 sahel, une feuille de route a été élaborée avec pour objectifs la lutte contre le terrorisme, le renforcement des capacités de sécurité et de défense des Etats, le rétablissement ou le renforcement de la présence de l’Etat et des services de base, l’intensification des efforts de développement.

La mise en œuvre de cette feuille de route fait l’objet d’un suivi régulier au plus haut niveau et de bons résultats sont enregistrés notamment sur le premier volet relatif à la lutte contre le terrorisme.

En effet grâce à la conjugaison des efforts entre la force Barkhane, la force conjointe du G5 sahel et les Forces armées nationales, des opérations de ratissage sont engagées et elles ont enregistré beaucoup de succès.

Plusieurs centaines de terroristes sont neutralisés et leurs équipements détruits.

Ces opérations de ratissage sont un prélude au démarrage de l’opération Takuba, de plus grande envergure, avec l’appui des unités spéciales de plusieurs pays Européens.

Malheureusement la crise sanitaire du COVID 19 aura comme autre conséquence un retard dans la mobilisation des forces de l’opération Takuba.

Le sommet Union Européenne Etats du G5 Sahel prévu en Mars 2020 n’a pu avoir lieu a cette date, pour cause du COVID 19. Il aura lieu par visioconférence le 28 Avril 2020 soit avec un mois de retard.

Cependant on peut noter que la capacité de nuisance des terroristes est d’ores et déjà sérieusement entamée dans le triangle des trois frontières Mali Burkina Niger. Dans le bassin du Lac Tchad, la Force Mixte Multinationale enregistre d’importants succès dans sa lutte contre Boko Haram.

Je souhaite que notre union continue à manifester sa solidarité vis-à-vis des pays membres en lutte contre le terrorisme.

Mesdames Messieurs,

Je reste convaincu qu’au niveau mondial il y aura un avant et un après COVID-19.

Voilà pourquoi il est de bon ton d’inviter notre commission à engager la réflexion pour apporter la contribution de notre communauté à la mise en place d’un nouveau paradigme en vue d’une meilleure gouvernance politique et économique mondiale, une gouvernance qui mettrait l’accent sur les valeurs suivantes : la dignité, l’égalité, la justice et la solidarité.

C’est dans ces conditions que nous pourrons partager les risques comme les bénéfices de la mondialisation.

Je vous remercie

Niger Inter

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