Activiste des droits humains, Dr Badié Hima n’est plus à présenter. Il est actuellement Représentant résident du NDI au Mali. Ancien Vice-président de l’ANDDH, avec le défunt Maman Abou ils ont gardé les vaches ensembles. Il se souvient de ces moments historiques. « Ce riche passé est encore vivace dans ma tête, je me rappelle les grands moments de cette histoire commune, faite d’engagement, de bénévolat, d’amour pour notre pays », écrit-il.

La triste nouvelle m’est parvenue, hier,  en fin de soirée. La disparition de Maman  Abou me plonge dans une immense tristesse. Nous le savions tous souffrant depuis quelques années, mais rien ne laissait présager un départ si soudain. Aussi, en cette douloureuse circonstance, ma première pensée est pour la famille de Maman, vous qui l’avez soutenu avec tant d’amour et d’attention, ces longues années. A vous le Général Abou Tarka, qui m’a donné les nouvelles de Maman, il y a quelques mois lors de votre passage à Bamako, je vous prie de transmettre mes vives condoléances à toute la famille.

Mamane, tu laisses un vide autour de tes anciens camarades, membres fondateurs de l’Association Nigérienne pour la Défense des droits de l’Homme  (ANDDH), dont, Adji Kirgam, Moussa Tchangari, Khadlid Ikhiri, Doyen-père Bagnou Bonkoukou, Maitre Souley Oumarou, Maitre Issaka Souna, Mohamed Moussa, bien d’autres camarades, et moi-même.

Ce riche passé est encore vivace dans ma tête, je me rappelle les grands moments de cette histoire commune, faite d’engagement, de bénévolat, d’amour pour notre pays. Nous brulions d’envie de contribuer à la construction démocratique de notre cher pays, de jouer notre partition à travers l’ANDDH qui s’était lancée au même moment que les partis politiques, à la construction de l’Etat de droit à travers d’abord notre participation à la Conférence Nationale Souveraine, ensuite dans le long et laborieux chemin de la construction de l’édifice démocratique à travers la promotion et la défense des droits de l’homme.

Au début, nous n’avions comme moyens que la force de notre volonté et de notre engagement. Sans siège, avec nos cartables d’enseignants, d’avocats et de médecins, nous empruntions, soit la salle de l’IRSH, ou le Bureau du cabinet de Maitre Souley Oumarou,  ou encore le Bureau du Cabinet de Maitre Issaka Souna, pour les réunions d’enrichissement des textes fondateurs.

A l’issue de l’Assemblée Générale constitutive dans l’amphithéâtre de l’Ecole Normale supérieure, toi et moi sommes entrés dans le Bureau Exécutif provisoire. Ce fut le début d’une longue amitié. Je garde un bon souvenir de nos échanges chez moi, au quartier Nogaré, à la rive droite., ou chez toi, au quartier Plateau ou dans ton Bureau à la BIA. Plus tard tu fondes le Journal Le Républicain.  Le  Journal Le Républicain publie les deux premiers articles de l’enseignant que j’étais. Dans ton Bureau, à l’Imprimerie (la NIN)  nous discutions de tes éditos, et je donnais mes avis  de philosophe, à  la fois mes désaccords et mon admiration pour ta plume engagée que tu étais.

Plus tard, nos engagements professionnels nous ont éloigné l’un de l’autre. Toi pour t’occuper de la nouvelle Imprimerie que tu as fondée et le journal Le Républicain, moi pour les « déserts glacés de la philosophie ». Nous nous sommes revus en 1998 à Paris, durant mon année à Potiers pour passer mon Inspectorat Pédagogique disciplinaire  en philosophie.

Je reste marqué par ton amitié, ton engagement, ton ouverture d’esprit. Toujours le sourire quelle que soit la gravité  des débats contradictoires, en réunion du Bureau Exécutif National de l’ANDDH, dans le contexte difficile de l’ensemencement des droits de l’homme dans notre culture nigérienne. Tu étais le trait d’union, le conciliateur des positions qui précédaient nos déclarations, nos communiqués de presse, notre analyse  sur la situation des droits de l’homme au Niger..

Maman, tu  savais diffuser autour de  toi une atmosphère sereine et amicale, grâce à ton caractère rieur, avenant, et bienveillant. Tu étais  toujours disposé à écouter, discuter et t’amuser. Je garderai en mémoire tant de précieux moments et des leçons de vie.

Repose en paix, Maman.

Par Badié Hima, ton cousin et jeune frère

Niger Inter

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