Le 03 Juillet 2020, soit 72 heures après avoir remis solennellement au Président de la République le rapport annuel 2019 des activités de l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et de la Poste (ARCEP), Mme BETY Aïchatou Habibou Oumani a animé un point de presse. A cette occasion, en présence d’un parterre d’invités et de nombreux médias publics et privés, la Présidente de l’instance de régulation a fait une brève présentation du contenu de l’important rapport.

Elle a, tout d’abord, adressé ses sincères remerciements aux personnalités qui ont répondu présentes à la rencontre, avant d’expliquer que le «présent rapport vise à satisfaire aux obligations de l’article 12 de la loi n° 2018-47 du 12 juillet 2018 portant création, organisation et fonctionnement de l’ARCEP qui prévoit que le Conseil National de Régulation des Communications Electroniques et de la Poste (CNRCEP) produise un rapport annuel d’activités ».

Au Niger, a-t-elle indiqué, dans le secteur des communications électroniques, à la date du 31 décembre 2019, il y a quatre opérateurs qui ont une licence d’établissement et d’exploitation des réseaux et services de télécommunications ouverts au public et un autre qui est détenteur de licence d’infrastructures de télécommunications.

Au cours de l’année 2019, des comités pluridisciplinaires ont été mis en place par l’ARCEP afin de faire une relecture des textes législatifs et réglementaires dans les secteurs dont elle a la charge de réguler.

Mme BETY Aïchatou Habibou Oumani a ajouté que l’instance qu’elle dirige « a également effectué des missions de contrôles des opérateurs titulaires de licence et/ou d’autorisation fournissant au public des services de communication électroniques et de la poste ».

Dans le cadre de l’étude des tendances du marché, l’Autorité de régulation « a analysé les données statistiques produites en collaboration avec les différents opérateurs », a-t-elle indiqué.

Il résulte de l’étude de ces données statistiques, au 31 décembre 2019, il y avait 166 467 abonnés au téléphone fixe alors qu’ils étaient 164 808 en 2018 et 11 118 301 au téléphone mobile contre 10 202 727 l’année précédente. Ce qui donne une progression en nombre d’abonnés de 1% pour la téléphonie fixe et 11,7% pour la téléphonie mobile en 2019.

Il faut souligner, d’après le décompte de l’ARCEP, « au 31 décembre 2019, le taux de couverture des services de communications électroniques a atteint 92% »

Quant au taux de pénétration global de la téléphonie, celui-ci atteint les « 52,9% en 2019, soit une augmentation de 5%, par rapport à 2018, pour une population estimée à 22 302 377 habitants, alors que le taux global de pénétration des services Internet (fixe et mobile) s’établit à 24,53% », a souligné Mme BETY.

Par contre, d’après la Présidente de l’ARCEP, le chiffre d’affaire de l’ensemble des opérateurs a connu un recul 7,5% en 2019. En effet, celui-ci a stagné à 219 505 858 387 FCFA alors qu’il atteignait 237 380 795 894 FCFA en 2018.

47 413 026 832 FCFA ont été investis par les opérateurs détenteurs de licence en 2019. Ce qui fait une régression dans le domaine des investissements qui s’élève à 9% par rapport à 2018.

D’après Mme BETY, cette baisse fait suite « à la régression d’investissements de ATN (Airtel Niger) d’environ 9 milliards par rapport à 2018 et ceux d’Orange, pour environ 15 milliards par rapport à 2018 ».

Dans le secteur de la poste, il importe de préciser qu’il existe au Niger, en plus de Niger-Poste, 30 autres opérateurs privés parmi lesquels 16 détiennent des autorisations d’exercer.

« Ce secteur est particulièrement marqué par la persistance d’une concurrence déloyale, avec la présence de 15 opérateurs « informels » étouffant le développement efficace du marché » a souligné la présidente de l’ARCEP.

Il faut toutefois saluer, au-delà de ses efforts « de protection des utilisateurs, non seulement à travers les contrôles périodiques des prestations des opérateurs, mais aussi à travers la mise à disposition régulière des décisions et avis du CNRCEP sur le site web (www.arcep.ne) de l’ARCEP, l’adoption en cours, du document de politique sectorielle, dont l’une des conséquences pourrait conduire à une révision des dispositifs législatif et réglementaire encadrant ledit secteur », a-t-elle indiqué.

Au cours de l’exercice 2019, plusieurs insuffisances ont été observées malgré le contrôle régulier des opérateurs par l’ARCEP. Face à ces insuffisances, le Conseil National de Régulation des Communications et de la Poste (CNRCEP) a formulé de nombreuses recommandations.

Pour le CNRCEP, il importe d’« accélérer le processus d’adoption des textes du secteur postal, de respecter les engagements internationaux auxquels l’Etat a souscrit, notamment le Free Roaming régional (CEDEAO, G5 Sahel…), de permettre à l’Autorité de Régulation de faire recours au Fonds d’Investissement au Développement (FID) pour financer les investissements essentiels au profit d’une régulation efficace, d’accélérer la mise en œuvre de l’accès universel et l’adoption du décret  relatif aux effets des rayonnements électromagnétique sur les populations ».

Afin de mener à bien sa mission et être un dispositif efficace au service de l’Etat et des citoyens, l’ARCEP entend mettre en œuvre le plan stratégique 2020-2024, acquérir des outils performants de contrôle et poursuivre la mise en œuvre et le suivi des initiatives Free Roaming auxquelles le Niger a souscrites et l’étude sur la portabilité des numéros, a conclu Mme BETY Aïchatou Habibou Oumani.

Bassirou Baki Edir

Niger Inter

GRATUIT
VOIR